ASSEMBLÉES
prend des décisions de concert avec les chefs (1). Ciiez les Senones, c'est par une assemblée publique, publico concilio, que le roi Gavarinos, imposé par César, est condamné à mort (2). Ambiorix, roi des Eburones, déclare que la puissance de la multitude est égale à la sienne (3). Du vivant de Correus, le sénat des Belloçaci n'avait pas tant de pouvoir dans l'Etat que la plèbe ignorante (4). Les Belges avaient leur assemblée particulière (o) où l'on déterminait le contingent militaire que chaque peuple devait fournir.
Au commencement de chaque guerre, l'usage des Gaulois était de convoquer une assemblée en armes (6). Là, en vertu d'une loi, tous les jeunes gens adultes se rendent armés : celui qui arrive le dernier est torturé et niis à mort à la vue de la foule. Ce fut une assemblée de ce genre qui déclara Cingétorix ennemi public. Mais même pour traiter des affaires publiques, les Celtes du ni^ siècle avant notre ère se réunissent en armes (7).
Dans les assemblées politiques, il y avait, nous dit Strabon (8), un usage particulier. Si l'un des assistants interrompt bruyamment l'orateur ou cause quelque désordre, l'appariteur {'j-nr^piz-r,^) s'avance l'épée nue à la main, et lui
(1) Guerre de Gaule, viii, 7 ;21.
(2) Ihid., V, 54, 2.
(,';) Ihid., V, 27.
('.) Ihid., viii, 21.
(5) Ihid., II, fi.
(6) Ihid., V, 56. On peut remarquer que l'assemblée se lient en armes parce que, en fait, il n'y a que les hommes qui ont des armes, à y prendre part.
(7) Nicolas de Damas chez Stobée, xliv, 41. Cf. Tite Live, XXI, 20. D'après Thucydide, i, 6, les barbares ont pour caractéristique de porter sur eux des armes dans toutes les circonstances de la vie.
(8) Géographie, iv, 4, 3.
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impose silence d'un air menaçant ; s'il continue, l'appariteur répète deux ou trois fois son ordre et finit par couper au perturbateur un pan de sa saie, assez large pour que le reste ne puisse plus servir. Pour applaudir, les assistants faisaient entendre le cliquetis des armes (1).
Toutes les assemblées, soit du peuple de chaque cité, soit de plusieurs ou de toutes les cités ne se réunissent, semble-t-il, que dans des circonstances graves, pour décider une action commune. Rien ne nous atteste l'existence d'assemblées régulières à époques fixes et à attributions déterminées (2).
La plèbe de Gaule, nous dit César (3), était dans un état voisin de l'esclavage. Elle n'osait rien par elle-même et n'était jamais consultée (4). Sa dépendance à l'égard des équités et des sénateurs était complète. Mais il semble y avoir eu plusieurs degrés de dépendance. Lorsque Orgétorix fut appelé au tribunal pour se justifier de l'accusation de haute trahison qu'on avait portée contre lui, il se présenta avec toute sa familia qui comptait environ dix mille personnes, et il amena aussi ses clients et ses débiteurs qui étaient en grand nombre (5). Nous avons là l'indication d'au moins trois classes sociales : les esclaves, qui formaient la plus grande partie de la familia entendue au sens large du mot, les clients et les débiteurs. La clientèle des chefs gaulois était souvent fort nombreuse. Lucterius avait eu dans sa clientèle la ville d'Uxellodunum (6).
(1) Guerre de Gaule, vu, 21.
(2) FusTEL DE CouLANGEs, La Gaulc romaine, 2^ éd., p. 1-8.
(3) Guerre de Gaule, vi, 13.
(4) Voir cependant ci-dessus, p. 236.
(5) Guerre de Gaule, i, 4. Cf. vi, 13 ; vu, 32.
(6) Ihid., VIII, 32,