‹ Manuel pratique d'allaitementChapitre 43 sur 80 · ALI.AITEME.NT ARTIFICIEL · texte numérisé non relu

ALI.AITEME.NT ARTIFICIEL

L(> 8 mai, il jiesail TÎ.UOO grainines, il avait (loue, dimiiiué <lc ()0 i^rainmes. Comme son liibe digestif foiietiomiait très bien, que la santé générale nous semblail Irès bonne, nous pensâmes que la quantité de lait était légèrement insuflisante ; nous donnâmes neuf bouteilles de aO grammes c’est-à-dii‘e ioO gi'ammes.

Le 15 mai, l’enfant pesait 5. M8Ü giTiinmes; il avait doue augmenté de 590 grammes en une semaine, e’est-à-dire de 55 grammes par jour.

La inéme quantité de lait, i5ü grammes seulement, fut continuée pendant deux mois et demi, jusqu’au 31 juillet. L’enfant, du 17 au 'H't, avait ou ([uelques troubles digestifs, des garde-robes mal digérées et un peu de diarrhée. Du benzo-naplitol lui fut donné et le juillet, un peu de calomel; tous les accidents cessèrent : de 4.070 le 17 juillet, son poids était tombé à 1.050 le ï24, et à 4.580 le ''11 .

Le 31 juillet, l’enfant avait regagné 4.700 grammes, c’est-à-dire qu'il avait repris 120 grammes en quatre jours.

Comme il criait à chaque tétée et paraissait ne pas a\oir assez do lait, on lui donna neuf bouteilles de 75 grammes, c’est-à-dire 075 grammes de lait; il augmenta de 250 grammes dans la semaine.

Vers la lin du mois d’aoùt, le 21, il pesait 5.140 grammes et ne s'était accru que de 00 grammes dans la semaine, c’est-à-dire 8'’'', 5 en moyenne par jour, on lui donna 750 grammes de lait; le 28 août, il pesait 5.500 grammes; il avait donc gagné 300 grammes ou 51 grammes |)ar jour.

Le 30 octobre, on lui donna 900 grammes de lail; le 29 janvier, sa mère, en se servant du lait qu’on lui donnait, lui lit une soupe avec de la pbosphatine Falières, et on voit que l’enfant augmenta de 290 grammes dans la semaine qui suivit.

Le 20 février, il reçut 1.000 grammes de lait. Si ou examine attentivement cette courbe qui, sur la ligure 04, a suivi presque constamment la normale, on voit que lapi emière (luanlitéde lait, 4-00 grammes, n'est pas assez forte ; dès qu’on a donné suflisammenl àl'enfant, ils’esl accni de 390 grammes en une semaine.

Nous avons augmenté progressivement et lentement les quantités de lait (juand nous constations ((ue le nourrisson ne s’accroissait pas assez, bien (pie le tube digestif fût en bon état. Après chaque augmentation défait, nous voyions la courbe s’élever l)rusquemenl.

La courbe suivante (\ oy. lig. 00) est celle d’un garçon né en ville, ,1. .M..., le février 1898, il pesait 3.150 grammes.

AU.AITRMKNT ARTIFICIEL

Il lïil, (ral)orcl élevé avec du lail crfinesse el pai* une nourrice. Mais celle deniière perdit son lait et, pendant une absence de trois semaines (pie je lis, renfant l'nl mis an lait stérilisé, malgré tons les conseils contraires (pie j’avais donnés.

Le *2 mars, il jiesait 4.070 grammes; on lui donna 400 grammes de lait de vache. La courbe de cet enfant est régulièrement ascendante et supérieure à la normale, il n'ent jamais de troubles digestifs.

Le 21) mars, il reçut 480 gr. de lait, son poids était de 4 675 gr.

