REMKDES D’ORDRE NON MÉDICAL
De nombreuses proposilioiis de loi onl élé déposées qui, jusqu’ici mallieureuseuieut, oui échoué eu France devant le ParlemeuL Un nouveau projet a élé déposé eu ce sens par M. Paul Strauss ; espérons, pour la sauvegarde des enfants etPhonueurde notre pays, qu'il aboutira; il semble qu’il ii’eu résulterait pas une dépense aussi considérable qu'on Pavait cru tout d’abord.
?) Modi/icaliom à la loi Ttoussel. — Diverses modilicatious à la loi lloussel sont réclamées par les médecins de la Prolecliou des enfants du j)remier âge.
C’est, avant tout, l’interdiction absolue de fabriquer et de vendre des biberons à long fube^ si meurtriers ; les tolérer, a-t-on dit, c’est favoriser l’infanticide. M. Mirman, directeur de l’Assistance et de PMygiène publiques au Ministère de l’Intérieur vient, heureusement, de déposer un projet de loi demandant sa suppression.
Les médecins réclament encore que les certificats de nourrices soient délivrés par eux seuls, et aussi qu’un enfant ne puisse pas être envoyé en nourrice à la campagne sans nu certifical indiquant qu’il est Irans- ])ortable. Celte mesure, insérée dans la proposition de loi de M. Léon Labbé, a pour but d’éviter la mortalité par refroidissement en hiver, ou par mauvaise alimentation dans le transport pendant l’été.
Les médecins demandent encore que le paiement des nourrices soit assuré et que les enfants malades puissent rapidement recevoir des secours.
Si certains enfants sont surveillés, beaucoup ne le sont pas qui cependant devraient l’être. La femme, nous le voyons quotidiennement à riiôpital, a sur son enfant des droits absolus et rien ne garantit le nouveau-né contre l’ignorance, l’incurie et même la mauvaise volonté de sa mère.
Dans notre Clinique d’accouchement, nous exigeons que chaque femme allaite son enfant; nous pouvons ainsi le surveiller pendant dix, douze, quinze jours ou plus, et il est moins exposé aux dangers si grands d’un voyage et d’une mauvaise alimentation prématurés. Nous e ucourageons l’allaitement au sein après la sortie de l’hôpital, nous déconseillons rallailernenl artiliciel, nous envoyons les femmes qui y consentent dans des asiles de convalescence, elles reviennent à notre Consnltalion de nourrissons, etc. Mais, il faut l’avouer, notre action est souvent bien limitée
Lanière fait ce qu’elle veut; elle a, en réalité, nous l'avonsmontré
:\I 0 U T A L 1 r É 1 N V A N l'I I. E IC N 1' U A N C E
(voy. p. âtô), droit de \'ic cl de mort sur ce petit être fragile (pie rien ne protège.
■Aussi Léon Labbé, Paul Strauss et l)eaucoup d’autres demandentils qu’il n’en puisse plus être ainsi. « Il est logique, dit Léon Labbé, (|ue les enfanls dont les mères profUenl de l'assislanee^ à quelque litre que ce soit, national, départemental, municipal, hosi)italier, n’échappent pas à la survedlunce.
(( Lorsque des secours sontaccordés aux femmes, avec le désir quele nouveau-né surtout en prolile, on doit |)Ouvoir s’assurer que ce but est atteint. »
On paraît également d’accord pour demander que le texte de la loi Roussel soit modilié do telle façon que tout enfant, quel qu’il soit, âgé de moins de deux ans, mis en nourrice, en sevrage ou en garde hors du domicile de ses père et mère ou tuteur légal, soit l’objet d’une surveillance. Les mots « placé moyennant salaire » qui se Irouvenl dans la loi de 1894 et qui ont permis l)eaucoup trop d’abus, disparaîtraient.
Les enfants nés avant terme, \e,?> enfants débdes^ devraient, d'après Paul Strauss, être assimilés à des malades^ ce qui leur permettrait de recevoir l’assistance médicale à domicile ou dans un établissement hospitalier.
Enfin, de tous côtés, on demande que des Consullaùons de noan'issons soient organisées a sous les formes les plus appropriées aux localités », consultations auxquelles devraient être appoi'lés tous les enfants assistés de zéro à un an, tous les enfants protégés. Ions les enfants secourus.
