à domicile
761 — de femmes sans profession.
Donc 1.953 enfants (le tiers environ) ne pouvaient vivre avec leur mère.
Et combien d’autres villes dans lesquelles la situation des femmes pauvres est analogue !
(( Un tel état social, qui no ])ermet pas à la mère d’allaiter son enfant, est mauvais, avons-nous dit à l’Académie de Médecine ; il est mauvais au point de vue moral, il est mauvais au point de vue de l’intérêt général du })ays. Toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour empêcher les nouveau-nés de mourir, pour empêcher les enfants de succomber dans les premières années de leur existence.
« Comment faire pour y ))arvenir? )>
C’est ce que nous étudierons plus loin (p. 228 et suivantes;.
Chiant aux nouveau-nés, quelques-uns d’entre eux sont dans l’irnpossibilitt'i absolue de ])rendre le sein ; tels sont ceux qui ont des vices de conformation : bec-de-lièvre, jierforation ou tissure de la voûte palatine, gueule-de-louf). Nous avons vu un enfant atteint de paralysie
DU NOUVICA U-NU
faciale périphérique et qui était incapable de téter. D’autres semblent ue pas pouvoir prendre le sein ; le petit-lils d’un de nos collègues île l’Académie était dans ce cas, nous u’avons trouvé chez lui qu’une voûte palatine très excavée. Malgré trois nourrices, qui lui furent données, il ne put jamais faire venir le lait eu quantité suflisante dans sa bouche et refusa tinalement de téter. Ou l’éleva artiliciellement.
D'autres enfants, mais ces cas sont très exceptionnels, ne })euvent tolérer le lait de femme. Nous en avons publié une observation : il s'agissait d’un nouveau-né très beau qui, en venant au monde, le
février 1891), |)Osait i.8Ü0 grammes. On lui donna une bonne nourrice. mais chaipic fois qu’il avait tété, il avait des menaces de syncope. Ou lui donna du lait d’àuessc, il le supporta bien. Quatre jours plus tard, il fut mis au sein d’une seconde nourrice dont l’enfant, comme celui de la jiremière. était su[»erbe ; son lait était très abondant et coulait facilemeut. Au bout de quelques jours, le bébé fut repris des mêmes accidents : ses garde-robes n’étaient plus normales, il pâlissait et avait, au moment des tétées et des digestions, des états demisyncopaux que je constatai avec le D‘' Hamon. On le remit au lait d'ànesse, il le supporta bien pendant trois semaines, mais les digestions devinrent moins bonnes, les |)àleurs el les menaces de syncope reparurent. On eut alors recours au lait de vache stérilisé, qui fut admirablement supporté, el la courbe de croissance de l’enfant fut très belle.
.M. baul Bar a publié récemmeiil, avec beaucoiqi de détails, une intéressante observation du même genre : l’enfant semblait comme empoisonné chaque fois qu'on lui faisait prendre du lait de femme.
Dans toutes ces conditions, on doit recourir à un autre mode de nourriture que le sein ; rallaitemenl artiticiel est donc parfois une nécessité qui s'impose.
Mais cet allaitement artiticiel, il ne faut pas l’oublier, présente des dangers; il fait courir à l’eufant beaucoup plus de risques que l’allaitement au sein. Si on examine la ligure qui douiie la mortalité de zéro à un au, par diarrhée, à l’aris, eu 1898 (^oy. lig. (30), on y voit deux variétés de colonnes, les plus basses représentent la mortalité par diarrhée des enfants au sein ; les plus hautes, celle des enfants an biberon. Du 14 au '21 août, par exemple, o50 ont été emportés par la diarrhée ; o7 ont été inscrits comme nourris au sein, les autres, 498, étaient élevés au biberon. Ou ue doit donc considérer rallailernenl artiticiel que comme un pis aller.
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AU-A I TKMEiN T A U I' I F I < ; I K L
Tons les ailleurs sonl du i-esle d’accord sur les dangers qu’il l'ail, courir.
.M. le 1)*' Panel (de Houeii) rapporle une slalislique des cul'anls du dispensaire qu’il dirige, c'esl-à-dii'c de ceux aj)|»arleuanl à la jiopulalion la plus pauvre de la ville, hdlc s’éleml de 1900 à 190o exclusi-
vemenl el porte sur 550 nourrissons; 57 ]». 100 étaient élevés au sein 7,4 p. 100 à rallaiterneut mixte et 55,0 p. 100 au hiberon.
