CHEFS
le principafus et Yimperiiim, sans cloute le pouvoir civil et le pouvoir militaire (1). Le conseil de guerre de Yercingétorix est formé des principes de plusieurs cités (2). L'armée envoyée par les principes de la Gaule au secours de Alésia était commandée par quatre chefs : l'Atrébate Gommius, les Acchii Viridomarus et Eporedorix, l'Arverne Vercassiveliaunus, assistés d'un conseil d'hommes choisis dans les diverses cités (3).
Souvent un seul chef commandait les forces de plusieurs peuples.^ Galba, roi des Suessiones, commande les Belges coalisés (4). Cassivellaunus est choisi comme commandant en chef par des peuples du sud de la Grande-Bretagne, avec lesquels il avait eu autrefois des guerres continuelles (o). Ambiorix, Camulogenus commandent des coalitions de peuples gaulois (6).
En 61, Boudicca, qui commande l'armée bretonne, rappelle que les Bretons ont coutume d'aller à la guerre conduits par des femmes (7). En Irlande, il semble résulter de (juelques textes de lois que la fille, qui, à défaut de fils, héritait des biens maternels, est obligée au service militaire. Cette obligation fut abolie, grâce à l'intervention d'Adamnan, au vu'' siècle (8).
Du point de vue militaire, les équités, classe sociale, sont les cavaliers. Leur nombre s'élève, lors de la dernière
(1) Guerre de Gaule, vi, 8.
(2) Ibid., VII, 36.
(3) Ibid., vn, 76.
(4) Ibid., II, 4, 7.
(5) Ihid., V, 11.
(6) Guerre de Gaule, v, 38 ; 39 ; vu, 57.
(7) Tacite, Annales, xiv, 35. Cf. ci-dessus, p. 182, 186.
(8) H. d'Arbois de JuBAi.NViLLE, Lu famille celtique, Paris, 1905, p. 81-83.
L ETAT
lutte où la Gaule tout entière (moins les Rémi, les Lingones et les Treveri) se souleva contre les Romains, à quinze mille (1). Les Aediii mettaient leur principal espoir dans leur cavalerie (2). Mais les Nervii, qui avaient six cents sénateurs, avaient très peu ou pas de cavalerie (8) ; il est donc probable que chez eux la classe sociale qui correspondait aux équités des autres peuples fournissait à leur armée des fantassins. D'autre part, il y avait des cavaliers qui n'avaient pas le rang social des équités ; tels les nombreux cavaliers, magnum numenim equitatus, que Dumnorix entretenait à ses frais (4) et qui n'étaient sans doute que des ambacii ou des clientes. César mentionne les praefecti equitum (5). D'après Strabon, les Celtes combattaient mieux à cheval qu'à pied (6). C'était sur leur cavalerie que les Gaesatae et les Insubres comptaient surtout, dans leur lutte contre les Romains (7). La cavalerie gauloise était, en général, supérieure à la cavalerie romaine, mais inférieure à la cavalerie germaine (8). La cavalerie des Treveri était renommée (9). Au contraire, toute la force des Bretons était dans leur infanterie (10). Les Celtibères étaient à la fois bons cavaliers et solides fantassins (H). La cavalerie
(1) Guerre de Gaule, vu, 64. Cf. Cicéron, Pour Fonléius fr. 12.
(2) Guerre de Gaule, vu, 68, 2.
(3) Ibid., II, 17, 4.
(4) Ihid., I, 18, 5.
(5) Ihid., VII, 66, 3.
(6) Géograpliie, iv, 4, 2. Cf. Cicéron, Pour Fontéius, 4 ; Plu- TARQUE, Marcellus, 6.
(7) Plutarque, Marcellus, 6.
(8) Jui.LiAN, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 209, n. 3.
(9) Guerre de Gaule, v, 3, 1.
(10) Tacite, Agricola, 12.
(11) DiODORE, V, 33.