Le 18 avril,

Le 6 mai, -

Le 16 mai,

Le 6 juin,

Cet enfant avait une nourrice sèche extrêmement intelligente et assez obéissante. On ne peut se figurer la peine que j’ai eue à l’empêcher de donner trop de lait à l’enfant. A chaque instant, elle prétendait ([ii’il n’avait pas assez, qu’il n’augmentait pas suflisamment et elle voulait que je lui accordasse davantage. Comme je suivais, semaine par semaine, la courbe qui était toujours supérieure à la moyenne, je résistais de mon mieux et ne cédais que quand cela était nécessaire.

Le lait donné à cet enfant était un excellent lait, contenant 40 ou 41 grammes de beurre, ainsi que l’analyse nous l’a montré plusieurs fois ; il est remarquable de voir combien le nourrisson prenait relativement ])eu.

On lui donna : 480 grammes, quand il jiesait environ 4.800 grammes.

— o'iO - — 5.400 —

En réalité, la quantité qu’il absorbait correspondait à peu près au dixième de son poids total.

La nourrice Leg... est accouchée à la Maternité le 15 décembre 1897 ; son enfant pesait 2.750 grammes; il avait atteint à sa sortie, le* 25 décembre, 5.050 grammes. Elle l’envoya en nourrice en ])rovince. Le 8 juillet 1898, elle vint la jiremière fois à notre consultation nous ramener son bébé ; elle était allée le voir et l’avait trouvé en lorl mauvais état ; il était nourri avec des légumes, des- soupes, de la viande même; il avait des troubles digestifs, la ligure et le corps amaigris, le

MUgiiii'iitc lu.i iiuanlilii's siiivaiil Iüs imlicalions l'oumicrf i)ai' sa i.'oui'lje ; il s'acci'oil considiM'aliletiii'iil .

Iii:i)i.\. — Allailcmuiil .

ALLAITEMENT AUTIFICIEL

leinl grisàli'c. Il ])esail 5.G50 grammes; en six mois et demi, en cenl qnaLre-vingt-quinze jours, il n’avail augmenté que de 2.G00 grammes, e’esl-à-dire de 13'=’‘'5 seulement par jour. (Voy. lig. G7.)

Nous lui prescrivîmes, étant donné son poids, huit bouteilles de 7o grammes, c’est-à-dire GOÜ grammes de lait; le 15 juillet, il pesait 5.870 grammes, il avait augmenté de '220 grammes, c’est-à-dire de par jour.

L’accroissement continua si bien que, le 19 août, il jiesail G. 820 grammes, il avait augmenté de 1.170 grammes en quarante-deux jours, c'est-à-dire de 28 grammes par jour.

La mère partit pour passer un mois à la camjiagne ; elle ne devail toujours lui donner que huit bouteilles de 75 grammes. Oue lit-elle exactement? Ouand elle ramena l’enfant le 23 septembre, il avait eu, disait-elle, de la diarrhée depuis son départ ; il pesait 7.300 grammes, il n’avait augmenté que de 480 grammes en trente-cinq jours, c’est-àdire de par jour.

Le 23 septembre, on ne lui donna exactement que huit bouteilles de 75 grammes, c’est-à-dire GOO grammes de lait. Le 30 septembre, ses troubles digestifs avaient totalement disparu, mais il ne pesait j)lus que 7.030 grammes, il avait diminué de 270 grammes. La quantité de lait, GOO grammes pour un enfant de 7.030 grammes, était insuflisante ; nous donnâmes neuf bouteilles de 75 grammes, c'est-à-dire G75 grammes.

Le 7 octobre, il avait augmenté de 180 grammes en une semaine, et le 14 octobre de 290 grammes; il pesait aloi's 7.560 grammes. 11 s’accrut ainsi jusqu’au 11 novembre. Du 11 au 18, il diminua de 70 grammes; mais cet enfant, qui pesait 8.120 grammes, ne prenait que G75 grammes de lait; ce n’était plus assez, on lui donna huit bouteilles de 100 grammes. Sur la courbe, on le voit repartir. Le 9 décembre on lui donna 900 grammes. Le 23 décembre, on lui lit une soupe en utilisant son lait. Il eut, à la fin du mois de décembre et au commencement de janvieiq une bronchite pendant laquelle il diminua de poids ; comme, élant soulfrant, il ne prenait pas tout son lait, on ne lui en donna plus que 800 grammes par jour ; il se mit à augmenter très rapidement avec cette seule quantité.

