ARMES DE JET
francisque des Germains. l.aLcateia serait représentée sur la plaque de ceinturon de Watsch (i).
Parmi les armes de jet des Celtes, on peut encore citer :
1° La, matara, mater is ou [jià^ap'.;, sorte de trait dont nous ne connaissons que le nom (2).
2° Les javelots désignés sous le nom grec de aajv.ov ; ils avaient, d'après Diodore (3). la pointe plus grande que les épées ; les uns étaient droits, d'autres recourbés, en sorte que non seulement ils coupent, mais encore déchirent les chairs et qu'en retirant le javelot on agrandit la plaie. Dans un autre passage de Diodore (4), on voit que le saiinion, comme le gaesnm, est lancé du haut du char de guerre.
3° Un javelot en bois (fjXov), semblable à celui des vélites romains (ypocicpo;), qu'ils lancent, sans arnentum ou courroie et rien qu'avec la main, plus loin qu'une flèche ; aussi s'en servent-ils de préférence pour chasser à l'oiseau (5). De même, on voit, dans l'épopée irlandaise intitulée : « La maladie de Giichulainn «, le héros d'Ulster atteindre un oiseau dun coup de javelot (G).
4° Une sorte de trait employé dans la mêlée et que César appelle i>erutiun (7).
(1) Revue archéologique, t. m (1884), pi. m. On trouve la hache figurée sur les monnaies gauloises dites à la croix. Blanchet, Traité des monnaies gauloises, p. 160.
(2) Sisenna chez Nonius Marcellus, xviii, 26, p. 556.STnABON IV, i, 3. Césah, Guerre de Gaule i, 20, 3. IIesvcuios, au mot [jiaoàps'.ç.
(3) Bibliothèque, v, 30.
(4) Ibid., v, 29. Voir ci-dessus, p. 2G3.
(5) Strabon, IV, 4, 3.
(G) H. d'ÀRBOis de Jubainville, L'épopée celtique en Irlande, Cours de littérature celtique, t. v, p. 178. (7) Guerre de Gaule, v, 44, " ; 10.
L ETAT
0° Un \aye\ot {ira giila) muni d'une courroie (1).
On appelait en langue celtique peirinos une façon particulière de lancer le javelot ; un autre coup s'appelait xynéma ; un autre tolutegon ou stolutegon {"2).
Outre les armes de jet, les Celtes connaissent aussi les piques qu'ils appellent lanciae ; le fer a une coudée (0, 44) de longueur et un peu moins de deux palmes (0, 074 X 2 = 0,148) de largeur ; le fût a plus d'une coudée de long (3). Au temps de l'empereur Septime Sévère, en 208, chez les Caledonii, la pique, oôpo, est courte; elle se termine à l'extrémité inférieure par une pomme d'airain qui fait, quand on l'agite, un bruit effrayant pour les ennemis. Les Caledonii ont aussi des poignards (ÈY/eiptota) (4). Il ne semble pas que les diverses sortes de poignards que l'on peut attribuer aux Celtes leur aient servi d'armes de guerre (3).
Les fers de lance et de javelot, de forme très variée, se trouvent fréquemment dans les tombes de Hallstatt et les tumulus de la Bavière (6)* Certaines lances de l'époque du bronze se terminaient par un talon sphérique formé de sphères creuses emmanchées au moyen d'une douille. Ce sont sans doute les pomm'es d'airain dont parle Dion Cassius (7).
(1) Guerre de Gaule, i, 26 ; v, 35 ; 48.
(2) Arrien, Tactique, 37 ; 42 ; 43.
(3) DioDORE, V, 30. Cf. TiTE LivE, X, 26, 11 ; xxii, 6, 4. Guerre de Gaule, viii, 48. Sisenna (voir ci-dessus, note). Denys cI'Ha-
LICARNASSE, XIV, 9, 12.
(4) Dion Gassius, ftcxvi, 12.
(5) JuLLiAN, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 194.
(6) DÉCI1ELETTE, Munucl, t. II, p, 746 (îig.).
7) Déchelette, Manuel, t. ii, p. 216, (fig). Re<>>ue des études anciennes t. xiv, p. 282.