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Addition de substances chimiques. — Les procédés de eonservalioii du lait par l’addiLion de subsLaiices clumiques, le bicarboiiale de soude, le formol, etc., doivent être rejetés ; ils constituent des pratiques frauduleuses et souvent dangereuses ])Our la santé publique.

Réfrigération. — La conservation peut être favorisée par la réfrigération, par l’emploi de la glace; mais c’est un procédé qui cofde relativement assez cher; de plus, le froid ne détruit pas les microbes, il les laisse intacts.

Le froid ne détruisant pas les microbes pathogènes ou autres, c’est en général à la chaleur qu’on a recours pour la conservation du lait, eton j)rocède soit à la pasteurisalion, soit à la stérilisation.

Pasteurisation. — La pasteurisation consiste dans le cbauffage du liquide en une seule fois, à 70“ environ, puis on en détermine le refroidissement rapide. Ce procédé favorise le transport, il retarde la multiplication des germes, mais il ne saurait les détruire; il ne rend donc pas le lait inotfensif.

Cour obtenir ce résultat, pour stériliser le lait, il faut : soit le faire bouillir, soit le cliaulîer à 100° pendant trois quarts d’heure, soit le maintenir pendant un temps suftisantà 110“ ou recouriraux chauffages discontinus.

Lait bouilli. — On fera bouillir le lait aussitôt que possible après la traite; ce lait doit être conservé dans le vase où il a été chauffé et mis au frais.

D’habitude, on fait bouillir le lait en vase ouvert. S’il ne doit pas être immédiatement consommé et si on veut le couvrir, il faut attendre le refroidissement. En elfet, la vapeur d’eau se condense sur le couvercle froid, formedes gouttelettes qui entraînent dans le lait des impuretés et des germes.

Dans les cas où l’on veut recouvrir le lait encore chaud, il faut que le couvercle vienne d’être ]>assé à l’eau bouillante.

L’ébnllition fait périr ])resque tous les microbes.il en est cependant (jui résistent et qui, si la lem|)érature ambiante est sufüsaniment élevée (|)ar exemple |)endant l’été ou dans une ])ièce trop cliaulléc), [)euvcnt se développer ultérieurement et amener une altération du lait.

LAIT STKUILISE

('/est pourquoi ou recommande de le mellre au Irais, quand il a bouilli.

Lait chauffé au bain-marie à iOO". Lait stérilisé. — D’après le conseil de So.\hlet, le lait destiné aux enfants est mis dans des petites bouteilles qui ne contiennent que la quantité nécessaire pour une tétée. Sur ces bouteilles, qui sont en nombre suffisant pour la journée, on place des bouchons de forme spéciale. Les flacons, mainte-

Fig. .50. — A gauche : partie supérieure d'une bouteille à ouverture évasée sur laquelle on a jilacé un disque en caoutchouc. Au milieu : capsule en métal destinée à maintenir le disque en place. A droite : disque en caoutchouc vu après la stérilisation : il s’enloncc dans le goulot, sous l'influence de la pression atmosphéri(]ue.

nus debout dans un panier métallique, sont plongés dans une marmite contenant de l’eau froide. On cliauiïe cette eau, elle arrive à l’ébullition et on continue à la faire bouillir pendant trois quarts d’heure. Au bout de ce temps, on retire le panier et on le met au frais. Par le refroidissement un vide relatif se fait dans l’intérieur de chaque flacon, le bouchon de caoutchouc s’applique sur son ouverture et le ferme hermétiquement (Voy. lig. oO).

Au moment du repas, on fait tiédir une des bouteilles, on la déboLiclie et on mot sur le goulot une tétine en caoutchouc ou un galactopbon;. Aucun germe n’a pu pénétrer dans son intérieur et le lait passe dans l’estomac de l’enfant, aussi pur que le lait qui viendrait du sein de la mère.

L’appareil de Soxblet est ingénieux : le fractioniiemeul du lait par

ALLAITEMENT MIXTE

quantités nécessaires pour cliaque rejias et le boucliage automatique constituent de réels progrès; mais il présente quelques inconvénients. Au bout de quelques jours, le disque en caoutcbonc s’élargit et glisse à frottement contre les ])arois de la capsule métallique, il ne reste pas d’aplomb sur le goulot quand on laisse refroidir les bouteilles, ou il s’enlève avec la capsule lorsqu’on retire cette dernière; s’il y a une fêlure, une irrégularité quelconque sur le bord rodé de la bouteille en verre, le disque en caoutchouc ne s’applique plus exactement, de sorte que, dans une marmite contenant une dizaine de bouteilles, nous avons vu l’opération échouer pour une ou deux d’en tre elles. Enfin les petites bouteilles ne sont pas facilement transportables. Les chocs font tomber les disques qui les bouchent.