Le 10 février, il diminuait de 70 grammes : avec un j)oids de 9.330 grammes, il ne j)i‘cnait alors que 800 grammes de lait et une sou|)e; c’était insuflisant. On lui donna neuf bouteilles de 100 grammes,

Dr NOi: VKA[i-NE

c'osl-ù-ilii’e 900 gminnies de lait stérilisé, et l’accroissement continua. La courbe de cet enfant qui, pendant qu’il était en nourrice, était restée très in('érieui-e à la moyenne avait, en s’élevant progi'essivement, regag’ué sa courbe normale.

En résumé, pour les enfants pesant de 5 à 6 kilos, nous donnons environ le dixième du poids du corps, ou 100 grammes par kilo, comme dit plus volontiers Maurel, d’ux lait de vache cOiXtënant de 38 à iO gr.\m- MES DE BEURRE. Tel est Ic résultat auquel nous a conduit l’observation clinique de faits nombreux.

Comme on le volt par les observations publiées ci-dessus, nous n'augmentons les quantités de lait que progressivement. Si on constate que, pendant une semaine ou deux, l’enfant reste stationnaire ou diminue, s’il n’existe aucun état physiologique ou pathologique qui ])errnette d’expliquer son défaut d’accroissement (évolution dentaire, bronchite, grippe, etc.), si eu outre ses garde-robes ont la consistance et la couleur normales, mais sont moins abondantes, si entin il dort moins bien, il est probable qu’il n’est pas assez nourri. Qu’on lui donne un peu plus et il augmentera très rapidement de poids. Cette méthode, qui a été appelée méthode de tâtonnements^ est donc analogue à celle à laquelle nous avons recours pour rallaiternent mixte. Il nous semblerait beaucoup plus juste de la désigner du nom de méthode d'augmentations successives. En effet, le mot tâtonnement laisse soupçonner des oscillations qui n’existent pas en réalité ; nous donnons la ration minimum exigée par le poids de l’enfant, ration que nous augmentons au fur età mesure que les besoins l’exigent.

'l'elle est notre ligne tle conduite pendant la jiremiêre année. Ihins les deux ou trois derniers mois, nous recommandons souvent d’ajoutei' au lait un jieu de farine pour faire des soupes légères. En [irocédant de la sorte, nous donnons, nos courbes le prouvent surabondamment. des quantités suflisantes, et quand arrivent les chaleurs de l’été, nous ésitons aux enfants les diarrhées qui peuvent être dues non seulemenl aux microbes, mais encore, comme l’ont démontré les (ïxpériences du jirofesseur Maurel (de Toulouse), à l’administration de troj) grandes quantités delail.

Ilappclons encore ([ue le lait dont nous faisons usage renferme 38 grammes de beurre eu moyenne, llécemmeut, un de nos anciens

élèves, qui dirige avec une grande altenlion une ConsuUalion de nourrissons, le ])'■ Vildermann, nous déclarait ([u’en donnant les quantités indiquées par nous, les enfants de son quartier n’augmentaient ])as suffisamment; il était obligé d’en accorder davantage. Nous le priâmes de se livrer à une enquête très sévère sur la nature du liquide qui lui était fourni. 11 le fit examiner par le Laboratoire municipal : il ne contenait que 23 à 24 grammes de beurre par litre : il était privé d’une grande partie de sa matière nutritive la plus importante.

Malgré tous les succès dus au lait stérilisé, on ne doit pas oublier que l’allaitement au sein de la mère est de beaucoup supérieur. Nous n’avons cessé de le dire et nous ne saurions trop le répéter : c’est le lait de la mère ou celui d’une bonne nourrice qui doit être préféré; c’est lui qui est le mieux digéré et qui fait courir le moins de risques.

