‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 73 sur 158 · UNITÉ NATIONALE · texte numérisé non relu

UNITÉ NATIONALE

Le manque de sens politique et un particularisme ombrageux sont, en général, la caractéristique do ces tribus gauloises. Les Cenomani d'Italie s'allient aux Romains contre leurs congénères les Boii et les Insiibres (1). Les Arvenii et les Sequani appellent Arioviste en Gaule (2). Les Rémi aident César à vaincre la coalition des Belges après l'avoir dénoncée (3). Les Lingones et les Rémi refusent de prendre part à l'insurrection générale de la Gaule et fournissent des troupes à César (4). Dans ses campagnes en Gaule, César avait des auxiliaires gaulois (5).

Et pourtant, d'autres faits prouvent que les Celtes ont eu, de bonne beure, conscience de l'unité de leur race. En 3G1, les Cisalpins, pour éviter une guerre avec les Transalpins, invoquent leur parenté (6). En 225 avant notre ère, les Insiibres et les Boii d'Italie pour décider les Gaulois transalpins à se joindre à eux leur rappelèrent les hauts faits de leurs ancêtres (7). La tradition du royaume d'Ambigatus, si elle n'a point de réalité historique, symbolisait la croyance à l'origine commune de tous les Celtes (8). L'unité de la Gaule fut réalisée autour des Arvernes par Celtillus, puis par Vercingétorix. Une sorte d'unité religieuse était constituée par le druidisme et l'assemblée annuelle dans le pays des Carnutes, centre de toute la

(1) TiTE LivE, XXXII, 30 ; Strabon, v, 1, 9.

(2) Guerre de Gaule, 1, 31.

(3) Ibid., II, 5.

(4) Ibid., VII, 63 ; viir, 11.

(5) Ibid., I, 7, 8 ; 23, ; ii, 17 ; m, 18 ; vu, 34 ; 45 ; viii, 10.

(7) PoLYBE, II, 22.

(8) TiTE LivE, V, 34. Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de l'Europe, 2^ édit., t. ii, p. 387-393. Voir cidessoiis, chap. vu, p. 460.

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Gaule (1). La ville d'Alésia était honorée comme étant le foyer et la métropole de toute la Celtique (2;. Les druides racontaient que les Gaulofs étaient tous nés du Dieu que les Romains appelaient .0^5 pater (3). Des faits historiques démontrent que les divers peuples celtiques avaient gardé vivante la notion de leur antique parenté. Les Bellovaci (4), peuple belge, avaient été de tout temps les alliés et les amis &Çi?,Aedui. Le roi des Suessiones, Diviciacus, occupait aussi le trône de Grande-Bretagne (3). Les Armoricains demandent des secours à la Grande-Bretagne (6). C'est en Grande-Bretagne que se réfugient les principes des Bellovaci lorsqu'ils ont compris à quels malheurs ils ont livré leur patrie (7). Dans presque toutes les guerres, les Bretons, d'après César, avaient envoyé des secours aux Gaulois (8). Les Ambarri sont parents consanguins des Aedui (9). Les Rémi sont frères consanguins des Suessions, et proches parents des Belges (10). Ces exemples, auxquels il faut ajouter la coalition de la Gaule (11) contre les Romains en 52, autorisent ils à prononcer avec M. C. JuUian (12) le mot de patriotisme saulois '^

(1) Guerre de Gaule, vi, 13, 10.

(2) DiODORE, Bibliothèque, iv, 19, 2.

(3) Guerre de Gaule, vi, 18, 1.

(4) Ibid., II, 14.

(5) Ibid., II, 4.

(6) Ibid., III, 9.

(7) Ibid., II, 14.

(8) Ibid., IV, 20.

(9) Ibid., I, 11.

(10) Ibid., 11,3.

(H) Ibid., VII, 29, 6 ; 77, 7.

(12) JuLLiAN, Le patriotisme gaulois, Reme celtique, t.xxiii,

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