« Le Patronage des nourrissons, dit Ibiul Strauss, sous sa double forme de CcnsuUalions pour la direction de l’allaitement au sein et de dislribulion de lait stérilisé, toutes les fois que la mère ne pourra pas nourrir, sera le moyen de protection et de sauvegarde le plus puissant. »
y) ('onsidlalions de nourrissons pour compléter la loi Roussel. — Grâce à la loi Roussel, partout les enfants abandonnés, secourus ou en nourrice sont surveillés par les médecins. 11 n’est pas toujours facile à nos confrères de bien visiter ces enfants à domicile; trop souvent ils ne rencontrent pas les nourrices, qui sont absentes, et ils se lassent. Rien ne serait |)lus simj)le (|ue d’organiser des Consultations, comme cela vienld'êti’c fait dans le Pas-de-Calais et l’A'onne. Toulesles mères, toutes
U K MK DE s D’UUDKE NON MEDICAI,
les nourrices sont convoquées un jour, à heure fixe, dans un local spécial ; les enfants sont déshabillés, examinés, pesés, puis le médecin donne scs conseils, (lelte réunion des enfants permet d’en voii' beaucou}) en peu de temps, ce qui constitue, pour le praticien, nn grand avantage; il peut ainsi prendre des notes sur chaque bébé auquel il porte alors un plus vif intérêt.
Nous avons vu les résultats qu’avaient donnés les Consultations de nourrissons dans les communes de l’Yonne. Parlant d'une des catégories d’enfants protégés par la loi Roussel, l’inspecteur Marois a écrit ce qui suit clans son Rapport pour l’année 1904 :
« J’ai cru devoir étudier également la mortalité des enfants assistés de zéro à un an placés dans l’Yonne.
« Cet examen va nous fournir un enseignement des plus édifiants et, j’ose le dire, des plus réconfortants.
(( Sur 79 enfants du département âgés de zéro à un an, nous avons eu 6 décès, ce qui donne une mortalité de 7,59 p. 100. Si l’on considère que, l’année dernière, la proportion a atteint 17,50 p. 100, on peut à bon droit se féliciter du résultat obtenu.
« 11 ne faut pas aller en chercher bien loin le secret. Il est des plus simples.
« Pénétré des conseils que M. le professeur Rudin prodigue sans compter, j’ai placé tous les pupilles du département de l'Yonne au sein et de préférence dans les circonscriptions médicales où les Consultations de nourrissons fonctionnent régulièrement.
« Il est évident que je supprime ainsi des causes nombreuses de maladies, et que je mets les enfants dans les meilleures conditions d’alimentation et d’hygiène. »
Yoici encore deux autres opinions formulées par des médecins qui ont adopté les Consultations de nourrissons pour les enfants protégés par la loi Roussel.
.\u mois de juillet 19Üi, un jeune médecin, le L)*' Goepfert, passait à Nancy sa thèse inaugurale; il avait été interne du professeur llausbalter et chargé de surveiller les enfants d'une circonscription de la \ille. il y avait oiganisé une Consultation de nourrissons, et sur 74 surveillés, il n’y avait eu qu’uu seul décès, j)ar broncho-pneumonie. Aussi, après avoir montré comment les (consultations de nourrissons peuvent être utilisées par les médecins chargés d’a|)pliquer la loi Roussel, il éci’ivait : « C’est à celte seule condition qu’on ne ven'a plus se [)i‘0-
MO HTA LITE INFANTILE EN FRANCE
(luire les liccaLomhes (renfaiits annoncées par les slaüsLiques ol’licielles. Le remède est Iroiivé, refuser de s’en servir sérail un crime. » Le mol « crime » esl évidemmenl un peu forl, mais il monlre bien loulc l’ardenle eonvielion du D‘’ Goepferl.
Dans un rapporl réccnl, M. le D'’ Vannereau, inspecleur de la proleclion du premier fige à Auxerre, disail : « Les nourrices viennenl avec plaisir à la Consullalion de nourrissons, recevoir les conseils desllnés à les guider; leur assiduilé le prouve. Seule la Consullalion permet de voir tous les enfants régulièremenl ; à mon avis, c’est un pi-ogrès sur la visite à domicile. Celle-ci n’est pas à négliger dans certains cas. Je me résume; il est indispensable de voir tous les enfants; la (jonsullation me paraît être jusqu’à ce jour le moyen de les examiner. »