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ALLAITEMENT PAU LA MERE

lait et que cette sécrétion abondante pouvait persister pendant longtemps. Est-il nécessaire, pour cela, d’alimenter les nourrices d’une façon particulière? Celles du service des Débiles de la Maternité avaient à peu près le même régime que les infirmières ordinaires; elles recevaient en plus un peu de sucre et 80 cenlilitres de lait. Dans l’eau des boissons et dans l’eau des potages, elles trouvaient ce qui était nécessaire à la sécrétion liquide des mamelles.

Le régime d’une femme qui nourrit peut comprendre dans les conditions ordinaires : le matin, une soupe avec du pain, des légumes ou des pâtes ; à midi : un plat de viande, des légumes divers et du dessert : fruits cuits, confitures, etc. ; l’après-midi, du pain avec du fromage ou des confitures; le soir: des œufs, du poisson, des légumes, pas de viande, en général, ou très peu.

Comme boisson, on donnera par jour une demi-bouteille de vin qui sera bu avec de l’eau, une petite bouteille de bière très légère, très peu alcoolisée ou mieux du lait.

Il semble que l’alimentation agit sur la sécrétion mammaire : la (|uantité et la composition du lait peuvent être modifiées par elle, c’est ce qui arrive quand la nourrice mange trop et surtout trop de viande. Il en est de même pour les boissons; si par exemple l’eau est prise en abondance, le lait devient plus léger, la proportion de ses éléments nutritifs diminue.

La nourrice doit faire de l’exercice au grand air ; une heure ou deux de marche le matin et l’après-midi seront très favorables.

Causes qui ont une influence sur la qualité de la sécrétion lactée. — Pas.safje des suhslances êlrangères dans le lait de la mère. — Un certain nombre de substances absorbées par la mère pénètrent dans son lait; on a cherché quelquefois à utiliser ce passage pour les inti’oduire dans l’économie de l’enfant malade. En réalité, les médicaments, l’iodure de potassium, le mercure, etc., ne s'y trouvent qu’en très petite quantité et il est rare qu’ils puissent déterminer l’apparition d’accidenis clicz l’enfant. Il y a cependant des substances qui font exception ; parmi elles, nous devons signaler V alcool. Le I)'' Nicloux a publié sur ce sujet des travaux très int(‘ressants et très démonstratifs, (îràcc à un procédé ])articulier, il peut déceler dans les li(|uides de très minimes quantit('‘S d’alcool et les doser. Des expériences sur la chienne et la brebis, des recherches faites sur des nourrices aux(|uelles

üi.Di.N. — Allaitement.

ALLAITEMENT AL' SEIN

011 (loniuliL une polion de Todd consliUiée ])ar : rliumàio p. 100,G0cen- Liiuèlrcs cubes; laiL l^O ceuLiiuèlres cubes; sirop de sucre, !20 ceiiLimèlres cubes, oui prouvé le passage de l’alcool dans la sécrétion des mamelles; chez les animaux, il s’y trouvait en quanlité presque aussi considérable que dans le sang.

C’est sous forme de boissons fermentées, de vin et de bière, que l'alcool est absorbé par les mèi'es qui allaitent; or, ces liqueurs en renferment une notable quantité. Le vin, en général, est titré à 10 p> 100 d’alcool absolu, ce qui veut dire que, dans un litre de vin, il y a 100 centimètres cubes d’alcool absolu. Le cognac est à 48 ou 50 degrés, il renferme par conséquent 48 ou 50 centimètres cubes p. 100 d’alcool absolu. L’alcool contenu dans un litre de vin rouge correspond donc à 200 centimètres cubes de cognac, cela fait environ 10 petits verres.

La bière, trop souvent consi(térée comme inotfensive, contient en général 5 p. 100 d’alcool absolu, c’est-à-dire }>ar litre 50 centimètres cubes ou encore la valeur de 100 centimètres cubes de cognac. Une femme qui absorberait dans sa journée un litre de vin rouge et un litre de bière ordinaire aurait pris environ la valeur de 15 petits verres de cognac! 11 est vrai que la bière, dite pour nourrice, est considérée comme renfermant moins d’alcool.

L’alcool passant dans le lait, il n’est pas étonnant que les enfants dont les mères boivent trop de vin, de bière, etc., présentent des accidents; ils sont excités, agités, crient' souvent, dorment peu ou dorment mal ; parfois môme ils ont des convulsions graves qui se répètent et les emportent. 11 est donc indispensable de veiller sur la nature, la qualité et la quantité des boissons absorbées jtar les femmes qui allaitent.

Le IL' IXicloux a également démontré (ItiOGl le passage du cbloroforme dans le lait de lanière, pendant l’anestliésie ; reniant n’en parait ressentir aucun malaise.

l'iiiiolion.s morales vives. FaLifjues e.Mag&rêes. — 11 n’est pas douteux (pie les émoüons morales vives, que les chagiins soient de nature à trouille)' la sécrétion lactée.

Le lils d’un de mes amis avait une excellente nourrice ; il se développait régulièrement. La pauvre femme apprit que son propre enfant était soulfrant, puis, ({u’il avait succombé. Son nourrisson lut pris immédiatement de diarrhée ; en quelques jours, il diminua de

AL LAIT K. MENT l'AU LA MÈRE

'ù.'iO grainines; au l)Oiil de peu de Lemj)s, le laiL redevint l)uii, reniant alla mieux et se remit à augmenter l•ég•ulièrement.