La mortalité fut de 7,0[).100 poui" les eurantsau sein,
— — ^0 — — à l’allailemeut mixte,
55,0 — — au l)il)eron.
lai mortalité lut doue environ cinq lois plus considéralile pour les enrants allaités artiliciellemenl que pour ceux nourris au sein. (\o\. lig. 01.)
Le professeur (’-liarles (de Liège) el sou assislaul, le h' Lambiiion.
Dr ^■0L'VEAL^N1■:
oui donné la slalisUqno snivaiilc. Pour un total de i.llT enfants qui ont suivi la Consultation de nouiTissons du 1^‘‘ seplemLre 1901 au dl décembre 1905, il y eut poui-
l .0 14 enfanls élevés au sein, odécès, mortalité 0,-yip.i00;
:2i- — à rallaitement mixte 2 — 8,75;
79 — au biberon 11 — 12,05;
« Il résulte, disent-ils, de cetex[)Osé que rallaüemenl mixte a donné 19 fois })1lis de décès que l’allaitement maternel et rallaitement artiliciel 28 fois davantage. » (Voy. lig. 02. i
,M.M. Blin et Blin (d’Elbenf) ont obtenu des résultats analogues. (Voy. p. 272 et fig. 109.;
Aussi -M. le !>’ Variot, dans une conférence faite en 1902 à la Sorbonne au nom do la Ligue contre la Mortalité infantile, a-t-il jui dire; « Si les mères savaient conune la vie d’un nouveau-né est fragile, quelles difficultés nous avons, surtout à Paris, à élever un enfant au biberon dans les premiers mois, quels risques elles lui fout courir, toutes voudraient lui donner le sein. » Et, en terminant il s’est écrié : « .le n’ajouterai que deux mots : c’est que les mères qui i-efusent le sein à leurs enfants, surtout |)eudant les deux pi-emiers mois de la vie, et qui les soumettent dès la naissanee à rallaitement artificiel exclusif, les ex|)Oseiit à de plus grands risques de mort que n’en court un soldat sur le cbamp de bataille .»
C’est surtout pendant les [)rcmiers mois que l’allaitement artiliciel donne de médiocres, de mauvais résultats; plus lard, au contraire, si le lube digestif n’a pas été malade, s’il est en bon étal, si on évite de commettre des fautes, l’enfant le supporte mieux et même bien.
<Jn peut avoir recours, comme pour l’allailcmenl mixte, aux divers laits d’àuesse, de chèvre ou de vache. C’est ce dernier surtout, qui est généralement utilisé. Aous avons dit (Voy. j). 12C à 142) quelles (jualités il devait avoir el quelles précautions il fallait ])rendrc, afin (|u’il tut inotfensif.
Aoiis avons lojigtemps employé le lait pur; cela facilite beaucoup, eu prati({ue, l'usage du lait stérilisé.
.\u lieu d’etre obligé de faii-e des coui)agcs di\ers, contenaut |)lus ou moins d'eau sui\ant l’àge des enfants, le même lait est délivré aux nourrissons de, trois, six, dix mois. La simplitication est grande j)Our les mères, elle est surtout imj)orlanle pour notre Coiisullalion et
ALLAITEMENT AUTIEICIEL
lüü
pour les crèches. Les eiifanls y sont dïiges didrreiüs, on ])eid dès lors sii|)poscr combien sérail comprK[iiéc la pré|)ai‘alion d’nn lait conlenanl line (juanlilé d’ean qui vai-ierail avec (diacim d’eiix.
J. a siir|)rise a jmrn grande, quand nous avons annoncé que nous donnions du lail de vache pui-, bien que celle praliqiie enl déjà élé conseillée [)ar quelques médecins. On a déclaré, en elfel, fjue dans les j)remiers mois de la vie, renfanl ne le supporlail pas, ne le digérail [>as, el que cela délerminail chez lui des Iroubles digeslifs, qui se compliquaienl de gros ventre, d’urlicaire, d’eczéma, de rachilisme, elc... Nous n’avons rien observé de semblable. Il est vrai que les enfants, (|ue nous surveillons et qui sont sortis de notre service bien portants, ne sont plus tout à fait des nouveau-nés ; le lait que nous donne l’Adminislralion de rAssislance publique a une composition moyenne, il contient 38 grammes de beurre. C’est avec lui que nous avons obtenu de si bons résultats; un lait trop fort serait certainement moins bien digéré. Cependant, il n’y a rien d’absolu, ainsi que nous l'avons écrit en 189L.
