‹ Manuel pratique de l'exploration de la poitrine chez les animaux domestiques; percussionChapitre 42 sur 45 · MODIFICATIONS GÉNÉRALES DU IIODB RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS GÉNÉRALES DU IIODB RESPIRATOIRE

Respiration iprande; — respiration courte.

— Quand les côtes et le diaphragme exécutent des mouvements étendus, que la poitrine se dilate largement pendant l'inspiration et se resserre en proportion lors de l'expiration, on dit que la respiration est grande^ large ^ ample. — On dit qu'elle est petite ou courte dans le cas contraire. — Ces modifications du mode respiratoire se traduisent très-nettement au pnéographe par Vamplitude plus ou moins grande des oscillations du levier enregistreur, ou, ce qui revient au même, par la hauteur de Tordonnée, ou de la perpendiculaire abaissée du sommet des courbes respiratoires sur l'abscisse tangente à la partie inférieure de ces mêmes courbes. — Cette perpendiculaire pourrait être considérée comme l'expression exacte de la grandeur de la respiration si, dans tous les tracés, les bras des leviers enregistreurs avaient une longueur invariable, si les appareils pnéo-

graphiques étaient égalemeDt sensibles, et si les ceintures qui pressent sur les ampoules étaient toujours également serrées. Il ne serait pas bien âiflicile de réaliser ces conditions. Dans nos recherches, nous ne nous sommes

Fig. 31. — Respiration grande.

pas astreint à les réaliser avec une précision rigoureusement mathématique ; nous nous sommes attaché à obtenir des tracés reproduisant le plus fidèlement possible la forme des mouvements respiratoires, plutAtque leur éten-

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due. Pour cela, les ceintures pnéographigues doivent être plus ou moins serrées suivant les cas, en général, d'autant plus que la respiratim ett plus c*arte. — Nos diagrammes n'ont donc pas une valeur absolue sous le rapport quinous occupe ici ; il est cependant facile de voir, en jetant un coup d'œil sur les figures 34 et 35,

Fig. 35. — Respiration courte.

que la première se rapporte à une respiration gT»nde, dans laquelle le tborax se dilate largement, tandis que la seconde nous offre le type d'une respiration peut«, courte, c'est-à-dire dans laquelle les parois thoraciques et abdominales n'exécutent que des mouvements très peu étendus.

On saitque, dans certains cas, la respiration se fait surtout par les mouvemeats alternatifs des

côtes, le diaphragme et les parois abdominales se mouvant à peine, tandis que, d'autres fois, au contraire, le diaphragme exécute des mouvements étendus, les côtes restant presque immobiles. — On dit que la respiration est sur^ tout costale dans le premier cas ; principalement abdominale dans le second. — Le pnéographe permet d'apprécier très-bien, — beaucoup mieux que la vue simple, — ces nuances qui ne sont pas sans importance.

Respiration fréquente; — respiration rare.

— Suivant le nombre plus ou moins grand de mouvements respiratoires que l'on peut compter dans un temps donné, dans l'espace d'une minute par exemple, on dit que la respiration est fréquente OU rare. — Elle est fréquente quand ce nombre dépasse notablement le chiffre normal, — 10 à 12 par minute en moyenne * chez le cheval adulte et bien portant ; — elle est rare au contraire quand ce nombre reste au-dessous de la moyenne. Ces qualités de la respiration s'apprécient très-bien sans le secours du pnéographe ; il suffit de compter les mouvements respiratoires à l'aide d'une montre à secondes. Mais, si le pnéographe n'est pas nécessaire, il n'en est pas moins utile. Ainsi, il suffit de jeter les yeux sur les deux diagrammes ci-après (fig. 36 et 37), pour voir, du premier

'PNÉOGRAPDIE. 3SS

coup d'<Ëil, que l'un (llg. 36} est le diagramme d'une respiration rare (on n'en comptait pas plus de 7 par minute), tandis que le second (fig. 37) est celui d'une respiration Irès-fréguenCe (plus de 34 par minute). Nous avons

Fig. ae. — Respiration rare.

déjà dit, d'ailleurs, p. 372, comment, à l'aide d'un calcul bien simple, on pouvait, d'après son diagramme, estimer avec une grande précision la fréquence d'une respiration donnée ; la pnéographie peut encore avoir un autre genre d'utilité : — supposons qu'on ait pris un grand

nombre de diagrammes se rapportant tous à UDe même maladie, bien déterminée, et aux diverses périodes de cette maladie ; n'est-il pas évident que la comparaison de tous ces graphiques permettra de tirer des conclusions, de formuler des lois, relativement au mode respiratoire dans cette maladie, d'une manière beau

Fig, 37. — Respiration fréquente.

coup plus sûre et beaucoup plus précise qu'on n'aurait pu le faire d'après ses seuls souvenirs, trop souvent infidèles?

