TACTIQUE
représenté un guerrier combattantsur un char de guerre (1) ; et un guerrier debout sur un char à deux roues, quelquefois casqué, lançant un javelot et tenant le carnyx, figure sur des monnaies de plusieurs familles romaines (2). Sur les trophées de Pergame, on remarque des roues de char de guerre (3).
La littérature |épique de l'Irlande nous atteste que les Irlandais combattaient encore en char aux premiers siècles après l'ère chrétienne. L'équitation est exceptionnelle dans les textes les plus anciens du cycle d'Ulster ; le combat à cheval remplace le combat en char dans le cycle de Leinster. Le char de guerre irlandais était à deux places : celle de gauche est occupée par le guerrier ; celle de droite par le cocher; c'est un char à deux roues traîné par deux chevaux. Une seule fois il est question d'un char armé de faux; c'est le calh-charpat senla du héros d'Ulster, Gûchulainn ; il était garni de pointes de fer, de tranchants minces, de crocs, et avait les essieux hérissés de pointes (4).
Le chef irlandais Cobthach, voulant se faire passer pour mort, est]étendu sur son char de guerre, comme les guerriers des tombes de la Marne (o .
Les Celtes allaient au combat couronnés de fleurs, comme à une fête (G) ; ils se précipitaient à l'ennemi en
(1) Reproduit chez II. d'Arbois de Jubai.nyille, Cours de littérature celtique, t. vi, p. 330.
(2) Reproduction dans la Revue archéologique, t. x (1887), p. 135, pi. XIV.
(3) S. Reinach, Revue archéologique, t. xiii (1889), p. 199.
(4) H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. VI, p. 332-333, 340.
(5) Miss M. Dobbs, Zeitschrift fiir Celtische Philologie, t. viii, (1911), p. 278-284. Voir ci-dessus, p. 191.
(6) Elien, Histoire variée, xii, 23.
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entonnant un chant de guerre (1), en poussant d'affreux hurlements, en frappant leurs boucliers, en secouant leurs longues épées, et leurs chevelures flottantes (2). Leur façon de combattre avait quelque chose de désordonné et d'étranger à la science des armes. Tantôt, élevant haut leurs sabres, ils frappaient d'une façon sauvage, avec un mouvement de tout leur corps, comme des bûcherons ou des terrassiers ; tantôt ils portaient de côté leurs coups, sans viser, comme s'ils allaient entailler leurs adversaires, corps et armes défensives tout à la fois ; puis ils retournaient dans l'autre sens la pointe de leur fer. Renversés à terre, ils rugissaient, mordaient les boucliers et poussaient comme des bêtes sauvages des cris semblables à des hurlements (3). Certaines monnaies gauloises semblent représenter des danses guerrières (4).
Les Helvetii se forment en bataillon serré comme la phalange ; puis, battant en retraite devant les Romains, ils se font un rempart de leurs chariots et lancent de là des traits (o). Les Gaulois qui allaient au secours d'Alesia avaient disposé des archers et des soldats armés à la légère entre leurs cavaliers (6j. A Avaricum, l'infanterie gauloise avait pris la formation en coin, cuneatim (7). D'après Végèce, les formations des Gaulois et des Geltibères étaient
(1) PoLYBE, II, 29, 6 ; TiTE LivE, V, 37,8 ; 38, 6 ; 39, 5 ; vu, 23. 6; X, 36, 11; XXI, 28, 1 ; xxxvii, 17,4. Cf. Dion Cassius, Lxii, 12 (iSretons).
(2) Appien, IV, 8. Cf. Denys cI'Halicarnasse, xxv, 9, 15.
(3) Denys cI'Halicarnasse, Antiquités romaines, xiv, 10.
(4) JuLLiAN, Revue des éludes anciennes^ t. vi, p. 54. Cf. la danse de l'épée chez les Germains (Tacite, Gei^anie, 24).
(5) Guerre de Gaule, i, 24, 25 ; 20.
(6) Ibid., vil, 80.
(7) Ihid., VII, 28.
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des ailcrvdc tlo six mille lioniincs {\). Dans le récil de Tile Livo, les Ciunlois qui priionl Uomo montent vers la citiulello en formant la torlnc(2).
