OBSERVATIONS
Fig. 91.
Olifants qui y sont tombés malades, nous avons recours à l’allaitement artificiel.
MORTALITE LXFANTILE EN FRANCE
Au lieu d’abandouner à elles-mêmes des mères désireuses de bien faire mais ignorantes el pauvres, il nous semble préférable de les surveiller, de les diriger, de les aider. « Cette consultation, a écrit un de nos élèves, le D‘‘ II. de Rotbscbild, devient une véritable Ecole des mère.'i^ car si l’on soigné les bébés, on conseille aussi les mamans, leur donnant une ligne de conduite pour le présent et l’avenir. »
Quand un nourrisson est souffrant, il nous est ramenédans lecours de la semaine; s’il est trop malade et ne peut sortir, nous sommes tenu au courant de son étatet du traitement qu’il suit, nous envoyons prendre de ses nouvelles, et nous savons ce qu’il devient en attendant le moment où il pourra nous être ramené.
Les enfants peuvent suivre notre consultation jusqu’à l’àge de vingt-quatre mois.
A la lin de la première année, les femmes veulent trop vite alors nourrir leurs bébés comme elles-mêmes, de là des désastres ; il importe donc de continuer à les diriger.
Les enfants sont apportés tous les quinze jours au moins s’ils sont nourris au sein, mais ils peuvent être amenés tous les huit jours. Il en est qui doivent venir toutes les semaines, ce sont ceux qui sont à l’allaitement mixte ou à l’allaitement artificiel et qui reçoivent du lait.
Les statistiques de notre Consultation montrent que 94 p. 100 de nos enfants sont élevés au sein, soit qu’ils tètent exclusivement, soit qu’ils reçoivent l’allaitement mixte; en un mot, 94 p. 100 prennent dans le sein de la mère tout ce qu’il est capable de produire.
L’allaitement artificiel n’existe que dans la proportion de 6 p. 100. 11 s’agit alors de femmes qui n’ont pas eu de lait, de mères qui ont été ou qui sont souffrantes, ou encore d’enfants qui, mis en nourrice à la campagne, ont été rapportés malades; la mère garde alors et surveille son bébé qui reçoit du lait de vache.
En résumé, nous nous sommes proposé dès la création des Consultations de nourrissons : 1° d’y recevoir chaque semaine les enfants jusqu’à l’àge de deux ans, pour les examiner, pour les peser et pour conseiller les mères; 2° d’encourager de toutes nos forces l’allaitement au sein ; 3*^ quand les mères n’ont pas assez de lait ou n’en ont pas du tout, de donner pour l’enfant, en quantité exactement déterminée, du lait stérilisé de bonne qualité.
D’autres Consultations ont été
organisées à Paris. Le D'’ 4ariol,
U !•: M È l) K s D ' 0 U I ) H E iM É I ) I ( 1 A L
médecin des liôpiliuix, a annexé en 1893, à son dispensaire de Belleville, une consuItaLion dans laquelle il distribue, à très bon compte, du lait stérilisé du commerce. Notre ancien élève, le D‘’ Henri de Botlis- (diild et le D‘‘ Dubrisay père font de meme dans leurs dispensaires. Notre collègue, M. Maygrier, continue la Consultation fondée en 1892 à la Charité; M. Porak fait de môme pour celle créée en 1893 à la Maternité; d’autres ontété installées par noscollègues, accoucheurs des hôpitaux, dans leurs maternités, par le D" Boissard à Tenon, par M.leD'’ Paul Bar, à Saint-Antoine, par M. le D‘’ Bonnaire, à Lariboisière. M. le D'‘ Bonnaire, faute de ressources, ne distribue pas de lait stérilisé.
En 1898, sur rinitiative de M. Paul Strauss, le Conseil général de la Seine a organisé des Consultations analogues dans les maisons de secours de la ville de Paris et du département. Puisque des secours d’allaitement, variant de 10 à 13, 20, 23 et 30 francs sont accordés à un certain nombre de femmes, il nous semblait qu’on pouvait exiger qu’elles vinssent présenter leurs enfants toutes les semaines ou tous les ({uinze jours. Si l’allaitement au sein est bien fait et suffit, elles continuent à recevoir le secours complet ; si, au contraire, on est obligé de donner du lait stérilisé, la dépense causée par cette distribution de lait peut être retenue sur la somme accordée. On est assuré, de la sorte, que l’enfant a du bon lait et les frais supplémentaires sont bien peu considérables. La première de ces Consultations a été au début dirigée par le D*' Chavane.