On j)ourraît être tenté d’invoquer dans les cas de ce genre une simple coïncidence; cej^endant, la reproduction fréquente de ces faits démontre la réalité de la cause. Mais si on trouvait une nourrice donnant simultanément le sein à plusieurs enfants, si ces enfants allaités |)ar la même femme présentaient tous le même jour, sous rinfluence d’une même cause, des modilications dans leur santé et dans leur poids, cette simultanéité des accidents semblerait constituer une pi'euve indiscutable. C’est ce que nous avons eu l’occasion d’observer à plusieui-s reprises au pavillon des débiles de la Maternité. La ligure en

est un exemple; elle montre les modifications de poids survenues le même jour chez trois prémalurés allaités jiar la même nourrice qui était devenue souiïraiite.

Nous pourrions citer beau coup d'autres exemples d’enfants qui ont ainsi diminué de poids à la suite d’une indisposition, d’une frayeur, etc., éprouvée par leur mère. Nous nous bornerons au suivant.

La nommée G... est accouchée à la Clinique Tarnier, le '25 octobre 1901, (1 un enlaut ({ui pesait 5.250 grammes. Elle le nourrit au sein et la courbe était supiM’ieure à la normale, lors(|u’un autre bébé, lui appartenant et plus Agé, contracta la diphtérie. Sous l’inllueuce de l’inquiétude et des fatigues qu’elle éprouva, sou nouridsson tomba de 0.780 grammes à 0.500 : il perdit doue L80 grammes. Il reprit du reste très vite, et la ligne d’ascension consécutive fut plus accentuée encore

simulLané sur les trois cnranls débiles ([u’cllc nouri’issail.

ALI. A ITEM EXT AU SEIN

que colle (le la clml(!, puiscjiie de (3.300 grammes elle s’(‘leva en deux semaines a 7.0<)0 grammes. La moyenne d’accroissemenl, avait donc (dé de i(3 par jour, el renfant était âgé de six mois (Voy. lig. î23).

Plus tard, cette femme éprouva de nouveau des émotions à la suite de violentes colères manifestées [)ar son mari, et l'on vit, sous celte influence, son enfant diminuer brusquement et ne retrouver son poids que la senuune suivante.

'foutes les causes |)euvent amener, chez les femmes très sensibles,

ALI.AITEMENT i'AK LA .MEKE

(les modiliealions dans la coinitosilion du lail cl des Iroublcs dans la saiiU' descnl'anls ; (^'esl j)ünr(|iioi ceidainos nn'M’cs exliHuneinont nerveuses fünl si sonvcnl de nnnlioci'cs noniTices.

Les faùijUdx excujéréci^ (hUonninenl aussi des alléralions dn lait. Si, par e.veinj)le. une rennne passe les nnils ])rès de son enfant malade, son lait est de moindre (pialil('î et parfois nuisible an bébé qui devient j)lns soutirant. Il y a, dans ces conditions, un véritable cercle vicieux. Il snflit souvent d’obliger la nourrice à se reposer et à dormir régulièrement pour obtenir la guérison de renfant.

Memlnudinn. — On croiten général, dans le public, que les femmes ([ni ont leurs règles pendant qu’elles allaitent, conslitnent de médioci*es nourrices. lOi est-il réellement aijisi ? Cette question mérite d’autant pins d'être étudiée que, à Paris, pi‘(*s de la moitié des mères voient les règles j'éapparaitre an (’onrs de leur nourriture (Oh. Hoche). An momenl des é[)oqnes menstruelles le lait n’est j)as toujours bien supporté par reniant. Kn 187b, avec le l>‘’ Segond, nous avons reconnu que les règles s’étaient élablies cbe/ une nourrice grâce aux Ironbles (jiie présentait, à date (ixe, l’enfant aïKjnelclie donnait le sein. Kn 1881, guidé par ce retour périodicpie d’accidenis che/. le (ilsd'nn de mjs ainis, le ])rofessenr Covne. de Bordeaux, nous avons cxa7niné les linges de la

nourrice clou a constaté la réapparilion des règles. l)cj)ins, nous avons \Li. dans beaucoup de cas, les règles délerminer des Ironbles dans la santé de l’enfanl, des garde-robes mal digérées, de la diarrhée verte irritante ])oni‘ la j)eaii dn siège et des cuisses et des diminniions de poids, b’nn des faits les ])lns démonstratifs est celui d'une nourrice (pii allaitait deux débiles, lisse développaient régulièrement lorsipie survinrent che/ eux les accidents indiqm's ci-dessus. On pensa ([ne la nourrice avait ses règles : interrogée, elle l’avoua. La santé des deux prématurés se trouva (ellement altéréi; qn'on dut les mettre tons deux au sein d'iine antre femme. .Mais il s’agissait là de débiles, ])ar conséijuent d’enfants pins s(msibles (pie les antres ; en généi’al les accidents disparaissent vite, surtout si le bébé est fort, vigonreux, résistant et assez àg(L

l.es m(“res, (pii ont leurs règles peuvent continuer l’allaitement et |•énssir admirablement, sans (pie l’enfant en soutire par conséipient. Oependant il nous a semblé (pie, le |)lns souvent, elles ne constituaient pas de tri'S bonnes noiii'iaces, on ne le restaient pas tri's longtemps, lai ligure reproduit la courbe d’un enfiint né débile ipii fut allaité par sa im're. Lendant dix semaines sa courbe fut très bidle, mais les

1\ — NoiinicL! ji viiril ses i'ùi^'Il's ; lii ciniilii? di; l'i'iil':i,iil. »u|M'i'ii.'im' iralxird :ï la nui'malc. s rii l'iiMiih.' (■iin>i(li''i'aljli'iiii.'Ml, Ou rsl olili^L' ilr à rallaili.'iiii'nl iiiivlL'.

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