‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 69 sur 158 · ESCLAVES · texte numérisé non relu

ESCLAVES

prend que l'airelle {"accinium myrtilns) sert en Gaule à teindre les vêtements des esclaves. Les deux serviteurs qui accompagnaient, lors de l'expédition en Grèce, chaque cavalier gaulois sont appelés par Pausanias (1) tantôt o'/irai, tantôt ooùXoi. Mais les Celtes ne pouvaient guère recruter d'esclaves à l'époque oi!i ils avaient coutume de massacrer les prisonniers de guerre.

Il est probable que le jeune garçon que les Gaulois échangeaient contre une mesure de vin était un esclave (2), ainsi que les enfants de l'un et l'autre sexe qui servaient à table dans les festins (3). Les Helvetii en guerre contre les Sequani emmènent les enfants des 6'egwa/zi en esclavage (4). Il n'est pas douteux que les Celtes n'eussent ramené de leurs expéditions de nombreuses esclaves (5). Parthénios (6), a raconte l'histoire d'une Milésienne, Hêrippè, emmenée comme esclave en Gaule et que son mari Xanthos alla racheter. Le Celte qu'Aristodènie nomme Cavaras, fut hospitalier et généreux et ne voulut accepter qu'une rançon modique. La femme fit avouer à son mari qu'il avait apporté beaucoup plus d'argent qu'il n'en avait offert à Cavaras et conseilla à ce dernier de tuer Xanthos que, disait-elle, elle détestait, pour s'emparer de sa fortune. Lorsque Xanthos, après avoir payé la rançon, partit avec Hèrippê, Cavaras l'accompagna ; mais, le moment de la séparation venu, sous prétexte d'offrir un sacrifice, il fit tenir la victime par

(1) Description de la Grèce, x, 19, 9 ; 10.

(2) DioDORE, V, 26.

(3) DioDORE, V, 28.

(4) Guerre de Gaule, i, 11.

(5) Cf. Pausanias, x, 22, 4.

(6) Parthénios, Erotiques, 8. Fragmenta historicorum grœcorum, t. III, p. 307.

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Hêrippê et, au lieu de décapiter la victime, ce fut à la femme qu'il coupa la tête. Puis il raconta au mari la perfidie d'Hèrippè et lui restitua la rançon.

Si l'on veut résumer en quelques lignes ce que nous savons de la société gauloise, on peut s'en tenir à l'idée générale qu'en donne Fustel de Goulanges : beaucoup de paysans et très peu de classe urbaine, beaucoup d'hommes attachés au sol et très peu de propriétaires ; beaucoup de serviteurs et peu de maîtres ; une plèbe qui ne compte pas, des druides très vénérés, une aristocratie guerrière très puissante (1).

11 est difficile d'évaluer la population de la Gaule. Le anciens affirment que le pays d'où partirent les Celtes était très peuplé. César (2), Tite-Live (3), Justin (4) résumant Trogue Pompée, Appien (3), Plutarque (6), sans doute d'après une source commune, prétendent même que l'excès de population est la cause des migrations gauloises. Il n'est guère de déplacement de peuplade gauloise qui, d'après les écrivains, ne soit dû à ce motif (7). C'est une des raisons auxquelles César attribue .l'émigration des Helvetii (8). La Cisalpine nourrissait une immense population (9).

(1) La Gaule romaine, p. 34.

(2) Guerre de Gaule, vi, 24.

(4) Histoires philippiques, xxiv, 4 ; cf. xxv, 2.

(5) Celtica, 2, 2.

(6) Camille, 15.

(7) Strabon, IV, 1, 13 ; Memnon, 14 ; Scriplores rerum mirabilium grœci, p. 218.

(8) Guerre de Gaule, i, 2.

G. DoTTiN, — Manuel de l'antiquité celtique. 16

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