« Nous nous garderons bien d’aflirmer, disions-nous déjà, que dans les premiers mois de la vie, le lait devra toujours, invariablement, être administré non mélangé d’eau. De même qu’on voit des enfants ne ])as supporler certains laits de femme trop nourrissants, de même ils |)Ourront ne pas tolérer certains laits de vache trop chargés en beurre ou en caséine.
« Le lait de vache n’a, du reste, pas une composition constante, il varie suivant la race, suivant l’alimentation, etc.
L’enfant lui-même peut être bien portant ou malaile ; dans le premier cas, son tube digestif fonctionne bien ; dans le second, comme chez l’adulte du reste, il a besoin d’être ménagé. Il n’y a donc pas de règle absolue et il pourra être bon, dans certaines conditions, laulôl de donner du lait avec une plus ou moins grande quantité d’eau simple, tantôt d’y ajouter de l’eau de chaux ou de l’eau de Vichy, lantôl <le faire prendi-e de la pepsine, etc.
« C’est le médecin qui, à l’aide d’une observation attentive, ])Ourra régler ces différents jioinls. »
Nous n’avons rien à modifier aux réserves que nous avons faites il y a douze années. Beaucoup de nos confrères, du reste, et des plus autorisés, sont aussi |)artisans du lait pur.
Tout réf-ernineut encore, M. le 1)'' Aussef, de Lille, jiarlani du lail
DU NOUVEAU-NE
aisémcnl (jiie j'ai absoliimenl aliandonnc les coupages que je conseillais aulrefois peiulaul les trois ou quatre premiers mois
L'opin'ioii de lieaucoup de médecins est donc qu’on peut recourir au lait pur; mais des réserves sont faites pour les deux ou trois premiers mois. A cette époque de la vie, en effet, les tissus de l’organisme infantile contiennent une notable quantité d’eau ; en ajouter au lait de vache ne serait certainement pas nuisible; mais pour remplacer le lieurre qui, par suite se trouve en proportion insuffisante, on peut recourir au sucre, qui est soluble dans le lait et facilement assimilable par le tube digestif.
Etudions donc l’allaitement artificiel employé tout à fait au début de la vie, nous parlerons ensuite de cet allaitement pratiqué après les premiers mois.
A. Allcdlement artificiel dans les deux ou trois premiers mois. — Nous ne pouvons encore, nous le déclarons sincèrement, indiquer, d’après notre expérience personnelle, quelle est la meilleure conduite à tenir pour l’allaitement artificiel au début. Si, dans nos Consultations, nous observons un très grand nombre d’enfants nourris au sein, nous n’en voyons que peu élevés artificiellement dans les premières semaines. Résumons d’abord ce qui est recommandé par quelques auteurs, puis nous dirons comment nous avons essayé de procéder jusqu’ici.
« Cuand l’enfant est allaité artificiellement dès sa naissance, dit Comby, il est rare qu’il digère bien et du premier coup le lait de vache qu’on lui donne. Pour faciliter la digestion de ce lait, on se voit obligé de le couper, de l’étendre d’eau, dans une proportion variable, suivant Page de l’enfant. Plus l’enfant est jeune, plus la quantité d’eau de coupage doit être grande. Cette eau sera préalablement stérilisée ou bouillie ; on l’additionnera d’une petite quantité de sucre ordinaire ou de sucre de lait. Les chiffres suivants sont à retenir pour les coupages :
La [)roportion de sucre à ajouter sera d’un petit morceau de f à
mois
1/!2 lait \j'lL eau
1 i li I pur.
Bijdi.n. — Allaitement.
5 grammes. Oiiaml on eonpe le lail, on se servira d’eau sucrée à n I*. 100. »
.Marfan indique, dans le tableau suivant, les (|iiantités qu’il conseille \ dans les premiers mois. i
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TADLEAU DE l’aLLAITEMENT AUTIFICIEL AVEC LE LAIT DE VAGUE ’
ADDlTtONNÉ d’eAU BOUILLIE SUCREE (d'' MARFAn) :
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