DE LA RESPIRATION NORMALE ÉTUDIÉE AU PNÉOGRAPHE
Avant d'entrer en plein dans notre sujet, quelques remarques sont encore nécessaires.
Et d'abord, l'expérience nous a démontré que, si l'on veut tirer de cette étude tout le fruit possible, il est indispensable qu'elle porte à la fois sur le flanc et sur les côtes. Même dans rétat normal, en effet, les mouvements de ces deux régions ne sont pas absolument identiques, et, dans l'état pathologique, il y a souvent, sous ce rapport, des différences importantes, accusées par la forme des tracés^ différences qui ne sont bien appréciables que sur des diagrammes représentant à la fois les deux tracés, celui du flanc et celui des côtes, pris simultanément.
Voilà pourquoi, malgré certains avantages qu'il ofi're incontestablement sur la plupart des autres appareils du même genre, nous avons presque abandonné le pnëographe Rodet, et nous nous servons, non pas exclusivement, mais habituellement, de celui de Marey, naodifié comme il a été dit ci-dessus, qui permet de prendre d'un seul coup autant de tracés qu'on le désire.
Nous en prenons toujours deux à la fois,
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Tuïi pour les côtes, Faiitre pour le flanc. Nous plaçons notre première ampoule sur le dos du çujet, immédiatement en arrière du garrot, de manière à ce que la ceinture qui la comprime ambrasse la poitrine au niveau de la 8*^ côte à peu près. La seconde amipoule est placée sur les lombes, et la ceinture qui la comprime embrasse Tabdomen au niveau du flanc, immédiatement en arrière de la dernière côte (v. fig. 31 bis).
11 importe de noter que, chez les chevaux à ventre volumineux, cette ceinture abdominale a de la tendance à glisser en arrière, jusqu'au voisinage du pubis. Le tracé qu'elle donne alors diffère considérablement, ainsi que Font déjà remarqué MM. Laugeron et Laulanié, de ceux qu'on obtient chez les chevaux niieux conformés, chez lesquels la ceinture se maintient au voisinage de l'ombilic. — Ces derniers sont les seuls bons, les seuls utilisables; aussi, quand on a affaire à des chevaux ventrus, il faut avoir la précaution de fixer dans une position conveiiable la ceinture abdominale, en l'assujettissant, par des liens longitudinaux h la ceinture thoracique ; — cette précaution est indispen- :sable.
Les appareils dont nous nous servons sont extrêmement sensibles. Les moindres mouvements de l'animal, — généraux ou partiels, —
le déplacement d'un membre, — le trémousdementdela peau provoqué par les mouches, — impriment à Tair contenu dans les ampoules une agitation qui se transmet aux leviers et se traduit par des oscillations plus ou moins rapides et étendues, toujours irrégulières, dont les tracés gardent fidèlement l'empreinte. — Il importe donc de choisir un moment favorable > où ranimai, tout à fait calme, respire bien.
Alors, les leviers se meuvent avec régularité, et inscrivent, pour chaque respiration complète, des courbes semblables, d'après lesquelles il est facile de se faire une idée juste du rhythme de la respiration.
BIT RHYTHME PHTSIOLOGiaUE DE LA RESPIRATION.
Le graphique ci-après (fig. 32) représente le diagramme de la respiration d'un cheval jeune, vigoureux, très^bien portant et reposé. Il peut être considéré comme un assez bon type de la respiration normale. Essayons de l'interpréter et de voir à quelles conclusions son analyse va nous conduire.
Ce diagramme, comme tous ceux que nous donnerons par la suite, se compose de deux tracés pris simultanément, et représentant^ l'un — A — le mouvement des côtes, l'autre
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— B — le mouvement du flanc. — Il «e lit de gauche k droite, comme une ligne d'écriture, c'est-à-dire que le mouvement indiqué par la courbe, commencé en A, se continue vers la droitâ. La ligne ascendante veut dire iiupira- , lH)N,-ia ligne descendante signifie expiration. Nous appellerons tout d'abord l'altentioa du
tig. 3Î. — Heapiration normale.
lecteur sur les lignes verticales r,c',*ce sont des points de repère, dont voici la signification ; — Si, pendant que les leviers se meuvent sur le cylindre animé d'un mouvement de rotation uniforme, en écrivant sur la feuille de papier noircie chacun leur courbe respiratoire, on vient à arrêter instantanément la marche du cylindre, les deux leviers, continuant à se mou-
voir^ traceront, Tun l'arc de cercle, r, l'autre l'^rc de cercle, r'. Ces arcs de cercle coupent, comme on le voit, la courbe respiratoire correspondante et marquent ainsi le point précis où se trouvait la pointe du levier qui traçait cette courbe au moment où l'arrêt a eu lieu* Si maintenant nous joignons par une droite ces deux points, rr, et si, à celte droite, nous menons des parallèles rfc?', ce'..,,, il est clair que les portions ab et o! b' des courbes A etB, comprises entre les deux parallèles ad et bb\ ont été tracées rigoureusement dans le même temps par les leviers A et B. On a donc ainsi un moyen simple et facile de déterminer d'une manière rigoureuse le synchronisme de deux portions quelconques de nos deux tracés, et par suite, celui des mouvements qui leur correspondent.
Appliquons immédiatement ces données à l'analyse du diagramme fîg. 32. Nous voyons que les lignes aa', bb\ cc\ menées parallèlement aux points de repère rr', et passant par les sommets supérieurs et inférieurs de la courbe A, passent aussi par les sommets supérieurs et inférieurs de la courbe B. D'où il résulte évidemment que, pendant que le levier thoracique inscrivait la ligne ascendante ab, indiquant une ampliation du thorax dans le sens transversal, simultanément, le levier abdominal inscri-
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vait la ligne a' b\ également ascendante, dénonçant une augmentation du volume du ventre. De même la portion 6 c du tracé A, descendante et marquant rabaissement graduel -des côtes, répond synchroniquement à la portion b' c\ également descendante et accusant une diminution de Tabdomen. — D'où cette conclusion que, pendant que la contraction des muscles inspirateurs élève les côtes et les porte en avant pour agrandir la cavité pectorale dans le sens transversal, la contraction simultanée du diaphragme refoule en annere les visches digestifs et détermine une ampliation du ventre ^ en même temps quelle agrandit la poitrine dans le sens longitudinal ; réciproquement, quand les muscles inspirateurs se relâchent et que les parois costales s'abaissent pour l'expiration, le diaphragme entre aussi en repos, sa convexité antérieure se reforme , les viscères digestifs se portent en avant, et le ventre diminue.
En d'autres termes, dans la respiration normale, il y a accord parfait, exacte concordance dans l'action du diaphragme et des muscles inspirateurs, et par suite, dans les mouvements du flanc et ceux des côtes. — C'est ce qui constitue le synchronisme des mouvements respiratoires.
Nous devons dire, cependant, que ce synchronisme n'est pas toujours aussi parfait que