BcapIrBttoB Titcj — reapIratioM !«■#«. —

D'après la rapidité plus ou moins grrinde avec laquelle s'effectue le double mouvement d'élévation et d'abaissement des c&tes et du flanc.

PNâOCnAPHlE. 3S7

la respiration est dite vite ou l*>te : — vite, quand les deux mouvements s'elTectuent avec rapidité ; lente, quand chacun d'eux s'accomplit en un temps relatlvemeul long. — On est généralement enclin à confondre la respiration iente avec la respiration rare, et la respiration

Fig. 38. — Reipiration tente.

vite avec la respiration fréquente. H. Rodet insistait beaucoup dans ses cours, et avec raison, sur la nécessité d'éviter cette confusion. — « Les expressions fréquente et rare, disait-il, se rapportent au nombre de respirations qu'on peut compter dans une minute ; les expression» vite et lente s'appliquent à la durée absolue de chacun des deux temps de la respiration, — inspiration et expiration, — considérés isolé-

ment. » Il y a là, en effet, une différence essentielle qu'il importe de ne pas perdre de vue, et que le pnéographe, mieux que tous les raisonnements, est capable de faire bien saisir. Dans la respiration lente ^ les côtes et le flanc, et par conséquent les leviers qui traduisent leurs mouvements, s'élèvent et s'abaissent avec lenteur; ils tracent sur le cylindre animé d'un mouvement uniforme une ligne fortement inclinée sur l'abscisse (v. fîg. 38). Dans la respiration vite^ le levier, animé d'un mouvement rapide, trace une ligne qui se rapproche d'autant plus de la perpendiculaire que la respiration est plus vite, et cela, quelle que soit la durée totale d'une respiration complète (v. fîg. 39).

De là il résulte qu'une respiration fréquente est nécessairement vite, car il faut, de toute évi- '^ence, que le flanc et les côtes se meuvent avec une rapidité d'autant plus grande qu'ils doivent exécuter un plus grand nombre de mouvements dans un temps donné. Mais la réciproque n'est pas nécessairement vraie ; c'est-à-dire •que si, habituellement, une respiration rare est jen même temps lente, on peut aussi rencontrer certaines respirations qui sont à la fois vites et rares. C'est ce dont on peut facilement se convaincre en jetant les yeux sur le diagramme représenté fig. 39. Cette respiration n'est pas

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bien fréquente, car on ne compte pas plus de 15 à 16 mouvements respiratoires par minute; mais elle est vite, car la ligne d'inspiration, a o, se relève brusquement, en se confondant presque avec la perpendiculaire, et celle d'expiration, hc, descend plus rapidementencore, en prenant une direction parallèle à la ligne précé-

Fig. 39. — Hespii'ation vile.

dente. Puis, entre l'inspiration et l'expiration, nous voyons, en haut, une portion o ù, en bas, une portion c d, plus fortement inclinées, et qui témoignent que les deux mouvements, d'al)ord rapides se ralentissent d'une manière très-sensible à la fin. — Tels sont précisément les caractères d'une respiration vite.

La figure ci-dessous {flg. 40} nous offre encore un exemple d'une respiration à ta fois rare et vite: rare, car le nombre des respirations reste au-dessous de 10 par minute ; — -vile, car l'angle formé par la rencontre des courbes d'inspiration et d'expiration est relativement assez aigu. — Ce dernier type de

Fig. 10. — Respiration i-are et vite.

respiration est assez rare ; on peut cependant le rencontrer quelquefois, même chez des chevaux bien portants, surtout pendant le sommeil; pourtant, il n'est pas normal, et indique, le plus ordinairement, une lésion 'matérielle ou fonctionnelle, soit du système nerveux, soit de l'appareil respiratoire lui-même, — uu commencement de powse ou d'immobilité par exemple.

PNtOGRAPniE. 391

Les différents modes de respiralîoa que nous venons de passer en revue peuvent encore s'allier entre eux de diverses autres manières, de TaçoQ à former des combinaisons assez variées, parmi lesquelles nous indiquerons les suivantes :

Fig. 41. — Hespîralion grmide, ienle et rare.

