‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 84 sur 158 · IV · texte numérisé non relu

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latins et grecs (l),nous ne savons pas exactement quelle en était la matière et la forme. D'ordinaire, le guerrier arrivant sur le champ^de bataille en portait deux à la main (2). Pollux qualifie^le gaes-um de lance tout en fer, oôpu 6Xoj£or,pov (3) et on tfouve chez Hésychius (4) le même renseignement, mais cette épithète convient mieux à certains javelots des Celtibères, qu'à ceux des Celtes (o). Il n'est pas sûr que chez Virgile dao alpina gaesa doive s'expliquer par : gaesa dont le bois a été fourni par les arbres des Aljjes ; il est plus probable qu'il y a là une allusion aux peuples des Alpes armés du gaesiim. M. A. Blanchet (6) a pensé qu'un guerrier, représenté sur des monnaies portant le nom du censeur Gn.Domitius Ahenobarbus qui vainquit à Vindalium le roi arvernc Bituitos et les Allobroges en 121 avant J. -G., lançait un gaesam ; les autres détails de la monnaie, le carnyx et le bouclier allongé, sont aussi des objets propres aux Gaulois. D'après cette représentation, le gaesum se terminerait par une pointe large ressemblant à une feuille. Sur la plaque de ceinturon de Watsch (Garniole). on voit des guerriers armés d'un javelot à large pointe (7) et on a trouvé à la Tène un fer de cette forme qui est conserv^é maintenant au musée de Bienne. Dans quelques

(1) Voir HoLDER, AUccUischer Sprachschatz, t. i, col. 1517-

(2) Varron chez Nonius, 19, p. 155, 1. 12 ; Virgile, Enéide, VIII, G61-G62 ; Tite Live, ix, 36, 6 ; Claudien, Sur le consulat de Slilichon, ii, 242.

(3) Onomasticon, vu, 33, 156.

(4) Lexicon, au mot y^-'^^î-

(5) Déchelette, Manuel, t. ii, p. 1150-1153.

(6) Revue celtique, t. xxv, p. 229-231.

(7) A. Bertrand et S. Reinach, Les Celtes dans les vallées d Pô et du Danube, p. 107, (fig).

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tombes de Hallstatt, les javelots ensevelis avec le guerrier sont au nombre de deux; dans une tombe même, ces deux javelots sont placés des deux côtés de la main gauche du squelette (1). A l'époque de la Tène, ces fers de lance ou de javelot sont au nombre de deux ou trois et sont de dimensions inégales (2).

Le javelot irlandais, nommé dans l'épopée gai,gae, porte un nom identique à gaesum (3). Le guerrier gaël a souvent deux javelots à la main. Il semble qu'anciennement telle était aussi la coutume chez les Gallois (4).

La caleia attribuée par Virgile (o) aux Teutons est d'après Servius (0) el Isidore (7) une arme commune aux Celtes et aux Germains. C'est une arme de jet, en bois très flexible ; à cause de sa pesanteur on doit la lancer de près, mais elle brise avec une très grande force le but qu'elle atteint. Si elle est lancée par un homme habile, elle revient à celui qui l'a envoyée. Ce dernier détail fait penser au houmerang africain et australien. Mais M. Salomon Reinach (8) a fait remarquer que, dans !a mythologie germanique, le marteau lancé par le dieu Thor revient se placer après chaque coup dans la main du dieu ; le renseignement donné par Isidore pourrait donc n'être que' l'écho d'une légende. La cateia est vraisemblablement une hache de jet comparable à la

(1) E. von Sacken, Das Grabfeld von Hallstatt, p. 36-37.

(2) Déchelette, Manuel d'archéologie, t. ii, p. 1144.

(3) H. d'ARBOis de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. VI, p. 365.

(4) J. LoTH, Revue celtique, t. xxviii, p. 67, 342.

(5) Enéide, vu, 741.

(6) Ad Aeneida, vu, 741. Servius parle de lanières qui servent à la ramener.

(7) Origines, xviii, 7, 7.

(8) Les Celtes dans les vallées du Pô et du Danube, p. 191-199.

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