SON DE POT FÊLÉ
Son humorique, — hydro-aérique (Piorbt); — son de cliquetis
métallique (Skoda).
On décrit ce bruit particulier comme « un son clair, accompagné d'un petit claquement, d*où résulte un bruit semblable à celui que rendrait sous le choc du doigt un vase fêlé (Barth et Roger). »
On s'accorde généralement à dire qu'on peut imiter assez exactement ce bruit « en rassemblant la paume de ses deux mains l'une contre l'autre et en frappant ensuite le dos de l'une d'elles contre son genou (PipRRY, Skoda, Aran, etc). »
« Pour manifester ce phénomène d'une manière distincte, il faut, en général, ne frapper qu'un seul coup, en recommandant au malade de tenir la bouche ouverte (Barth et Roger). »
Ce signe annonce, « dans l'immense majorité des cas, une caverne pulmonaire^ le plus souvent tuberculeuse ; mais il ne se produit, pas constamment, et il faut, pour l'obtenir, que l'excavation ait une certaine étendue , qu'elle soit superficiellement située, que ses parois soient minces et souples, et surtout qu'elle contienne de l'air et du liquide (Barth
et Roger). » Cependant, ces conditions ne paraissent pas toutes indispensables, et il y a longtemps que Ton a constaté que, chez les personnes dont les parois pectorales sont trèsflexibles, notamment chez les enfants, on peut entendre un bruit fort analogue, sinon absolument semblable au bruit de pot fêlé, dans certains cas oh il n'y a pas la moindre excavation. A la vérité Skoda assure qu'il « n'a jamais rien vu de pareil ; » mais, en cette circonstance, son témoignage ne saurait prévaloir sur celui de Laennec, Piorry, Aran et d'autres encore, qui tous affirment avoir entendu le bruit de pot fêlé chez des sujets atteints de simple bronchite (x^ran), de dilatation bronchique (Piorry), ou même chez des sujets « grêles et lymphatiques, » mais dont la poitrine était tout à fait saine (Laennec). Nous avons nous-même constaté plusieurs fois, chez le chien, un son tout au moins fort analogue au son de pot fêlé. Nous l'avons entendu à la partie la plus antérieure de la poitrine, dans cette région qui répond à la région sous-claviculaire chez l'homme, que nous mettions à découvert en faisant porter le plus possible le membre antérieur en avant. Les animaux chez lesquels nous avons perçu ce signe étaient atteints, soit de bronchite capillaire, soit de pneumonie, avec conservation de la perméabi-
lité du poumon au niveau du point où se produisait le son dont il s'agit ; mais ils n'avaient point de cavernes en cet endroit. Nous n'avons jamais rien constaté de semblable chez le cheval, non plus que chez le bœuf.
FRÉMISSEMENT VIBRATOIRE (AuCt. Omn.).
Voici comment M. Piorry décrit le phénomène très-remarquable dont il s'agit :
« Si l'on tient une montre à répétition de telle sorte qu'elle repose par son boîtier sur la paume de la main gauche, et si alors on percute légèrement sur le verre avec les doigts de la main droite, on éprouve une sensation de vibration due aux oscillations du timbre ; c'est précisément la même impression que perçoit celui qui percute des hydatides renfermées en grand nombre dans un kyste commun (échinocoques). On peut encore s'en faire une juste idée en frappant sur de la gelée de viande dont la consistance est ferme. »
Suivant Barrier, le frémissement vibratoire « est un phénomène complexe, résultant de l'association d'une espèce de bruit humorique perçu par l'oreille avec un tremblotement vibratoire perçu par le doigt qui percute , et qu'il faut avoir la précaution de laisser appuyé
sur le plessimètre, après que celui-ci a reçu le choc qui engendre le phénomène. »
Enfin, d'après MM. Barth et Roger, on peut en avoir une idée exacte « en secouant dans la paume de la main une acéphalocyste (échinocoque). »
Nous n'avons jamais eu, jusqu'ici, l'occasion de constater le frémissement hydatique chez nos animaux ; nous n'avons pourtant pas cru , devoir passer ce signe sous silence, à cause de sa valeur diagnostique. Sa présence constitue, en effet, un symptôme tout à fait pathognomonique de l'existence d'une tumeur à échinocoques dans les points où on le perçoit. Toutefois, son absence ne prouverait pas forcément l'absence d'une semblable tumeur. Des médecins ont, en effet, rencontré des cas où des kystes de cette nature parfaitement constatés n'avaient point donné lieu au frémissement dont il s'agit.