‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 71 sur 158 · CITÉS · texte numérisé non relu

CITÉS

ment les Ctulrones, Gradii, Levaci, Pleumoxii, Geidiimni (1).

Même des riVz7rt/e5 se mettent dans la dépendance d'autres civilates plus puissantes. Les Bituriges, les Senones, les Bellovaci, sont sous la protection, in fide, des Aediii (2) ; les Boii ont reçu des Aedui des champs sur .leur territoire ; il semble qu'ils leur paient tribut (3). Les Arçerni avaient sous leur commandement les Caciwrci (4). Les Siiesdones dépendaient depuis 57 des Rémi ; ils avaient les mêmes lois, le même chef militaire, le même magistrat (oj. Les Eburones?,ovi\.Q\iQn\.'&,clietites, des Treveri{'o). LesCarnutes sont après 57, clients des Rémi (7). César met les Morini sous la dépendance de Commius (8).

Certaines cités étaient étroitement unies : les Parisii anciennement s'étaient joints aux Senones {9) ; les cités armoricaines formaient une sorte de confédération ayant un contingent et des envoyés communs et qui comprenait les Curiosolites, Redones, Ambibarii, Culcti, Osismi, Lemoviccs {ïQ),Veneti, Unelli (11). Avant de quitter leur pays, les Helvetii confirment les traités de paix et d'alliance avec

(1) Guerre de Gaule, v, 39.

(2) Ibid., VII, 5 ; vi, 4 ; ii, 14.

(3) Ihid., I, 28 ; vu, 10.

(4) Ihid., vu, 75.

(5) Ibid., VIII, 6 ; ii, 3.

(6) Ibid., IV, 6.

(7) Ibid., VI, 4.

(8) Ibid., VII, 76.

(9) Ibid., VI, 3.

(lO)Svir ces Lemovices, voir M. Deloche, Mémoires de la société nationale des Antiquaires de France, t. xxiii, p. 46-108.

(l\)Ibid., V, 53 ; vu, 75 ; Cf. m, 8 ; viii, 31 ; J. Loth, De vocis Aremoricae usque ad sextum post Cliristum nalum sœculum forma atque significatione, 1883, p. 18-33.

l'état 245

leurs voisins (1). En temps de guerre, des liens d'alliance se nouaient entre les diverses cités ; elles se donnaient des otages (2) comme garanties du traité ; mais l'engagement le plus solennel et le plus sacré se contractait en jurant devant les enseignes militaires réunies (3).Ghez les Bretons, la conspiration des cités coalisées est sanctionnée par des sacrifices et des assemblées (4) Un roi pouvait être uni à une cité par des liens d'hospitalité (5) ; tel était Ambiorix, roi des Ebnrones, à l'égard des Menapii.

Les cwitates qui ont un grand nombre de clients arrivent, à certaines époques, à dominer la plus grande partie de la Gaule. Les Aedui, au temps de César, prétendaient avoir eu la primauté, principatum,suT toute la Gaule (6). Ils disputaient cette primauté aux Arverni et aux Sequani qui avaient appelé les Germains (7). Après la défaite des Germains par César, les Rémi prirent la place des Sequani (8). Vers 121 avant notre ère, les Arverni étaient maîtres du territoire qui s'étend entre Marseille, Narbonne, les Pyrénées, l'Océan et le Rhin. L'armée de Bituitus comptait, disait-on, cent quatre vingt mille hommes (0). Vercingétorix avait proposé aux Allobroges la primauté sur la province romaine (10). Nous ne savons pas exactement en quoi con-

(1) Guerre de Gaule, i, 3.

(2) Ibid., I, 14 ; 19 ; 31 ; vi, 2.

(3) Ihid., VII, 2.

(4) Tacite, Agricola, 27.

(5) Guerre de Gaule, vi, 5.

(6) Ibid., I, 43.

(7) Ibid., I, 31.

(8) Ibid., I, 12.

(9) Strabon, IV, 2, 3, sans doute d'après Poseidônios ; Orose, V, 14, 4.

