III. — AVANT LA NAISSANCE MESURES PRISES OÜ A PRENDRE
L’enfant dans la cavité utérine, court des dangers pour son développement et pour son existence. La mère, pendant la grossesse, voit ses forces physiques diminuer, sa santé, sa vie même peuvent être mises en péril.
MüllTALITK INFANTILE EN F KAN LE
Des mesures oui élé prises par l’Assistance publicpie et par l’assislance jirivée alin de les protéger ruii et l’autre.
Ho.sp’ilidlsalion des femmes enceintes. — Depuis longtemps, des lits étaient réservés dans quelques services aux femmes enceintes malades ou non. Il en était ainsi à la Maternité de Paris et à la (Uinique d’accouchement de la Daculté. Le nombre de ces lits a été augmenté et il
en a été créé d’autres dans les nouvelles maternités. Des femmes enceintes sont aussi acceptées dans le refuge-ouvroir municipal de la rue Dessart.
Le 7 mars 1890, sur une proposition de M. Paul Strauss, le Conseil municipal a décidé la création d’un grand asile-dortoir pour les femmes enceintes, qui a reçu le nom d’Asile Michelet. Elles peuvent, comme dans les Maternités, ne point donner leur nom; le secret est ainsi assuré pour elles.
Des institutions privées reçoivenl aussi, et quelques-unes depuis fort longtemps, des personnes en état de gi'ossesse. Aous citerons V Asile Sainte-Madeleine Y Asile de nuit de la Société iihilanthropiqae [Q'^Befages ouvroirs de la nie du Maine et delà rue Jean- Baptiste Dumas fondés |)ar M'"® Béquet de Vienne et la Société de l’allaitement maternel, etc. Les médecins ont montré, statistiques en main, les avantages du repos à la lin de la grossesse; les enfants naissent plus souvent à terme, ils présentent un poids })1lis considérable, ils sont plus forts, plus résistants (Pinard, Baebimont, Bonnaire, etc.).
En ])rovince, à Lyon, à Bordeaux, à Vantes, etc... existent aussi des asiles ])Our recevoir les femmes enceintes, et à toutes ces institutions s'appliquent l’heureuse pb rase de Paul Strauss : « Ils constituent en même temps un sanatorium de grossesse, c’est-à-dire un outil de puériculture et une station de relèvement et de sauvetage moral. »
Consultations pour les femmes enceintes. — Pour les femmes enceintes non hospitalisées, des Consultations ont été créées; il en existe à Paris dans les ditférents services d’accouchement. On y prévoit les j)arturitions difticiles par rétrécissements du bassin, par présentations vi(éieuses, ]jar tumeurs, etc.; on y soigne les allections de la grossesse, albuminurie, syphilis, etc.; on y évite ainsi l'apparition des accidents graves, tels que l’éclampsie |)Our la mèi'c, la mort prématurée pour le Ib'tus.
A la Société de Charité maternelle de Bennes, M. le D‘' Patay a
KE.MKDKS D’OUDUE NON MÉDICAL
créé depuis longiemps une consuUalion de ce genre; il y donne aussi des conseils pour l’élevage l'ulur des enfants et encourage les mères à nourrir. Des consultations spéciales organisées ainsi pour des femmes enceintes, pourraient préparer efficacement l’allaitement maternel et engager les mères à se rendre plus tard aux Consultations de nourrissons.
Secours de grossesse. — Four ces mêmes femmes, qui ne sont pas hospitalisées, le Conseil municipal de Paris a, sur la proposition de .M. Paul Strauss, institué des secours de grossesse. Depuis le mois de janvier 1894, une somme assez considérable est consacrée chaque année à l’assistance à domicile des femmes enceintes, hors d’état de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Les Bureaux de bienfaisance des différentes villes pourraient faire de même.
Lois protectrices à édicter pour les femmes enceintes. — 11 reste cependant encore beaucoup à faire, en particulier pour les ouvrières pauvres et pour les femmes employées dans l’industrie. Pendant la grossesse, il faudrait les empêcher de rester debout et leur permettre de travailler dans la situation assise, leur éviter certainesintoxications, par exemple celles par le plomb, et régler le nombre d’heures pendant lesquelles elles pourraient être occupées. Une loi devrait être édictée ordonnant, avec une indemnité compensatrice, la cessation du travail pendant les dernières semaines de la grossesse.
Telles sont les principales mesures qui ont été prises en France ou qu’on propose actuellement d’y prendre, afin de combattre les causes qui, directement ou indirectement, déterminent trop souvent la mort des jeunes enfants.
üiDi.v. — AllaUemenl.