Depuis, d’autres consultations ont encore été fondées parle Conseil municipal dans différentes parties de la ville ; citons, en outre, celle qui a été créée par M. Bisler, dans le VIL arrondissement et qui est dirigée avec grand soin et beaucoup de succès par M. le D*' Bresset; celles dirigées par les D’’® Carel, Séailles, Baimondi, Vildermann, Piot, tlauchas, Aviraguet, Quillier, Barlerin, Devraigne, etc., etc.
En province, on s’est efforcé vite de suivre la même voie. En 1893, nous avons, avec M. Coche, étudié la possibilité d’organiser une Consultation à Die|)pe; tout était décidé, les fonds étaient votés lorsque la cliute de la municipalité en empêcha la réalisation.
En juillet 189i, M. le IP Berlioz obtenait de la municipalité de Grenoble l’argent suffisant pour donner, tout l'été, du lait stérilisé aux ■enfants pauvres.
Lu médecin très intelligent, très instiaiit, philanthrope éclairé et
MOUTALITl': INFANTILE EN FRANCE
•2:io
1res Icnace dans sa voloiilâ de faii'c le bien, le D'' DLifoiir (de Fécamp) a, en jnillel, 181H, créé une Consnllalion de nourrissons sons le vocable beureux el pillorcsqiic de la « GouUe de Uni ». Il y admet Ions les enfants de la ville qu’il divise en trois catégories : il y a la section gratuite pour les paiivi’cs, dcnii-])ayante pour les ouvriers, et la section payante pour les enfants boni’geois et riches. Ceux qui sont fortunés doivent aider ceux qui ne le sont j)as. M. Dufour fait en outre subir au lait quebjues modifications destinées à le rapproeber pai* sa composition du lait de femme, puis il le stérilise à 10;2°.
Depuis, ces diverses institutions se sont répandues partout en France, dans les départements: au Havre, à Nantes, Flbcuf, Uouen, N’ersailles, Dar-le-Duc, Clermont-Ferrand, Beauvais, Dijon, etc.
« Tout médecin s'intéressant à la puériculture pourrait, a écrit le !)'■ Maygrier, facilement établir dans sa propre clientèle une ConsiiUalion individuelle^ suivant l’expression du D’’ Devé, (|ui a soulevé cette question et l’a traitée d’une façon très heureuse dans sa thèse inaugurale. La preuve vient d’en être fournie par le D‘’ Legrand (d’issy), qui a organisé depuis un an environ à son domicile une Consultation et en a communiqué les bons résultats à la Société d’obstétrique de Paris. Je citerai encore l’exemple du D‘‘ Pierrebugues (communication écrite; qui, depuis quelques mois, a installé chez lui, à Ilyères, une Consultation où des enfants lui sont amenés chaque semaine par leur mère ou parla personne chargée de les élever. Il les pèse, les examine, distribue du lait stérilisé en cas de besoin, etc., et d’après ce qu’il a observé jusqu’ici, il y a tout lieu de croire que cette organisation j)ortera ses fruits. A Paris, dans le XI P arrondissement, le D‘’ Schwab a fondé, pour l’œuvre des femmes en couches israélites, une Comullalion individuelle qui fonctionne avec succès. Il est à souhaiter que ces efforts personnels se multiplient, alin que s’étende à un plus grand nombre de nourrissons la surveillance médicale qui les |)réserve de la maladie et de la mort. »
Dans toutes les Consultations et les Gouttes de lait, les enfants doivent être examinés et pesés, les mères sont dirigées, et non seulement les médecins leur donnent les conseils qui relèvent de l’hygiène alimentaire, mais encore ceux qui touchent à l’hygiène générale; on surveille et on analyse le lait distribué, atin qu’il soit de bonne qualité et lie |)uisse nuire.
Les l’ésultats obtenus et (|ue nous rapportons plus loin expliquent la (litVusion rapide de cette nouvelle institution.