(10) Guerre de Gaule, vu, G4, 8.

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sistait cette primante. Elle nous apparaît dans les Commentaires comme une suprématie militaire. Les tronpes des peuples^clients ne sont pas distinctes des troupes de la métropole. Les clients ne reçoivent pas d'ordres directs du conseil des principes de la Gaule (1).

Rien n'indique que les Etats fussent formés de tribus ou de clans comme chez les Celtes des Iles Britanniques, L^&civitates se divisent en circonscriptions que César appelle pagi- La cité des Helvètes comprenait quatre pagi : lun s'appelait Tigurinus ; un autre, Verbigeniis, peut-être un troisième Toygenus (2). Selon Tite-l.ive, les Insuhres sont un pagiis des Aediii. Selon Pline, Novarefut fondée par un pagus des Vocontii, les Veriacomacori. Il seml}le d'après cela qu'à l'origine le pagus fut non pas un canton territorial, mais un groupe d'hommes (3). César mentionne les pagi des Morini et des Ari>erni (4).

On ne trouve chez César que quehiues mots sur les ressources financières des Etats de la Caule. Il est question d'impôts de toute sorto; tributa, sans doute les impôts directs (5); reliqua omnia vectigalia, impôts indirects que l'on affermait, ainsi que les péages (portoria) (6). Les marchands payaient des droits de passage onéreux dans les

^ (1) H. d'Arbois de Jubainville, Recherches sur l'origine de la propriété foncière, p. 33-34.

(2) Guerre de Gaule, i, 12 ; 21 ; Cf. iv, 22 ; vi, 11 ; vu, 64 ; Strabon, Géographie, iv, 1, 8; vu, 2,2; CI. L., vu, 1072. Strabon parle de trois cpjXa des Helvètes (iv, 3, 3). Sur les pagi gaulois, voir C. Jullian, Rame des éludes anciennes, t. m, p. 77- 97. Histoire de la Gaule, t. ii, p. 8, n. 3.

(3) TiTE LivE, V, 34 ; Pline, Histoire naturelle, m, 21, 124.

(4) Guerre de Gaule, iv, 22 ; vu, 64.

(5) Guerre de Gaule, vi, 13.

(6) Ibid., I, 18. Cf. Strabon, iv, 3, 3.

L ETAT

montagnes du Valais (1). Les navigateurs étrangers payaient tribut pour entrer dans les ports des Veneii (2). Certains impôts se payaient en nature ; c'était surtout des fournitures de blé que César imposait aux peuples gaulois (3) Les impôts directs étaient fort lourds (4).

Les civitates possédaient de grandes propriétés territoriales, si étendues qu'elles pouvaient accueillir sur leur domaine un peuple entier (5). D'après Nicolas de Damas, on honorait surtout ceux qui accroissaient le domaine public (6).

La féodalité celtique diffère de la féodalité française en ce qu'elle ne semble pas exclusivement fondée comme celleci sur la propriété immobilière. Chez les Gaulois d'Italie, au iv*" siècle avant notre ère, la fortune consistait en troupeaux et en or, parce que ces objet? seuls peuvent facilement, quand les circonstances l'exigent, être emmenés partout et changés de place à volonté. Chez les Vaccaei, voisins des Geltibères, chaque année, on partageait le pays pour le cultiver : à la récolte on mettait en commun les fruits et ou distribuait à chacun sa part ; celui qui essayait d'en mettre de côté une portion était condamné à mort ^7).

En Gaule transalpine, l'émigration des Helvetii, décidée par une loi (8) et effectuée en l'an o8 avant notre ère, ne peut guère s'accorder avec la propriété individuelle du sol ;

(1) Guerre de Gaule, m, 1.

(2) Ihid., III, 8.

(3) Ibid., I, 16 ; 17. Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Recherches, p. 72-74.

(4) Guerre de Gaule, vi, 13.

(5) Voir ci-dessus, p. 244.

(6) Stobée, Anthologie, xliv, 41.

(7) DioDORE, V, 34.

• (8) Guerre de Gaule, i, 3.

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