‹ Manuel pratique d'allaitementChapitre 18 sur 80 · A U. A IT KM K N T AT SEIN · texte numérisé non relu

A U. A IT KM K N T AT SEIN

seule l.():2() graiimies j)ai- jour. La ligure 40 ])eruie( de bien suivre eel aceroissemeul, de la srcrrliou luauniiaire cdie/ la nouvelle accouchre. Le lail, Iburui jtar la nièi-ecsl, reprrseulé parle tracé bleu. Le lait douiié par la nourrice est indiqué par le (racé rose. Le Iracé noii-, (jui accoinpagne la coui'be du premier jumeau, montre la quantité totale de lait rournie par la mère. Le tracé noir, qui existe sur la courbe du second jumeau, re|»r(‘seuto la ([uaiitité totale de lait absoi'bée par lui, lait de la nourrice et lait de la mère.

Nous avons vu plusieurs autres femmes qui ont nourri seules leurs jumeaux dont les courbes étaienttrès belles. Le D' Mocquot (d’Appoigiiv) et le professeur Eustacbe (de Lille) ont observé des faits du môme genre.

Dans les (tas où l’on prend une nourrice ])Our un débile, il est indispensable, nous le veri-ous plus loin, que, pendant un certain temps, elle conserve avec elle son propre enfant. Nous avons mÔFiie agi de la sorte pour un enfant né à terme : la nourrice a, pendant six mois élevé exclusivement au seinson nourrisson et son propre bébé.

Enliii, certaines femmes, qui ont de la galactophorite et des abcès dusein, peuvent si la sécrétion est complètement tarie du côté malade, réussir avec l’autre à nourrir leur enfant et cela pendant de longs mois. Nous en avons vu plusieurs exemples.

La puissance des succions i-épétées est telle qu’on peut parfois obtenir le rétablissement de la sécrétion lactée chez des femmes qui ont cesse* de nourrir de))uis un certain temps.

La nommée Des... accouchait à la Clinique Tarnier, le 46 juillet 1866, d’un enfant qui pesait 4.840 grammes. Ouand elle quitta l’hôpital, le 6 août, il avait atteint 3.400 grammes. Elle continua à le nourrir chez elle pendant une semaine, puis l’envoya en nourrice en province. Alin de bien faire passer son lait, elle se pui*gea deux fois. Sept joui*s plus tard, elle ajjprit (fue son Ix'bé était très malade et atteint de diarrhée grave. Elle courut chez la nouri'ice, s’y installa, soigna elle-même son enfant et le remit au sein. Elle resta à la cam|)agne jusqu'au 15 octobre, et comme il allait tout à fait bien, elle rentra à Paris le nourrissani de nouveau. Elle vint nous le présenter le 17 novembre et nous demander nos conseils. Il pesait alors 7.610 grammes.

Elle suivit notre consultation pendant <|uelque temps, et la courbe de son lu'bi* devint très belle. Le 43 février il pesait 0.670 grammes. Il Jie i*ecevait (pie le lait de sa mère; la sécrétion lactée s était donc coTii|dèteTnent l•(*lablie.

ALJ.AITE.MENÏ l'AU LA MÈRE

Voici un aulrc l'ail plus l'cappaiiL encore, car il s’agil d’une jeune l'emnie primipare, qui ne mil son enfant au sein que cinq semaines après sa délivrance. Elle accouclia chez une sage-femme, le 3 avril 1900. Eomme l’enfanl élail débile et ne pouvait téter facilement, la sagefemme conseilla à la mère de le conlier à une nourrice. On en lit venir

Courbe, par semaine-

Coxirbcy pur Jouj'

Fig. i-’l. — Femme n ayant pas noiini cl chez laquelle on réussit à faire venir le lait cinq semaines après raccouchement.

A, courbe do 1 enfanl par semaine. — B, quanlilé de lail sécrélée chaque jour par les seins de la mère.

une du bureau elelle em[)orta l’enfant. La mère inquiète, écrivit au bout de quelque temps au maire du pays pour savoir si la femme qu’elle avait choisie donnait bien le sein. 11 lui fut ré])ondu qu’elle (Hait accouchée depuis un an et qu’elle n’avait été autorisée à prendre qu’un enfant au biberon. La mère ])iirtit immédiatement et elle trouva son bébé pâle, faible, ayant desgarde-robes noirâtres. Elle revint aveclui à Paris et nous ramena à la consultation le 7 mai, c’est-à-dire trente-quatre jours après sa naissance. Cet enfant, à cinq semaines, ne pesait encore que !2. 430

ALLAITEMENT AU SEIN

Les seins (le celle dernière (Haienl assez volumineux, souples et mous; à la pression, on ne jiouvail absoliimenl rien faire sorlir.

On mil l enlanl au sein d une noui'rice, il se nHahlil peu à peu el sa courbe de poids deviiil bienlôl r('‘gulièremenl ascendanle.

En même lemps, nous essayâmes de faire revenir le lail dans les seins de lu mère ; pour cela, on la lil léler par un gros enfanl. Le 7 el le 8 mai, on ne pul rien faire sorlir; mis sur le plaleau de la balance avaiil el après la lélée, Fenfaul ii’avail ])as augmenb'! (Voy. fig. 21 B) ;

Le 9 el le 10 mai, il pril : 5 grammes;

Le 18 mai, la mère donna au gros enfanl el au sien propre; elle fournil 145 grammes ;

Le 14 mai, 185 grammes;

Elle ])arlil alors, nourrissanl seule son bébé, qui avail alleinl le poids de 2.480 grammes ; elle nous le ramena plusieurs fois à la consullalion, el, le 15 juin, il pesait 3.110 grammes.

Nous avons observé de nombreux cas analogues; nous citerons en particulier celui qui esl représenté sur la ligure 43, p. 114. Ces faits montrent qu’en excitant même tardivement la sécrétion lactée, on peut arriver à des résidtals absolument inespérés. Plusieurs médecins ont, du reste, depuis nos premiers travaux (1897-1900) publié des observations analogues (Bourrier, Lust, Bresset, etc.).

l’our faire monter le lait, on a conseillé l’emploi de beaucouj) de suhstanres galaclagogiies \ leur action, en général, est bien diflicile à (b'-monlrer; aucune d’elles ne semble pouvoir être aussi efficace que la mise au sein régidièrement répétée. En tout cas, on ne devra pas manquer d’y recourir siniultanémenl, si on essaie l’une de ces substances.

On a vu ([lie les femmes (‘taieiil ca])ables de fournir beaucoup de

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