Aussi plusieurs appareils analogues ont-ils été imaginés depuis. Parmi eux, nous citerons l’appareil qui avait été construit par M. Gentile pour notre service de la Charité. Dérivé du Soxhlet, il en présente les avantages sans en avoir les inconvénients. Cet appareil se compose : 1“ d’un hain-marie en métal étamé avec un porte-bouteilles; de flacons gradués ; 3° d’obturateurs automatiques.

Le bain-marie peut être plus ou moins grand, il contient, suivant ses dimensions, un support pour cinq, pour dix ou pour vingt-cinq bouteilles.

Les flacons, gradués par 25 grammes, sont très solides. Suivant l’âge des enfants on les choisit contenant 50, 100, 150 ou 200 grammes de lait. Le goulot de chaque bouteille offre une surface assez large et bien régulièrement rodée à l’émeri.

Les obturateurs automatiques sont de petits disques de caoutchouc rouge munis sur leur face inférieure d’un appendice central, qui a la forme d’un clou ou mieux d’une pyramide quadrangnlaire à sa base (Voy. tig. 51.)

Pour se servir de l’appareil, on verse dans chaque flacon laquantité de lait jugée nécessaire pour une tétée, sans que cette quantité puisse dépasser le trait de division le plus élevé; on place ensuite un obturateur sur le goulot. Tous les flacons, ainsi préparés, sont mis dans le porte-bouteilles, puis dans la marmite qui contient de l’eau froide (Voy. lig. 52.) Le niveau de l’eau doit affleurer à peu près celui du lait dans les flacons.

La marmite est ensuite recouverte et portée sur un fourneau. La temj)érature de l’eau s’élève pi’ogressivement jusqu’à l’ébullition, qu on

LAIT STKIllUSlî

Fig. SI. — Obturateur en caoutchouc.

A droile : obturateur appliqué sur la bouteille après stérilisation. La dépression centrale indique que le vide existe dans la bouteille.

doit maintenir pendant quarante-cinq minutes. (]ela fait, on enlève le couvercle, on sort le porte- llacons tle l’eau bouillante, et on laisse refroiilir. Du voit alors, dès que la température s'abaisse, les obturateurs s’ap|)liquer fortement sur les goulots tles petites bouteilles et se déprimer à leur centre. La dépression atteint son maximum lorsque les flacons sont froids; elle résulte de la condensation de la vapeur d’eau du lait qui, pendantrébullition, a chassé l’air contenu dans la partie supérieure des flacons. L’obturateur est ainsi tixé par la pression atmosphérique.

L’examen des flacons permet d’avoir facilement des preuves que le vide existe et

que la stérilisation, par conséquent, a été faite. Ces preuves sont :

1“ l’adhérence du disque sur le goulot de la bouteille ; la dépression centrale de l’obturateur ;

l’expérience du marteau d’eau.

Pour faire cette dernière, on renverse la bouteille qu’on doit tenir de la main gauche, pendant qu’avec le bord cubital de la main droite on frappe d’un coup brusque sur le fond ; le liquide se déplace en masse et vient heurter la paroi en produisant un claquement sec.

Lorsqu’on veut donner à l’enfant le lait nécessaire pour une tétée, on plonge une bouteille dans l’eau chaude pour faire tiédir son contenu. Ce résultat obtenu, on soulève un des bords de l’obturateur. Il se détache et l’air rentre dans le flacon en produisant un sifflement particulier. On goiite le lait

[*ig. 32. — Appareil de Gentile.

ALLAITEMENT MIXTE

pour s’assurer qu’il a la lemjiérature xoulue el qu’il a sa saveur ordinaire ; puis ou applique direclemenl le galacLophore ou une léliiie sur le goulol, de la houleille. Celle dernière élan! renversée, la téline est inlroduile dans la bouche de renrant.

Les bouteilles des appareils de Soxhlel el de Genlile doivent être rodées, ce qui en élève le prix; de plus, s’il y a une fêlure, une irrégularité quelconque sur le bord rodé, le disque de caoutchouc ne se fixe pas après le refroidissement; de là un insuccès.

Nous avons cherché s’il n’y aurait pas moyen de supprimer les bouteilles de forme spéciale possédant un goulol rodé, car si on se procure ces dernières plus ou moins rapidement à la ville, elles peuvent n’arri-

Fig. 33.

A, Capuchon en caoutchouc poui' couvrir le goulot des bouteilles. — B, Capuchon en caoutchouc après la stérilisation.

C, Coupe du capuchon et de la bouteille.

ver que difficilement au fond des campagnes et n’être pas aisément remplacées. Nous espérions ainsi parvenir à rendre la stérilisation très peu coûteuse. Pour cela, nous avons fait construire des capuchons de caoutchouc assez semblables, comme forme, aux capsules métalliques appliquées sur certaines bouteilles d’eau minérale. Le fond de ces capuchons est assez résistant et, à leur partie inférieure, l’ouverture est limitée par un épaississement en forme de bague qui doit enserrer le goulot (Voy. fig. 53 A).