L'histoire romaine nous a conservé le souvenir do plusieurs combats singuliers livrés en présence de deux armées par lies (laulois anonymes à dos Uomains de marque. Le plus ancien (3(')7 avanl Jésus-Christ) est celui dt; T. Manlius surnomme aiircs sa victoire Torquatus. C'est peut-être une léi^onde ; car l*olyi)C n'en parle point {'.\) et Tile Live se contredit en essayant ilon déterminer la-dale (4). L'adversaire de T. Manlius est un Gaulois armé d'un bouclier et de deux épées, comi)lètemcnt nu, et paré d'un collier et de bracelets ; il s'avance au milieu des combattauls et, levant la main, fait signe aux deux partis darré- \cv le combat. Puis, au milieu du sileiu'C, il crie d'une voix très forte que celui (pii voudrait combattre avec lui sorte des rangs. Comme personne n'osait répoudre, le Gaulois se mit à se motiuor des Romains et à leur tirer la langue; sa longue épée Iranchanle, mais sans pointe, ne put riposter avec succès h la pointe aiguë do l'épée espagnole de 'r. Manlius (">. Vax l'an 'M\) avant .lésus-Christ, les historiens (G) ont placé un autre duel entre Romain et Gaulois. Un Gaulois de grande taille, aux armes d'or, demande le silence en frap[)ant son bouclier de sa lance et provoque
(I) De l'art niilitairr, ii, 2.
{■:) TiTK LivE, V, ft3 ; of. x, 2\), \2.
(:\) nisfmrcs, n. 18.
('■) Tni- T-ivF, VII, 9-10. Cf. vi, 'i2. IT. iI'Aruois do Ji ivinvum-. Cours (/<• littnatiirc ct'lfiqih', t. vi, p. 0-10.
('■>) (".liUi(litisT)ua«lriii;uiiischo/, Ai'lu-Gelle, ix, 13
((>) TiTK LivE, VU. 'Jl) ; Denvs d'HAi haunassi:, Anli(itnlés roiiuiiiu\s, XV, 1 ; Avlu-Gelle, ix, ii.
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par inlur[)rèLc un llotnaiu pour croiser le fer avec lui. Le tribun M. V^alerius accepte le dél'i. On sait qu'un corbeau vint se i)erclier sur le casque du lioinain et attaquant le (jiiulois à coui)S de bec et de griffes assura la victoire à M. Valerius qui reçut alors le surnom de Gorvus. Gicéron (1), qui parle do M. Valerius Gorvus,3ne fait aucune allusion à ce combat. D'autres récits de combats analogues nous ont été conservés sans ([ue nous ayons des raisons sérieuses de suspecter leur authenticité. L'un est le duel de M. Glaiidius Marcellus avec le roi des Gésales Viridomaros (ou iiritomartos), eu l'an 2i2, avant Jésus-Gbrist. L'allusion qu'y fait le poète Properce est pleine de détails intéressants: « Glaudius écarta les ennemis (jui avaient passé l'jMidan et ap[)orta le bouclier belge de V'irdomarus (2) au grand cori)S. Il se vantait de sa noblesse et la faisait remonter an llliin lui même ; du haut de son char il lançait des javelots (gat'6rt). Son collier arrondi tombe de sa tète tranchée; son sang tache ses braies rayées » (3). En liî8 avant Jésus-Ghrist, Scipion Emilien luttant contre les Geltibères vainquit en combat singulier un barbare d'Inlercatia armé de biilles armes et qui s'avançait en prenant des poses de danseur entre les deux armées (4). Diodore mentionne tl'une manière générale ces combats singuliers : lorsque les deux armées sont rangées en bataille, des Gaulois s'avancent et provoquent les plus braves de leurs adver-
(1) De la viciUrsse, 17.
(2) Auso>,'E {Technopaegnion, 9, 15) lo dit armofîcain. Pi,u- TAnQUE, (Hornulus, IG, Marcellus, G-8) rcrit f3p'.TÔ[j.«pxoi;.
(.'{) l>uoi'i;uf;i;, iv, 10, .'J9-43. Cf. l^i.JrAnouE, Marcellus, 7. Kaj)[)io(;hi;rlc poiLraJl, du du:!" boien Cri-xus ctn-z Silius Italicus Puni(]ues, iv, 154-1.jG.
Cl) Apimen, VI, 53.