‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 78 sur 158 · CAVALERIE · texte numérisé non relu

CAVALERIE

des Celtibères avait une manœuvre qui lui était propre. Lorsqu'ils voyaient l'infanterie pressée par les ennemis, les cavaliers descendaient de leurs chevaux et les laissaient rangés en ligne ; à l'extrémité des rênes ils avaient attaché de petits bâtons qu'ils fichaient en terre ; leurs chevaux étaient dressés à demeurer tranquilles jusqu'à ce qu'ils vinssent les détacher (1). Puis les cavaliers prenaient leur rang comme fantassins (2).

Chez les Celtes qui envahirent la Grèce, chaque cavalier était accompagné de deux serviteurs à cheval. Pendant la bataille, ceux-ci se tiennent en arrière ; si le maître succombe, l'un ou l'autre le remplace ; s'il est blessé, l'un d'entre eux l'emmène au camp, tandis que l'autre prend sa place ; s'il est démonté, l'un ou l'autre lui amène son cheval. Cet ensemble se nommait xp'.iJiap/.iTfa (3). Les Gaulois d'Illyrie avaient une organisation analogue ; à chaque cavalier était attaché un fantassin qui remplaçait dans la bataille le guerrier tombé de cheval (4).

A l'époque la plus ancienne à laquelle nous puissions remonter, les Gaulois d'Italie ont non seulement une cavalerie, mais aussi des guerriers montés sur des chars. A la bataille de Sentiuum, 295 avant J.-C, il y avait, dit-on, un millier de ces chars (5). A la bataille de Télamon, en 223, il y avait vingt mille guerriers tant à cheval qu'en

(1) Polybe, chez Suidas, au mot 'oiov.

(2) DiODORE, V, 33.

(3) Pausanias, X, 19, 9:12.

(4) TiTE LivE, xLiv, 2G ; Plutarque, Paul-Emile, 12.

César attribue aux Germains d'Arioviste une tactique semblable ; ces fantassins étaient si agiles qu'en se tenant à la crinière des chevaux ils les suivaient à la course. Guerre de Gaule, I, 48.

(5) TiTE LivE, X, 28 ; 30.

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char (1). A la bataille de Clastidium, en 222, le roi Yirdomarus est monté sur un char doii il lance ses javelots sur les ennemis (2). Les Gaulois d'Italie paraissent avoir renoncé de bonne heure à l'usage des chars de guerre. Déjà, à la bataille de Télamon, ils ne s'en étaient servis que pour protéger les deux ailes de leur armée (3).

En Gaule, en 121, le roi des Arvernes, Bituitos, au confluent de l'Isère et du Rhône, combattait du haut d'un char argenté (4), A l'arrivée de César, il semble qu'il n'y ait plus de char de guerre dans les armées gauloises. Diodore de Sicile copie un auteur plus ancien, sans doute Poseidônios, lorsqu'il nous dit que dans les combats les Gaulois se servent de chars à deux chevaux portant un conducteur et un guerrier. Les guerriers montés sur les chars dirigent leurs attaques contre les cavaliers. Ils lancent le javelot ((Tauvii^oua-.), puls descendent pour combattre l'ennemi à l'épée (o). Strabon dit que quelques-uns des Celtes ont des chars de guerre (6). Lucain parle du Belge conducteur de covinïius (7).

Mais César trouve pour la première fois (8) des chars de guerre à deux roues en Grande-Bretagne. Le roi Cassivellaunus, en 54, avait à la fois des cavaliers et quatre mille

(2) Properce, iv, 10, .39-44 ; Plutarque, Marcelliis, 6, 5 ; 7, 4, n'en parle pas.

(3) PoLYBE, II, 28. Cf. JuLLiAN, Histoùe de la Gaule, t. i, p. 348.

(4) Florus, III, 2.

(5) Bibliothèque, v, 29.

(6) Géographie, iv, 5, 2.

(7) Pharsale, i, 42G.

(8) Les carri dont il est question en Gaule, par exemple à propos des Helvetii (i, 24 ; 26) sont des chariots de bagages.

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