Dans une petite bouteille quelconque, une bouteille de pharmacie par exemple, on met du lait jusqu’aux deux tiers ou aux trois quarts de la hauteur, on la recouvre du capuchon de caoutchouc (Voy. tig. 53 B), puis on la place dans le bain-marie. Sous rintluence de la chaleur, la vapeur d'eau soulève le fond de la capsule. Pour éviter que celte dernière saute, 011 a fait deux petites ouvertures à l’emporte-pièce sur la

paroi, en des points voisins dn rond. Lorsqu’on relire la bouteille du bain-marie, le vide se fait dans son inléi’ieur etlacapsnle s’ap|)liqnant sur l’oiiyerlnre iln goulot se trouve-déprimée par laj)ression atmosphérique (Voy. lig. od G).

Ces capuchons onl l’avantage de pouvoir être mis sur n’impoide quelle petite bouteille, mais ils présentent quelques légers inconvénients ; quand on relire les flacons du bain-marie, il est souvent utile de réappliquer exactement avec la main les capsules snrle goulot, alin qu’ils s’adaptent bien sur l’ouverture ; de plus, le vide parfois n’est point parfait, l’air rentre un peu. Cependant la stérilisation est plus que suflisante pour les vingt-quatre heures, car au moment des grandes chaleurs, nous avons vu du lait ainsi préparé rester intact pendant des semaines. Les bouteilles, boucliées de cette façon, peuvent être aisément déplacées.

Cet appareil est très sini})le et peu coûteux ; les flacons étant gradués, on n’y met que la quantité de lait nécessaire pour une tétée.

.Aujourd’hui, un très grand nombre de systèmes, plus ingénieux et plus simples les uns que les autres, sont fabriqués de tous les côtés ; pi’csque tous rendent de très grands services. On est arrivé aussi, grâce à la concurrence, à les vendre très bon marché. On u’a donc plus que l’embaia-as du choix.

Si on ne possède j>as ces ap|)areils spéciaux, on pourra encore procéder difféi’emment, en faisant usage de petites bouteilles ordinaires. .\vant de les emj)loyer, on les lavera à grande eau, puis on les égouttera. Une fois qu’on y aura mis la quantité suffisante de lait, on les

Fig. 54. — Appareil de Budin dans sou ensemble : niarmilc et flacons.

ALLAITEMENT MIXTE

rermcra soiL avec un lainjion d’oiiale inLroduil, dans le goulol, soit avec nii linge lié aiiLonr du col. I.cs (laçons placés dans un snpporl spécial, lin paniec inélalliqne, pac exem])lc, secont inlrodnils dans la marmite et on laissera ce lait ([iiaranle-cinq minutes dans l’eau bouillante, comme nous l’avons dit jilus haut.

Lorsque le coupage du lait aura été jirescrit, c’est avant la stérilisation qu’on ajoutera la quantité d’eau potable nécessaire.

Du lait reste-t-il dans un llacon, il ne faudra point plus tard le donner à l’enfant; il se trouve en effet souillé par les microbes de la bouche, qui ont passé par l’ouverture de la tétine; ces microbes pullulent rapidement dans le lait et l’altèrent.

Tout tlacon vidé doit être immédiatement et soigneusement nettoyé. Pour cela, on fera usage d’eau carbonatée (cristaux, carbonate de soude) ou d’eau savonneuse, qui enlèveront plus facilement les matières grasses; on rincera ensuite à grande eau. Ce nettoyage est très important, car s’il reste un peu de lait dans le llacon, il s’aigrit et peut faire cailler le lait frais qu’oii y verse ensuite.

Le lait stérilisé dans les petites bouteilles devra être utilisé dans les vingt-quatre heures.

Si un ou plusieurs flacons n’ont pas été ouverts, et si on veut les employer le lendemain, on devra de nouveau les mettre au bain-marie elles laisser pendant trois quarts d’heure dans l’eau bouillante. Il ne faut pas aller au delà de celte seconde chauffe.

Lait stérilisé à 110° ou par des chauffages discontinus. — Ces différents procédés ne donnent pas une stérilisation absolue, mais seulement une stérilisation relative. Quand le lait doit être conservé ])lus de vingt-quatre heures avant d’être consommé (lait dit de conserve), il ne doit contenir aucun microbe vivant. On obtient actuellement ce résultat soit par un chauffage discontinu au-dessous de 100°, soit par un chauflàge en une seule fois et suffisamment prolongé à 1 10°.

Les chau liages discontinus sont coûteux et par conséquent peu employés.

Les chauffages à 110" ou aux environs de cette température sont très répandus. Ou vend, en général, le lait dans des flacons qui contiennent soit à peu près un litre, soit à |)eu près un demi-litre. On pré|)are aussi quebjuefois des petites bouteilles, dans lesquelles on no met que la quantité nécessaire pour une létée.

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