Que la stérilisation ait été mal faite, qu’une bouteille débouchée ait été laissée pendant quelque temps en vidange, que le lait de vache ait été de mauvaise qualité, etc..., des accidents pourront survenir, accidents qui, surtout pendant les chaleurs de l’été, auront, parfois très rapidement, une extrême gravité.

La moindre erreur, la plus petite négligence permettent aux germes de pénétrer dans le lait, qui devient alors dangereux. Lorsque l’enfant, au contraire, prend directement le sein, il n’est pas toujours sûr d’y trouver un lait parfait, mais il y puise toutau moins un lait stérile, qui ne lui donnera pas le choléra infantile.

Si l’on est absolument obligé de recourir au lait de vache, soit pour l’allaitement mixte, soit pour l’allaitement artificiel, il faudra : 1" s’assurer qu’il est de bonne qualité ; 2° le faire stériliser ; 3° éviter avec soin toute suralimentation. Aussi les petites bouteilles stérilisées et graduées, ne contenant que la quantité nécessaire pour uii repas, rendent-elles de grands services : on évite, grâce â elles, toute surchage alimentaire, non seulement pendant les vingt-quatre heures, mais encore après chaque repas.

Il est une question très controversée â l’heure actuelle, c’est ta suivante : faut-il faire usage de lait stérilisé â la maison ou â l’hôpital ? Doit-on préférer le lait stérilisé du commerce ou lait dit de conserve ?

üü N0UVEAU-N1-:

Nous employons le premier, d’aulres ne veulent accepter que le second ; quel parti prendre ?

Dans nos dilTérentes publications, nous n’avons jamais conseillé l'un de ces laits à l’exclusion de l’autre. Dans le rapport fait à la Commission des crèches, par exemple, nous avons écrit : « Quand l’enfant n'est pas nourri au sein, c'est du lait stérilisé qui doit lui être donné, que ce lait soit stérilisé en petites bouteilles ou qu’il ait été stérilisé industriellement. » Dans la PraliCjue des accouchemenls à l'usage des sages-femmes^ nous avons indiqué et la manière de stériliser le lait à domicile et celle d’utiliser le lait du commerce. Nous sommes donc très à notre aise pour parler de ces deux laits. Au début, à la Charité, en 1801, nous avons fait usage du lait de conserve; mais à la suite de quelques accidents graves, nous avons pris le parti de faire stériliser le lait à l’hôpital, suivant le procédé de Soxblet.

Quand il a été laissé pendant quarante-cinq minutes dans l’eau bouillante, ses microbes pathogènes sont détruits; parprudence, il doitêtreutilisé pendant les vingt-quatre heures qui suivent et il a un goût généralement agréable. Comme il se trouve dans des petites bouteilles, qui ne contiennent que la quantité nécessaire pour une tétée, on évite très facilement la suralimentation et pour chaque repas et pour toute la journée.

Mais celait, dit-on, contient des toxines; n’ayant pas été stérilisé immédiatement après la traite, les microbes qu’il renfermait en onl produit qui, restées dans le lait, sont très dangereuses pour les enfants. Au début, en 1892 et en 1893, nous n’étions pas sans avoir quelques inquiétudes, mais comme jamais nous n’avons vu d’accidents survenir avec le lait bien préparé et comme voilà quatorze années que nous en faisons usage, nous nous demandons si les craintes exprimées sont réellementjustiliées. Personne n’a jamais isolé ces toxines; ne seraientelles ])as détruites par la chaleur ? Théoriquement, l’hypothèse de leur existence dans le lait stérilisé peut être formulée, mais prati- (fuement, leur présence et leur action nuisible n’ont pas été démontrées.

