CITÉS
En tout cas, la population de la Gaule transalpine était très diversement répartie entre les différentes civitatcs. Diodore (1) remarque l'inégalité des cités gauloises ; d'après lui, les plus fortes sont d'environ ^îJOO.OOO hommes et les plus faibles de 50.000. Les Helvei.ii étaient au nombre de 263.000, les TuUngi 36.000, les Boii 32.000, les Raiiraci 23.000, les Lalobrigi 14.000 (2). Le nombre des hommes en état de porter les armes était dans l'armée helvète environ le quart du chiffre total (3). En raisonnant d'après cela, les Bellovaci (4) qui pouvaient mettre en ligne une armée de 100.000 hommes auraient été en tout au nombre de 400.000. Mais comme l'a remarqué M. F. P. Garofalo (5). les chiffres donnés par César sont plus ou moins suspects. Le dénombrement des Helvètes ne peut conduire à aucune conclusion raisonnable sur lu densité de la population du reste de la Gaule. Les chiffres donnés à propos des contingents des peuples belges (6) sont probablement exagérés. Il est difficile de déterminer dans l'évaluation des forces de l'armée fédérale (7) en 52 d'abord le rapport du contingent à l'armée entière de chaque cité, puis le rapport de l'armée à la population totale, ce rapport n'étant certainement pas fixe pour toute la Gaule (8^.
Les Etats, civitates, dont nous parle César sont au
(1) Bibliothèque, v, 25.
(2) Guerre de Gaule i, 29.
(3) Ibid., I, 29.
(4) Ibid., II, 4.
(5) Revue celtique, t. xxii, p. 227-236.
(6) Guerre de Gaule, ii, 4. Cf. Strabon, iv, 4, 3.
(7) Ibid., VII, 75.
(8) Sur celle question, voir J. Beloch, Rheinisches Muséum fiir Philologie, t. liv (1899), p. 414 et suiv. Die Bevôlkcrung der griechischeii-rômischen Welt, Leipzig, 1886, p. 460 ; C. Jullian, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 3-8.
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nombre d'une cinqunntaine (1). Mais d'autres peuples gaulois qui n'ont point rang de CH'itatei apparaissent aussi dans les Commentaires, et l'historien Josèphe nous^apprend qu'en Gaule les peuples étaient au nombre de trois cent cinq (2) ; Plutarque dit trois cents (3) et Appien quatre c^nts (4). On peut supposer que César ne nous a pas cité toutes les civitales et admettre que le nombre de ces civitates approchait du nombre de celles qui existaient en Gaule au commencement de l'empire romain, soit soixante ou soixantecinq (5). Si l'on retranche de trois cents, d'abord cinquante ch'itales, puis les peuples de l'Aquitaine dont Pline nous donne la liste et qui sont au nombre de trente (6), on voit qu'il !y avait en Gaule plus de deux cents peuples qui n'avaient pas rang de cù'ilates.
Ces peuples, pour être protégés contre leurs ennemis, se mettent sous la dépendance des cités puissantes. Ainsi les Arverni ont sous leur commandement, siib imper io, les Eleiiteti, les Gabali, les Vellavi (7). Les Aedui ont pour clients, clientes, les Segusiavi, les Ambibareti, et les Aulerci Brannovices (8). Les Nervii ont sous leur commande-
(1) H. d'Arbois de Jubainville, Recherches sur l'origine de la propriété foncière, p. 39.
(2) Guerre des Juifs, ii, 16, 4.
(3) César, 15, où Plutarque dit au&ei que César soumit 800 villes.
(4) Histoire romaine, iv, 2r. Cf. toutefois Guerres civiles, n, 73, où les peuples Ibères et les Bretons sont compris dans le nombre de quatre cents.
(5) H. d'Arbois de Jubainville, RecfiercJies sur l'origine de la propriété foncière, p. 39. Longnon, Atlas historique, p. 4-7.
(6) Histoire naturelle, iv, 33, 108.
(7) Guerre de Gaule vu, 75,
(8) Ihid., VII, 75.