CLIENTS
Faut-il regarder comme identiques aux clients les arnbacti dont s'entouraient les nobles et les riches ? Bien que Festus (1), dans une citation d'Ennius, traduise ambactus par serviis et que César lui-même semble employer ambacti comme synonyme de ser^-i (2), il est probable que les am^ bacti étaient dans une situation supérieure à celle des scrçi chez les Romains. Le lexique latin-grec dit de Pliiloxène traduit ambactus par SojXoç jjl'.jQwtoi; « esclaveà gages» (3). Polybe semble traduire ambacti par cruuT:£p'.'4;£'vfj[jLEvot.
Les clientes étaient sans doute les compagnons de guerre du chef, ces serviteurs de condition libre choisis parmi les pauvres, qui lui servaient de cochers et de porte-boucliers dans les combats (4j. Les liens qui unissent le chef à ses compagnons sont qualifiés par Polybe de àtaipet'a, camaraderie (5). Les cavaliers d'Ambiorix sont ses compagnons et ses familiers (6). C'est à ses clients, d'abord, que Vercingétorix communique ses projets d'affranchissement de la Gaule (7-8).
Selon les mœurs gauloises, c'était pour les clients un crime d'abandonner leurs patrons même dans le dernier péril (9). Salluste fait allusion à la môme coutume et
(1) Paul Diacre, p. 4.
(:') Guerre de Gaule, vi, 19 ; Cf. vi, 15.
(3) Corpus glossariorum lalinorum, t. ii, p. 16.
(4) DioDORE, V, 29.
(5) Polybe, ii, 17.
(6) Guerre de Gaule, vi, 30.
(7) Ibid., VII, 4.
(8) En Aquitaine, AdialunnuS; chef des S oli tates a.y Rit autour de lui six cents hommes dévoués qu'on appelait soldurii. Ces hommes partagent la bonne comme la mauvaise fortune de ceux auxquels ils se sont donnés, et, si le chef meurt, ils ne lui survivent pas. Ibid., m, 22. Cf. Nicolas de Damas chez Athénée, VI, 45, qui les appelle dtXooojvoj; ou TiXooojpou;.
(9) César, Guerre de Gaule, vu, 40, 7.
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l'attribue aux Geltibères (1). Les causes qui amènent les gens de la plèbe à se mettre sous le pouvoir des grands sont les dettes, la grandeur des impôts ou les injustices des puissants.
En Irlande comme en Gaule, il y a deux catégories de vassaux : les vassaux libres, soer-chéli, et les vassaux nonlibres, doer-chéli, et le nom qui désigne le vassal, cèle, signifie en même temps camarade. Ces vassaux sont unis au seigneur par le contrat de cheptel. Les classes sociales sont au nombre de cinq ; rois, nobles, hommes libres propriétaires, hommes libres sans propriété, hommes non-libres (2).
César emploie le moi serviis pour désigner l'esclave gaulois. Aux funérailles, on brûlait jadis les esclaves et les clients que le défunt avait aimés pendant sa vie, servi et clientes (3) ; dans ce passage de César, clientes est uni à servi comme dans un passage précédent il est uni à amhacti : anibacios clientesque (4). Pendant le siège que Q. Gicéron soutint dans sou camp, un noble Nervien, Vertisco, décida un de ses esclaves par l'espoir de la liberté et de grands présents à porter une lettre à César (o), Hirtius rapporte que dans l'insurrection de o2 avant J.-C, Drappès, chef des Senons, avait appelé les esclaves à prendre les armes en leur promettant la liberté (6). PUne (7) nous ap-
(1) Servius, ad Georgica, iv, 218. Cf. Valère Maxime, ii, 6, 11 ; Plutarque, Sertoriiis, 14, 4 ; Dion Cassius, lui, 20 ; Stra- BON, III, 4, 18 ; Orose, v, 14.
(2) H. d'Arbois de Jub.\inville, Recherches sur l'origine de la propriété foncière, p. 62-67 ; Joyce, A social history of ancient Ireland, t. i, p. 155-156.
(3) Guerre de Gaule, vi, 19.
(4) Ibid., VI, 15.
(5) Ibid., V, 45 ; 49.
(6) Guerre de Gaule, vin, 30.
(7) Histoire naturelle, xvi, 31, 77.