‹ Manuel pratique d'allaitementChapitre 7 sur 80 · NOTIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LE TUBE DIGESTIF DU NOUVEAU-NÉ · texte numérisé non relu

NOTIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LE TUBE DIGESTIF DU NOUVEAU-NÉ

Le lait produit par les seins pénètre dans le tube digestif de l’enfant et il en suit toutes les parties. Il traverse la bouche Qi \o, pharynx^ descend dans Vœsophafje et dans Veslomac ; il franchit, en général après quelque temps, l'orifice appelé pylore et arrive dans Vïnleslin grêle. C’est dans la première partie de cet intestin, appelé duode7ium, que sont déversés par des canaux spéciaux et la bile produite par le foie et le suc pancréalique, qui joue un rôle important dans la digestion. Le lait ou les aliments cheminent ensuite tout le long de l'intestin grêle et déhouchent dans le gros inleslin au niveau du cæcum. C’est dans le voisinage de cette région que se trouve V appendice iléo-cæcal devenu tristement célèbre depuis quelques années. Les parties qui font suite au cæcum soiit le côlon ascendant^ \q côlon Iransrerse., le côlon descendant l’-.S' iliaque, le reclutn et enfin Y anus qui est l’orilice inférieur et terminal du canal alimentaire (Voy. lig. G).

Comment le lait pénètre-t-il dans l’appareil digestif? Deux phénomènes se succèdent: d’abord l’enfant tette, il y succion ; puis il avale, il y a déglutition. Pour essayer de bien faire comprendre cette succion et cette déglutition nous aurons recours à plusieurs ligures.

L’une d’elles (\ oy. lig. 7) représente une coupe schématique de la face et du cou. Tout ce qui appartient au tube digestif est indiqué en rouge, tout ce qui appartient aux voies aériennes est marqué en bleu.

La flèche rouge montre le chemin que doivent suivre les aliments; le lait, [)ar exemple, est introduit dans la bouche, traverse le pharynx et descend dans l’œsophage.

Mais on ne prend pas seulement des alimenis, on res])ire, et l’aii* l)énèlre dans les voies aériennes. Son trajet est représenté j)ar les

liuDiN. — Allaitement. 2

NOTIONS KL EM EN TA 1RES SUR LE T ERE DIRES Tl E

ll»‘dics hleuos ; il cnlre )»ai* les iiannes, siiil les fosses nasales, leaverse le phaeynx, puis gagne en avant le larynx et la Iracliée

artère.

Il y a (loue une région constituant une soile de vestibule qui doit servir au jiassage des aliments et à celui du lait, c’est le pliarvnx.

Il est évident que si, le lait

Intestin

grêle

ari'ivant dans le jtliarynx, les organes restaient dans la situation que nous venons de décrire, ce lait pourrait, en haut, passer dans les fosses nasales et, en bas, dans le larynx en avant, aussi bien que dans l’œsopliage en arrière ; il en résulterait des accidents de sulfocation. 11 faut, au con- Iraire, que les aliinenls pénètrent exclusivement dans le reste des voies digestives.

11 existe, avons-nous dit, deux mouvements distincts ; 1° le moLivemenl de succion ;

le mouvement de déglutition.

1° Mouvement de succion.

— Les deux lèvres de l'enfant s’appliquent sur le mamelon et la langue, qui était en contact avec la voûte palatine, se relire (Voy. lig. 8) ; il se produit ainsi dans la cavité buccale un vide babituellement conqiaré à celui fait dans le corps d’nne seringue par le piston qui s'éloigne «le l’oiilice extérieur. Sous l’inlluence de ce mouvement dn piston cl du vide qui en n-snlte, le liquide monte dans le corps de pompe de la seringue; sous l’inlluence de ce mouvement de la langue el du

Rectu m

App 'leo-cœcal

Iliaque

Eig. fi. — Eiidüinijlii ilu lubü digosLil'. DiHcrunls orgiin<)s qui le conqiosent.

DU >^OUVEAU-NE

vide (|iii en résulte, le lait passe du sein dans la cavité buccale et se place 'entre la langue et la voûte palatine.

2 Mouvement de déglutition. — Le lait, arrivé dans la bouche, doit pénétrer dans rœsophagc ; pour cela il ne Tant ni qu’il i-einonte dans les fosses nasales, ni qu’il descende dans le larynx qui se trouve eu avant. On voit alors se produire deux phénomènes nouveaux.