Le lait stérilisé du commerce ou lait de conserve ne contiendrait |)as, lui, de ces loxines, parce qu’il a du être stérilisé aussitôt après la traite, ce qui n’est pas toujours fait, tant s’en faut; en tout cas poui‘ ce lait, comme pour le précédent, la chaleur a pu les détruire.

A L I. A I T R M E N T A IITI F 1 C I !■: E

11 faul loujours goûter ce lait du commerce quand ou l'emploie, car une bouteille peu! être altérée; il y a eu des accidents, mais il raut bien savoir ([ne, grâce au perreclionnement des procédés indusli'iels, les altérations deviennent de plus en |)lus rares, excej)lionnelles.

Au bout d’un certain temps, le goût du lait de conserve se modifie; mais cela n’a pas d’inconvénient pour les nourrissons qui le prennent très l)ien. 11 serait bon que la date de stérilisation lut loujours marquée sur le boLicbon.

Le lait de conserve est généralement contenu dans de grandes bouteilles; il est plus difficile, dans ces conditions, d’obtenir des mères et des nourrices qu’elles ne donnent qu’une quantité nettement déterminée pouj‘ chaque tétée ; on évite donc moins aisément la suralimentation.

Au bout d’un certain temps, il se forme à la partie supérieure des bouleilles des masses solides qui contiennent des substances grasses: il faut chauffer, pour les faire fondre ; du beurre liquide surnage alors, qui peut déterminer des troubles digestifs.

Enfin, quand une bouteille est ouverte, on doit, surtout pendant l’été, éviter de la laisser en vidange.

Chacun de ces laits, lait stérilisé à domicile, lait stérilisé du commerce ou de conserve, a donc ses avantages et ses inconvénients.

Le lait pur, non stérilisé, vendu au public est généralement déclaré de mauvaise qualité. Cela est loin d’être toujours exact ; dans les villages et dans les petites villes, il est généralement bon. Celui qui est livré aux hôpitaux de Paris et qui a été pasteurisé après la traite contient 38 grammes de beurre par litre. Depuis la campagne qui a été récemment faite, nous voyons des femmes de notre Consultation de nourrissons nous apporter du lait qu’elles achètent dans leur quartier; nous en faisons faire l’analyse et il est presque toujours de bonne qualité.

Les Jjaüerïes pidlanllimplques ^ créées à Paris en 1901 , par le D'’llenri de Rotbschild, approvisionnent la population ouvrière d'excellent lait à bon marclié; il en est de même, depuis quelques mois, de Y Œuvra Sociale du lion J Mil.

La stérilisalion à domicile est simple à pratiquer, quoi ([u'on en ait dit; elle se fait très bien dans les familles aisées ; quant aux femmes du

l.AIT ClUJ K T LAIT PASTEURISE

[)cu|)le, qui habilenl loin de notre hôpital, nous les voyons stériliser leur lait avec grand succès.

Opcpdant j)Our les collectivités, dans les crèclies, dans les hôpitaux, Fusage du lait de conserve est plus facile et les bouteilles ne restent pas en vidange. De même, dans les Consultations où les enfants allaités artiliciellement sont très nombreux, les petites bouteilles délivrées en nombre égal aux tétées pour chaque nourrisson nécessiteraient un travail de préparation compliqué.

Personnellement nous avons du bon lait à Chôpital et nous ne voyons jamais survenir d’accidents; nous pouvons, grâce auxpetites bouteilles, donner juste ce qu’il faut aux enfants, et de la sorte éviter toute suralimentation. Nous obtenons donc des observations très exactes, qui ont la valeur de véritables expériences, et cela nous paraît très important au pointde vue des recherches scientifiques. Nous avons les courbes de tous nos enfants et rien n'est plus facile que d’indiquer sur elles les quantités de lait qui ont été prises. Puisque nous avons de la sorte des résultats parfaits, nous conservons notre manière de faire et nous la recommandons.

Lait cru et lait pasteurisé. — Du reste d’autres questions ont été récemment posées. Ne faudrait-il pas préférer au lait stérilisé lait cru ou le lait pa.steiirisé à 70 ou To”?

