HÉRAKLÈS
Celtique, la parcourut tout entière, abolissant les coutumes ^ contraires au droit, comme celle du meurtre des étrangers. Une multitude d'hommes de toutes les nations étant venus se joindre volontairement à son armée, il fonda une ville très grande, celle qui en raison de sa course errante (aXr,i;) s'appela Alesia. Il mélangea aux premiers habitants un grand nombre d'indigènes ; comme ceux-ci étaient plus nombreux que les autres, il arriva que toute la population devint barbare. Cette ville est en honneur parmi les Celtes qui la regardent comme le foyer et la métropole de toute la Celtique. Elle est demeurée libre et imprenable depuis Héraklès jusqu'à Jules César. Passant de la Celtique en Italie, Héraklès traversa les Alpes. Il rendit la route, de rude et difficile qu'elle était, accessible à une armée avec tous ses bagages. Les Barbares qui habitaient cette région montagneuse avaient coutume de piller et de massacrer dans les passages difficiles les troupes qui les traversaient. Héraklès les soumit tous, et après avoir puni les chefs des brigands il assura pour l'avenir la sécurité de ces passages (1).
Pour aller d'Italie en Celtique et chez les Celto-ligures et les Ibères, il y a une route que l'on appelle route d'Héraklès ; l'étranger qui y passe est sous la protection des habitants et s'il lui était fait quelque injustice^ ceux chez qui l'injustice aurait lieu devraient la réparer (2).
Une autre légende fait d'Hercule l'exterminateur de deux cruels tyrans, Géryon et Tauriscus, dont l'un dévastait les
(1) DiODORE, Bibliothèque, iv, 19. C. Jullian, Pro Alesia, t. I, p. 145-146. Cf. Hérodote, v, 8-10, qui place le voyage d'Héraklè» on Scylhie.
(2) Pseudo-Aristote, Des singularités merveilleuses, 85,
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Espagnes et l'autre les Gaules ; et de son commerce avec diverses Gauloises de noble famille, Hercule eut un grand nombre d'enfants qui donnèrent leur nom aux pays qu'ils gouvernaient (1). La fille du roi de la Celtique lui donna un fils nommé Galatès (2).
D'après d'autres, d'Héraklès et de l'Atlantide Astéropê naquirent deux fils, Ibéros et Keltos (3). Parthénios raconte que Keltos est né de l'union d'Héraklès avec Keltinê, fille de Bretannos (4), chez lequel était arrivé Héraklès après avoir erré dans le pays des Celtes.
Peut-être aussi faut-il compter au nombre des dieux gaulois le Dispater dont les Gaulois se prétendaient tous issus ; l'usage de compter le temps par nuits et non par jours se rattachait à cette croyance (5). Dis^ Ditis pourrait être la forme latinisée d'un nom celtique conservé en irlandais sous la iormedilh, « mort, destruction ».
D'autre part, il faut rappeler que le nom qui désigne la divinité chez les peuples indo-européens, *deivos, existe dans toutes les langues celtiques : irl. dia, gall. c?u'y,»bret. doué. La racine de ce mot, div, deiv signifie « briller » ; 'deivos est donc vraisemblablement la lumière du jour divinisée (6). A quelle époque fut elle remplacée chez les Celtes par le dieu de la nuit ?
(1) Timagène, chez Ammien Marcellin, xv, 9.
(2) DiODORE, V, 24. Voir L. Berthoud, Pro Alesia, t. i, p. 154-156 ; A. T. Vercoutre, ibid., t. ii, p. 193-194 ; C. Jul- LiAN, ibid., p. 241-242.
(3) Denys d'Halicarnasse, XIV, 1, 3.
(4) Erotiques, 30. D'après Appien, Illyriques, 2, Keltos est fils de Polyphème et de Galatée.
(5) Guerre de Gaule, vi, 18. Diespiter chez Sénèque, Apokolokyniose, 9 ; H. Gaidoz, Dispater etAerecura, Revue archéologique, t. XX (1892), p. 198.
(6) Rhys, Hibbert lectures, p. 116-118.