AUMKNTATION PENDANT LA SECONDE ANNÉE
10.500 grammes el ne prenait que 0^5 grammes de lait, y compiâs les deux bouillies.
Les accidents avaient été tels que de 11 kilos l’enfant était tombé à
8.500 grammes ; il avait par conséquent diminué de cinq livres.
.\ous n’avons vu aucun cas de ce genre à notre Consultîdion de
Fig. 82. — Courbe d'un ciil'unl pemlant la secoiulo aniioo. Accidcnls graves dus à la
.suralimentation. Guérison.
-nourrissons sur les centaines d’enlants que nous y avons suivis ; mais nous en avons observé plusieurs en dehors de riiôpital.
Jusqu’à vingt-quatre mois, époque où les enfants quittent notre 'Consultalion, nous ne donnons que du lait et des soupes faites avec du lait. Le bouillon cstjicu nourrissant jiarlui-méme, puisque 1.000 grammes de ce liquide équivalent à 100 grammes de lait. Nous n’en donnons |)as. 11 en est de môme du jus de viande, auquel on accordeà tort une si grande \aleur ; on l’a vu par la table du l)’’ Maurel, il ne fournil que 55 calories par 100 grammes ; il faudrail en faire pren-
ALIMKNTATKJN PENDANT l.A SECONDE ANNÉE
(lrc2Ii' grammes pour obi, cuir les 75 calories qui coi'respoiidciil à 100 grammes de lait ; nous ne le recommandons donc pas. J)u reste ces substances, bouillon et jus de viande, ont d’aulres inconvénients ; elles déterminent parfois des garde-robes fétides et, surtout, elles dégoûtent les enfants du lait qu’ils ne veulent plus boire. On ne sait plus comment les alimenter. Nous ne conseillons môme pas les œid's, ce qui tient aux conditions particulières dans lesquelles nous nous trouvons. Un œuf, sans sa coque, pèse environ 50 grammes; il contient 7,5'2 de matières azotées etfournit05 calories, il corresj)ond donc à 125 grammes de lait (Maurelj, mais quelques enfants ne le sui)portcut pas; les œufs, à Paris, coûtent cber aux femmes du peuple, qui sont pauvres ; enfin souvent, l’hiver, ils sont anciens et de mauvaise qualité.
Nous nous gardons bien de discuter, de critiquer la conduite tenue par d’autres p^ur l’alimentation des enfants, nous nous bornons à signaler les résultats de notre pratique personnelle.
En résumé, pendant la seconde année, nous ne donnons aux nourrissons que du lait et des soupes faites avec du lait ; ils s’eu trouvent admirablement et cette façon défaire présente encore l’avantage d’ôtre très économique.
La direction de l’alimentation, à la fin de la première et pendant toute la durée de la seconde année, présente une importance |)lus considérable qu’on ne le croit. Dans certains pays, en particulier, elle détermine beaucoup plus d’accidents qu’on ne serait tenté de l'admettre au premier abord; dans les régions minières du Nord et du Pasde-Calais, où la plupart des femmes dounent le sein, la mortalité des enfants est grande parce que le sevrage est très mal fait. En me promenant un jour aux environs de Monte-Carlo, à la Turbie, j’entrai dans le cimetière et je fus frappé du grand nombre de petites tombes qui s’y trouvaient. .l’interrogeai le I)'' Audoly, alors adjoint au maire de cette commune et il voulut bien m’envoyer les slatistiques suivantes : de 19Ü1 à 1903 la mortalité avait été do 138 p. 1.000 naissances pendant la première année et, ])endaul la deuxième année, elle avait atteint le cbillre considérable de 9i ]>. 1.000. Presque toutes les femmes pauvres, italiennes d’origine, allaitent cependant leurs eidanls, mais au moment du sevrage et |)eudantla seconde année, elles commettent des fautes, donnant des soupes épaisses ainsi qu’une alimentation solide prématurée.