L’allaitement artificiel, nous l’avons vu, fait courir des risques, surtout pendant les premiers mois, aux enfants qui y sont soumis. En dehors de ces risques, les auteurs ont fait remarquer, depuis longtemps que. « pendant les (juatre premiers mois, l’enfant nourri avec le lait de vache s’accroît moins que l'enfant nourri au sein. On voit aussi qu’en revanche, une fois les organes habitués à ce lait, c’est-à-dire à partir du cinquième mois, le môme enfant s’accroît plus que celui qui prend le sein d'une nonnéce. Donc, si le lait de vache doit être déconseillé pour le nouveau-né, il qieut néanmoins être utile ([uand l’enfaiit est âgé de (|uel([ues mois » (Tarnier). Et plus récemment, Ernst Moro a écrit: « Earnerer et llcubner ont pu démontrer que le nourrisson au sein fait preuve, dans les six premiers mois de sa vie, d'une bien plus grande intensité de croissance et d’une plus forte augmentation de poids ([ue le nounasson soumis à une alimentation artificielle, (|uoi(iue ce derniei' rcM'oive à |)eu près la môme (juantité de calories sous forme de lait de vaclie ; dès lors, comment expli(|uer cette mauvaise utilisation

ALLAITE.MKNT A UT IF) Cl El.

(lo. raloric8 clic/, rcnran I, soumis à rallaiLcmcuL ai'tiliciel, sinon par le travail digoslirol les échanges inLerrnédiaires? »

(le (jiii rendrait le lait de vache moins digeslilile, c'est ([ne, stérilisé j)ar laclialeurà l()()'’on an delà, il ])erdrait les dinérents fcrnnmls solubles ([ii’il contient an moment de la traite; telle est rhvj)otlièse formulée il y a ([tiekjues années. S’il en est ainsi, il faudrait préférer le lait cm, comme le conseillent [dnsienrs auteurs, ou recourir à la pasteurisation; en ne portant le lait ([u’à 70 ou (SO'’, cette tempéi-jiture serait suflisante pour tuer les microbes pathogènes et elle n’altérerait pas ou n’altérerait ([ue très peu les ferments du lait.

Le D‘’Ausset, grâce à l’emploi d’un verre spécial (jui ne casse pas ([uand, en le sortant de l’eau bouillante, on le plonge dans l'eau glacée, peut obtenir le refroidissement rapide d'un lait (jiii vient d’être trait asepli([uement et pasteurisé dans de petits llacons. Le lait lui a donné, à Saint-Lol-sur-Mer, de bons résultats chez les enfants nourris au

biberon .

Sans doule, la ([uestion des ferments solubles du lait est importante et il semble (|ue la stérilisation les anéantisse ; mais la cbaleiir n’agitelle pas aussi pour détruire les ferments solubles existant dans les aliments ([Lie prennent les adultes? Les ferments pepsic[ue, amylolyti([ue, lrypsi([ue, etc., n’existent-ils donc pas en plus ou moins gi’ande abondance dans le tube digestif de l’enfant et ne peuvent-ils pas suppléer à l’absence de ferments dans le lait?

(Jue doit-on |)enser du lu.H cru ou du lait pas leu risë employés [lour l'alimejitation des nourrissons?

Lait cru. — Il est possible (|ue, s’il est administi’é immédiatement a|)i‘ès la traite, ce lait soit plus facilement digéré, surtout si l'enfant est bien portant el n’a jamais présenté de troubles digestifs. .Mais il ne faut pas oublier que, s’il n’a pas été recueilli sur des vaches indemnes de tuberculose et dans des conditions d’asepsie absolue, ce lait peut contenir des germes pathogènes ti*ès dangereux [)our le nourrisson. A moins donc d’être dans ces conditions s[)éciales, exceptionnelles, comme celles, [)ai’ exem|>le, dans lesquelles se trouve le l)‘' llaimoudi à la l’ouponnière de Porchefontaine, ou fera bien de ne |)as y avoir recours.

