FORTERESSES
saires en agitant leurs armes. Si quelqu'un accepte le combat, ils célèbrent la bravoure de leurs ancêtres, vantant leur propre courage, injurient et rabaissent leur adversaire et s'efforcent de lui enlever toute confiance par leurs discours f I ) .
Dans la littérature épique de l'Irlande, il y a quelques exemples de combats singuliers eu bataille rangée. Le plus célèbre est contenu dans l'épopée intitulée L'enlècemenl des vaches de Cuanlgé. Pendant que les guerriers de rUlster sont réduits à l'impuissance par l'effet d'une malédiction qu'ils ont encourue, Gùcliulainn est seul à soutenir le choc de l'armée de Gonnachtqui a envahi l'Ulster. On lui propose un arrangement ; chaque matin on enverra un guerrier se battre en duel avec lui, et pendant ce temps l'armée de Gonnacht restera sans poursuivre sa marche en avant. Gùcliulainn lutte ainsi contre onze guerriers ; après le scptit lac, il prend trois jours et trois nuits de repos et le onzième combat dure trois jours entiers (2).
Les forteresses gauloises étaient établies dans des lieux naturellement fortifiés ; tantôt entourées de rivières et d'un marais, comme Avaricum (}\), tantôt situées sur une montagne comme Gergovieou Alise (4). Les oppic^a des Venètcs étaient situés à l'extrémité de pointes et de promontoires et n'offraient point d'accès à la marée haute (Î3).
(1) Bibliothèque, v, 29, 3. Le Icxtc d'IIiRTius Guerre de Gaule, VIII, 15, d'après lequel les Gaulois auraient eu l'habitude en bataille rangée de s'asseoir sur des fagots, semble corrrompu ou interpolé. Cf. les éditions de Nipperdcy et de llolder.
(2) IL il'AuBOis de Jubaipsyille, Cours de Uuéniture celtiqu . I. VI, p. 27-34.
(3) Guerre de Gaule, vu, 15.
('i) Guerre de Gaule, vu, 36 ; 69.
(5) Ibid., III, 12. Cf. A. Lallemand, Campagne de César dans la Vénélie armoricaine. Vannes, 1800, p. 42.
l'état 273
Voppidum de Vesontio (Besançon) était presque entièrement entouré par le Doubs : l'intervalle que ne protégeait pas la rivière était occupé par une haute montagne entourée d'un mur qui la joignait à l'oppidum (1). Le mieux iovlUié iesoppida des Aduatuci éiâit environné de toute part par des rochers escarpés et des précipices ; il n'avait d'autre côté accessible qu'une pente douce large d'environ deux cents pieds. Les Adiiatiici avaient fortifié cet endroit par un double mur très élevé et avaient placé dans le mur des rocs d'un grand poids et des poutres aiguisées (2). Toutes les parties de Voppidum d'UxeWodnnum étaient fortifiées par des rochers escarpés (3). Les murs, construits à la mode gauloise (4), étaient, àNovioduuum, précédés d'un large fossé (5j. Sur les murs, on avait dressé à Avaricum des tours en bois recouvert de cuir (6).
L'épaisseur des murs est de 4"\80 à 7", 30 àBibracte, de 5 à 10 mètres à Murcens (7), de 13 à 14 mètres à Boviolles (8) La hauteur est très variable. César parle parfois d'un mur élevé (9). Des murailles d' Avaricum, les Gaulois lançaient divers projectiles sur une terrasse élevée par les Romains et haute de quatre-vingts pieds (10). A. Gergovie, il suffit d'une courte échelle de trois hommes pour atteindre le
(1) Guerre de Gaule, i, 38.
(2) Ibid., II, 29.
(3) Ibid., VIII, 33.
(4) Voir ci-dessus, p. 156.
(5) Guerre de Gaule, ii, 12.
(6) Ibid, VII, 22 ; 24 ; 25.
(7) Castagne, Mémoire sur les ouvrages de jortification des oppidum gaulois. Tours, 1876, p. 484.
(8) C. JuLLiAN, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 219, n. 4.
(9) Guerre de Gaule, 11, 29, 3 ; 11, 12, 2.
(10) Ibid., VII, 24.
G. DoTTiN. — Manuel de l'antiquité celtique. 18