TROMPETTES
La trompette gauloise, xâp vjï, rendait un son rauque ou aigu ; elle n'était pas très grande ; le pavillon était en forme d'animal, le tube en plomb ; on la fabriquait en métal fondu (1). Les Cisalpins avaient une quantité considérable de buccins et de trompettes {'^■s/.x^rr-ùyi ■/.■x\ iolI-'.-c/.-.ùj-j) dont le bruit, s'ajoutant aux cris de guerre de toute l'armée, était répercuté par les alentours (2). Vercingétorix fait donner par la trompette le signal du combat (3). C'est au son de la trompette que l'assemblée des Bellovaci se réunit (4). La trompette gauloise est souvent représentée sur les monuments figurés ; on la trouve à côté du Gaulois mourant du musée Capitolin ; sur des monnaies gauloises et sur le chaudron de Gundestrup ; sur les soubassements de la colonne Trajane ; sur le monument de Biot; dans les trophées de l'arc de triomphe d'Orange ; sur une peinture de Pompéi, dans les mains d'une Victoire ailée. Sur la cuirasse de la statue d'Auguste de la villa de Livie, une femme qui paraît symboliser la Gaule tient à la main une trompette à tête de dragon analogue à celles que portent des monnaies romaines représentant des Gaulois (5). On a trouvé en Irlande des trompettes de bronze qui rappellent celle du Gaulois mourant (6).
(1) DioDORE, V, 30. EusTATHE, ttil lUdda, s 219. Cf. Lucain, 431-432.
(3) Guerre de Gaule, vu, 81, 3.
(4) Guerre de Gaule, viii, 20.
(5) S. Reinach, Revue archéologique, t. xiii, (1889), p. 230. Rayet, Monuments de l'arl antique, t. ii, pi. 71. Bertrand, La religion des Gaulois, p. 376, pi. xxxi. Revue des études anciennes, t. IX, pi. VI. Froehner, La colonne Trajane, t. i, pi. 7, 8, 11, 12, 17, 21, 22, 23. Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et ro- . maines, article carnyx. Voir ci-dessus, p. 268.
(6) Journal o{ the royal, historical and archaeological association of Ireland. (1875), p. 422.
L ETAT
L'cpée, le javelot, la lance, le torques, le cornyx, l'enseigne et le cheval figurent comme emblèmes guerriers sur des monnaies gauloises (l).
Certains cris de guerre avaient une signification particulière. Outre le cri que les Gaulois poussaient en abordant l'ennemi, il y avait encore le cri de victoire, et le cri pour demander à parlementer (2). En signe de paix, pour se faire connaître d'alliés, les soldats se découvraient l'épaule droite (3).
Tous les détails que l'on peut recueillir sur les coutumes militaires des Celtes nous montrent l'Etat celtique organisé en vue de la guerre : guerres d'invasion et de conquête, guerres de défense contre l'envahisseur. C'est presque uniquement là qu'apparaît le pouvoir collectif des citoyens, qui, pas plus qu'il ne règle les rapports entre les particuliers, ne s'occupe, semble-t-il, des croyances et des institutions religieuses.
(1) C. JuLLiAN, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 350.
(2) Guerre de Gaule, v, 37 ; 26.
(3) Ibid., VII, 50.