De [)lus, pendant l’été, dès que les chaleui’S commencent à irgner, il risque de s’altérer rapidement el de devenir ti-ès dangereux.

Iai clini([ue démontre aussi que, dans les cas où l’enfant a été atteint de ti’oubles digestifs, ce lait quoiqu’on fasse, quelques précautions qu’on

LAIT eu II HT I.AIT l' A ST K U U I SL

jM-eiiiie |)Oiir ([u’il ii’y ail pas suralimentalion, peut ne pas réussir, tandis ([lie le lait de rernme sera racdlement assimilé.

Voici, prise parmi plusieurs aulres, une observation absolument concluante.

Ibilant né le lo août 1904: il ])èse 4.050 grammes. Il est d'abord nourri an sein par sa mère, les tétées sont complétées avec nn peu de lait stérilisé. Les garde-robes ne sont pas bonnes: à partir dn ll2 septembre elles deviennent verles et l’enfant n’augmente pour ainsi dire [lins. On prend une nourrice le 5 octobre et on continue à soigner le tube digestif. A partir du 15 octobre, l’enfant s’accroît de nouveau, mais les selles sont toujoui'S médiocres ; le l2l novembre elles sont vertes et glaireuses ; le 5 décembre, à la suite de tétées beaucoup troj) abondantes, il survient de la fièvre et la température s’élève à 40°; l’enfant est mis à la diète hydrique par son médecin et on lui fait des lavages de l'intestin; le l;2 décembre on constate qu’il a diminué de 400 grammes (Voy. lig. (38). Le lait de la nourrice étant devenu moins abondant, on complète les tétées avec du lait d’ànesse. Il y a une nouvelle poussée d’entérite et de fièvre dul2() an 30 décembre. La nourrice est supprimée, le médecin ne faitprendre que du lait d’ànesse auquel on ajoute peu à peu du lait de vache cru : le 7 janvier on donne 300 grammes de lait d’ànesse et iOO grammes de lait de vache cm ; le :29 janvier, 70 grammes de lait d’ànesse et 350 grammes de lait de vache cru; le 9 février, 480 grammes de lait de vache cru. .Malgré tous ces essais les garde-robes sont mauvaises, fétides, d’une couleur gris blanchâtre et de consistance mastic. Le 18 février on essaie le lait stérilisé et les selles semblent moins bonnes encore.

L’enfant avait atteint 5.545 grammes le i28 novembre, il était tombé à 5.145 grammes le 8 décembre et, malgré toutes les tentatives d’allaitement avec le lait d’ànesse, le lait de vache cru et stérilisé, il était resté au même poids puisque, le '21 février 1905 il ne pesait que 5.150 grammes.

rr

Il me sembla (jue tous ces essais avaient été suffisamment prolongés et malbeureux; je choisis une excellente nourrice et je décidai la famille à la prendre le '24 février. L’assimilation du lait se fit immédiatement et l'accroissement survint, même considérable, puisque du 27 février au G mars, il fut de 315 grammes ; du G mars au 13 mars, de 255 gi'ammcs et du 13 au 20 mars de 380 grammes. Dans ces intervalles deux dents étaient sorties, le 1 et le 7 mars. L’enfant

ALLAITKMKNT ARTIFICIEL

ti-ans|)Oi‘lc à la campagne, dans le Midi, au voisinage dn hoi'd de la mec, le 11 mars, enl des garde-robes loul à fait normales. Sur la ligure ()T, on voit que, à un |)latean qui avait duré on/e semaines.

Fis- G8-

succède aussitôt a|)rôs l’arrivée de la nourrice une ligne rapidemenl ascendante qui regagne la courbe normale et la dépasse bientôt de beaucoup, il l'allait surtout lutter contre la nourrice qui donnait trop: on constate en ellet (jiie, au commencement d’aoiit 1905, la surali-

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