‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 83 sur 158 · SIÈGES · texte numérisé non relu

SIÈGES

sommet du mur (1). A Murcens, les murs ont de 4 à 5 mètres en moyenne ; plus de 10 mètres sur les points faibles ; il n'y a qu'un simple amoncellement de terre sur les points d'accès difficile (2).

Les Gaulois assiégés se portaient sur les tours et les remparts et de là lançaient sur les travaux d'approche des ennemis du bois sec, des torches allumées, de la poix, du suif et d'autres matières inflammables (3). A Avaricum ils saisissaient avec des nœuds coulants (laquei) les faux destinées à détruire les remparts. Ils crensaientdes tnines pour détruire les terrasses des Romains (4). A Gergovio et à Alise, ils avaient construit au milieu du coteau au sommet duquel était située la forteresse un mur de fortes pierres, haut de six pieds, pour briser l'éJan des l^omains (5).

Pour assiéger une place, les Gaulois, comme les Belges, commencent par l'investir avec toutes leurs troupes ; de toute part, ils lancent des pierres et des traits sur le rempart ; quand les ennemis l'ont abandonné, ils s'avancent jusqu'aux portes en formant la tortue et sapent la muraille (6). Ils ignoraient d'abord les divers appareils de siège, les mantelets, les tours, les terrasses (7) et s'en moquèrent, les premières fois qu'ils virent les Romains les employer contre eux (8). Mais ils ne tardèrent pas à les emprunter à leurs ennemis (9).

(1) Guerre de Gaule, vu, 47, 7.

(2) Revue archéologique, t. xvii (1868), p. 251.

(3) Guerre de Gaule, vu, 24 ; 25 ; viii, 42.

(4) Ihid., vu, 22.

(5) Ihid., VII, 4G ; 69.

(6) Ihid., H, 6.

(7) Ihid., II, 12. Cf. VII, 29. Tite Live, xxi, 25, 6 (Gaulois d'Italie).

(8) Ihid., II, 30.

(9) Ihid., Vj 42 ; 52 ; vu, 84. Sur les fortifications gauloises

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Après la bataille, les Celtes avaient l'habitude de couper les têtes des ennemis morts et de les attacher autour du cou de leurs chevaux, mais ils abandonnaient à leurs serviteurs les dépouilles et n'emportaient comme butin que les têtes ensanglantées, en chantant leur triomphe et un hymne de victoire (1).

Les armes des Gaulois frappèrent d'étonnement les habitants de Clusium qui n'en avaient jamais vu de semblables (2). C'était d'ailleurs, comme chez les autres peuples, des armes de jet, des épées, des boucliers, des casques et des cuirasses (3). Les armes de jet étaient très variées. Les Aduatuci avaient des réserves considérables (4). Au temps de César il y avait des fabriques d'armes chez les Aedni (5) Annibal avait pu renouveler son armement chez les Allobroges (6).

Le gaesurn (^a^jov) est proprement le javelot de peuples celtiques habitant les Alpes (7) et surnommés gaesati « armés du gaesum ». Bien que le nom celtique de cette arme soit connu de César (8), de Virgile (9), de Tite Live (10), Properce (II), et qu'il se trouve souvent chez d'autres auteurs

voir G. DE LA NOE, Principes de la fortification antique, Parisi

(1) DioDORE, V, 29, 4 ; Tite Live, x, 26, 11. Cf. ci-dessus, p. 147. Ad. Reinach, Revue celtique, t. xxxiv, p. 38-60, 253-286.

(2) Tite Live, v, 35. Cf. Florus, i, 7, 13.

(3) On trouvera des représentations de guerriers gaulois chez Espérandieu, Recueil général, n°^ 35, 114, 271, 427 (v^ siècle av. J.C. (?) 2372.

(4) Guerre de Gaule, ii, 32.

(5) Panegyrici latini, éd. Baehrens, 8, § 3.

(6) PoLYBE, m, 49, 11.

(7) PoLYBE, II, 22.

(8) Guerre de Gaule, m, 4, 1.

(9) Enéide, viii, 661-662.

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