PHÉNOMÈNES PHYSIOLOGIQUES
Si l'on fait tousser un animal en bonne santé, pendant qu'on tient l'oreille appliquée sur la poitrine, on perçoit, indépendamment de la secousse qui ébranle le thorax, un bruit sourd et confus, plus facile à saisir qu'à décrire, indiquant que le bruit laryngé se propage dans les tuyaux bronchiques, mais n'arrive pourtant à l'organe de l'ouie qu'avec un timbre sourd et comme étouffé par la mollesse du tissu pulmonaire interposé, lequel, comme tous les corps mous et spongieux, conduit fort mal le son quand il est tout à fait sain. — Ce bruit varie, du reste, en intensité, suivant les régions que Ton ausculte : « il est plus distinct en arrière de l'épaule et au centre de la poitrine que dans les régions bupérieure, inférieure et surtout postérieure (Delafond) » ; chez le cheval, il est souvent nul en arrière de la onzième côte, et l'oreille ne perçoit plus que l'ébranlement physique de la poitrine, sans vibrations sonores. Auscultée à la racine des bronches, à la base de l'encolure, la toux donne très-nettement la sensation d'une colonne d'air qui parcourt avec rapidité un tube à parois rigides.
A rétat pathologique, le bruit de la toux se modiûe, et celle-ci peut prendre le caractère tubaire ou caverneux^ dont nous allons parler mciintenant.
TOUX TUBAIRE.
Stnouyiiib : Toux bronchique ; — toux soufflante.
On dit que la toux est tubaire quand « la se-? cousse qu'elle communique aux parois du thorax est très énergique et que Foreille éprouve la sensation que donnerait une colonne d'air traversant avec beaucoup de bruit, de force et de rapidité , des tubes à parois solides (Barth et Roger). »
On voit, d'après ces caractères, que la toux tubaire offre les plus grandes analogies avec le souffle du même nom. C'est, en effet, le même phénomène, exagéré par la vitesse plus grande imprimée à la colonne d'air par la secousse brusque et énergique de la toux. Ici encore, c'est la sensation d'un souffle^ plutôt que celle d'un son qui est perçue par l'oreille, et ce souffle, bref et fort ^ semble superficiel; on croirait qu'il se produit immédiatement sous l'oreille, ou même dans le tube du stéthoscope. Tout ce que nous avons dit du mécanisme du souffle tubaire est exactement applicable à celui de la
toux du même nom ; il serait donc inutile de le répéter ici.
C'est à peu près au centre de la poitrine, en arrière de Tépaule, au niveau des grosses divisions bronchiques que la toux tubaire s'entend le plus ordinairement et qu'elle acquiert le plus de force ; mais elle peut aussi se faire entendre beaucoup plus en arrière, en des points où les rameaux bronchiques ont à peine le diamètre d'une plume à écrire. Elle peut être limitée à un étroit espace ; mais bien plus souvent elle •est diffuse, et peut être entendue, avec une force d'ailleurs variable, sur une grande surface. Toutes les fois que la respiration est tubaire, la toux l'est également ; mais assez souvent cette dernière peut l'être sans que la première le soit. Dans ce cas, le souffle bronchique .apparaît d'ordinaire dans les grandes expirations qui suivent immédiatement la toux ; quelquefois, cependant, c'est du râle crépitant, et : non du souffle, que l'on perçoit alors.
De tout ce qui précède, il résulte que la toux
. tubaire a la même signification que le souffle
bronchique; et en effet, elle se produit par le
: même mécanisme, dans les mêmes conditions
physiques des organes, et annonce les mêmes
. lésions, parmi lesquelles la pneumonie à la pé-
riode (Thépatisation est la plus fréquente.Lorsque
I le râle crépitant accompagne les grandes inspi-
rations qui suivent la toux, celle-ci annonce le passage de la pneumonie de la première à la deuxième période, ou, au contraire, la tendance à la résolution de Thépatisation. — Elle peut, comme le souffle tubaire, se produire aussi dans la pleurésie avec épanchement et atélectaste du bord inférieur du poumon ; mais cela est assez rare ; et quand cela a lieu, elle est moins nette, moins distincte, bornée à la partie centrale du poumon, là où sont les grosses bronches, et présente un caractère marqué d'éloignement.