‹ Manuel pratique de l'exploration de la poitrine chez les animaux domestiques; percussionChapitre 35 sur 45 · TOUX CAVERNEUSE · texte numérisé non relu

TOUX CAVERNEUSE

On appelle toux caverneuse un retentissement plus fort que celui de la toux normale, se produisant dans un espace limité, s'accompagnant d'une notable impulsion contre Toreille, et offrant un timbre creuXy tout spécial, mais difficile à caractériser par des mots. Ajoutons qu'elle a toujours un caractère soufflant des plus évidents, sur lequel Skoda s*appuie pour contester la valeur de la distinction établie par Laenneg entre la toux tubaire et la toux caverneuse. — Il est certain que cette distinction n'est pas toujours facile à faire sur le malade ; disons cependant, avec MM. Barth et Roger, que « la sensation que donne parfois la toux caverneuse

d'un soulèvement, d'un choc, remarquable par sa circonscription bornée, est tout à fait caractéristique. »

Skoda, qui refuse à la toux caverneuse tout caractère distinctif, lui dénie aussi, naturellement, toute valeur diagnostique ; MM. Barth et Roger, au contraire, la considèrent comme « Tun des signes les plus certains de cavernes pulmonaires ». Nous n'avons pas eu assez souvent l'occasion d'étudier ce phénomène pour être en mesure de nous prononcer entre ces autorités contraires ; ce que nous pouvons dire d'après notre expérience personnelle, c'est que la toux caverneuse peut, dans certains cas, servir très-utilement, quoique indirectement, au diagnostic, en permettant de percevoir, à sa suite, le râle ou le souffle cavernetiXy qui n'étaient pas perçus dans les mouvements ordinaires de la respiration.

Les médecins décrivent encore une tow phorique, que l'on «peut imiter en toussant à travers le goulot d'une cruche vide (Barth et Roger), » et « qui est à la toux normale ce que la respiration amphorique est à la respiration vésiculaire {idem) » . De même que le souffle amphorique, elle indique l'existence d'un pneumothorax ou d'une vaste caverne remplie d'air. — Nous n'avons pas eu, jusqu'à ce jour, l'occasion

de constater ce phénomène chez nos animaux ; nous n'avons donc rien à en dire.

Nous avons cherché à plusieurs reprises si, chez les animaux atteints de pleurésie avec épanchement, et surtout dans les cas de pleurésie au début et encore douteuse, la toux ne prendrait pas le caractère (r^eyro^aw^; nous espérions trouver ainsi un symptôme plus ou moins analogue à Végophonie, propre à faciliter le diagnostic, toujours si difficile, de la pleurésie au début; nos recherches, jusqu'ici, n'ont pas été couronnées de succès. Parfois, dans la pleurésie confirmée, et déjà reconnue par d'autres signes, nous avons pu entendre une toux plus ou moins nettement tubaire, ofirant, en général, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, un cai'actère marqué d'éloignement; mais, soit que nous n'ayons pas su la distinguer de la toux tubaire, soit qu'en réalité elle ne s'en distingue pas, nous sommes forcé de dire que, pour nous, dans l'état actuel, la toux chevrotante n'existe pas chez nos animaux domestiques.

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