1“ Sous l’inlluencede contractions musculaires les piliers postérieurs du voile du palais se rapprochent et ce voile lui-même se relevant vient

s’appli(jLier sur la face antérieure de la colonne vertébrale (Voy. lig. 9) ; les fosses nasales se trouvent ainsi closes en arrière, il y a obturation parfaite de leur orilice postérieur et le lait ne peut remonter dans cette i)rernière partie des voies aériennes.

^2'’ Lu même temps un autre pliénomène survient, c'est l’occlusion do l’ouvei'ture supérieure du lai*ynx. La contraction d’un certain nomhre de muscles détermine l’élévation de l’aîsophage et du larynx. Sous rintlueuce de ce mouvement d’élévation l’épiglotte se rabat en arrière, et constitue une sorte d’o[)ercule qui bouche l’orilice supt'rieur du larynx (\ oy. (ig. 9j .

I)e cette obturation des fosses nasales en haut et de rocclusiou du larvnx en has et en avant, il résulte que ces deux parlies du canal

NOTlOiXS ELKMENÏAIlUCS SU U [.E TU HE DIGESTIF

aérien se IronvenL rennées ; le lail se Iroiivanl acciiiniilé dans la bouche, la jiarlie anlérienre et le corps de la langue vont s’appliquer sur la voiile palatine (Voy. lig. 9), il en résulte que le li(|nide alimentaire est chassé en arrière ; il descend dans le pharynx qn’il traverse et ne trouvant pins en bas qn’nn seul chemin ouvert, celui qui le conduit dans l’oesophage, il y pénètre.

Nous avons dit qu’il y avait élévation du larynx, on peut le constater aisément sur soi-même ; en effet, si on met la main an niveau du

cou et si, ayant saisi entre le pouce et l’index les cartilages facilement accessibles de l’organe de la voix, on exécute un mouvement de déglutition pour avaler la salive, on sent alors que le larynx s’élève rapidement, puis retombe.

Du reste ce mouvement est indiqué sur les figures 8 et 9. Sur la ligure 8, l'ouverture supéi'ieure du larynx, avant la déglutilion, se ti'onve au niveau de la quatiâème vertèlire cervicale. Sur la ligure 9 on voit, au moment de la déglnlition, l’ouverture sujiérieure du larynx atleindre la ti’oisième cervicale.

Dès que le mouvement de déglutition est termiiu' et que le lait esl descendu dans rœso|)liage, le voile du palais s’abaisse et ré])iglotte se relève; les voies aériennes momentanément ohslnn'es en haut et en

DU NOUVKAII-NE

bas, aii-(lessiis et au-dessous du pharynx, redeviennent libres. L’air peut alors passer de nouveau des fosses nasales dans le larynx et la respiration un instant suspendue, se rétablit.

Donc il se j)roduit deux phénomènes absolument distincts, la succion et la déglutition.

La succion, phénomène exclusivement buccal, peut s’accomplir pendant (jue l’enfant respire. Les adultes le constatent lorsque, pendant l'été, ils ])i*ennent dans un verre des boissons glacées avec un chalu-

Fig. 9. — Mécanisme de la ciéglutilion.

Pharynx

Epiglotte

Lait

Cfesophage

Voile du palais

meau. Tout en faisant le vide dans le chalumeau, grâce au mouvement de recul et d’abaissement de la jiartie supérieure de la langue, tout en faisant, grâce à ce vide, monter le liquide du verre dans leur bouche, ils continuent à respirer par les fosses nasales et l’air pénètre dans le larynx, la trachée et les bronches. L’enfant fait de même ; ses lèvres sont appliquées sur le sein et tout en respirant et en regardant parfois iiutour de lui, il exécute ces mouvements de succion qui font monter le lait dans sa bouche. Au moment au contraire où il doit faire le mouvement de déglutition, au moment où il doit avaler, il interrompt sa rcîspiration.

On s’assure (ju’il avale r(‘ellement du licjuide si le doigt, mis à l’extérieur sur le larynx, constate que cet oi'gane s’élève et si, en même temps, on entend un petit bridt de glouglou produit })ar la descente du licjuide.

Page 1