La respiration peut être grande, icat* et rare, quand les mouvements des côtes et du flanc sont tout à la fois étendus, en petit nombre et peu rapides~(Bg. 41). — Beaucoup de chevaux très-bien portants ont ce type de respiration ; cependant, quand la lenteur et la

rareté sont portées à Texcès, quand, par exemple, on ne compte plus que quatre, cinq ou six paouvements respiratoires par minute, celan*est pas normal. On rencontre souvent ce mode de respiration, surtout celui représenté fig. 40, dans les affections des centres nerveux, dans le vertige, l'immobilité, par exemple.

La respiration lente, rare et courte diffère

de la précédente par le peu d'ampleur des mouvements, jointe à leur extrême lenteur.

Alors, comme l'exprime très-bien M. H. Bouley, {De la Pneumonie; — action thérapeutique de Vémétique; — Recueil^ 1846), « la respiration peut être tellement ralentie que les flancs semblent comme immobiles, et qu'il faut, au commencement de l'inspiration et de l'expiration, autant d'attention pour voir leur mouvement se produire qu'il en est nécessaire pour saisir la marche de la grande aiguille d'une horloge dans son parcours d'une minute. » Ce type respiratoire se remarque dans les mêmes circonstances que le précédent. On peut aussi le constater quelquefois après l'administration de Témétique ou de la digitale (H. Bouley, loco citato) .

Nous avons déjà dit que la respiration est toujours d'autant plus vite qu'elle est plus fréquente; elle peut être, en même temps, tantôt courte^ idîiiitii grande ; mais ces deux types, que

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l'on rencontre très-communément, non-seulement dans les maladies de l'appareil respiratoire, mais encore dans toutes celles qui s'ac-

Fig. *!. — Respiration fréquente, vite et grande.

compagnent d'une fièvre intense, n'ont pas tout à fait la même signification.

La respiration fréqacMte, vile et grasde

(fig. 42) indique un impérieux besoin de res-

m EXPLORAÏION DE U POITRINE,

piirer, un appel énergique, en même temps que fréquent et rapide, fait par le poumon à l'air pur qui lui manque. Elle se remarque souvent au début de la pneumonie. Elle n'est pas abso- Eamenl défavorable : la grandeur indiquant une certaine liberté conservée des mouvements respiratoires.

La respiration iM«a«a*«, *i«« «t ««arie, au

Fig. 43. — Hespiralic}i fréquente, courte et vite.

contraire (lig. 43), indique, en outre de la dyspnée, d'autant plus grande que les mouvements sont plus rapides, -^ soit un état de spasme des muscles respirateurs, soit une douleur vive, pongitive, de la poitrine. On rencontre souvent ce mode de respiration dans la pleurésie, dans certaines formes A& pneumonie lobulaire ou lobaire, dans le tétanos, etc., etc.

PNÉOGHAPUIB, »œ

Telles sont les remarques que nous avions à faire sur les modifications générales de la respiration, dont plusieurs se joignent aux formes particulières que nous allons étudier maintenant.

Nous désignons ainsi une respiration dans laquelle {llg. 44) le liane et les côtes s'élèvent

Fig. H. — Respiration tremblotante.

et s'abaissent par une succession de petits mouvements saccadés, qui se traduisent sur nos tracés par une ligne ondulée, indiquant que la pointe écrivante a éprouvé une succession rapide de petites secousses en sens contraire.

396 EXPLORATION DE L\ POITUhNE.

Cet aspect tremblé se remarque, ainsi qu'on peut le voir, dans les deux tracés d'un même diagramme, mais toujours d'une manière plus accusée dans le tracé costal que dans celui du flanc ; il n'est même pas très-rare que ce dernier se montre à peu près régulier, alors que le premier est très-manifestement tremblé.

Le tremblotement est d'ailleurs plus ou moins accentué. Il existe à la fois dans les deux temps de la respiration ; mais il est, en général, plus accusé dans l'mspiy^otion que dans l'expiration i

Siig^iiiflcatioii. — La respiration tremblotante est le signe certain qu'une douleur plus ou moins vive accompagne les mouvements de dilatation et de resserrement de la poitrine ; à la rigueur même, elle n'indique pas autre chose. Elle peut donc se rencontrer dans plusieurs maladies Irès-difTérentes par leur siège et par leur nature. Mais, parmi ces maladies, il en est une surtout où ce mode de respiration mérite d'être pris en très-grande considération : c'est làpleuréste aiguë à sa période de début.

Tout le monde sait combien est difficile le diagnostic de cette affection pendant sa première période. Pendant ies trois, quatre ou cinq premiers jours de son existence, l'exsudat fibrino-albumineux et l'épanchement, encore peu abondants, ne se trahissent par aucun signe sensible bien évident ; la percussion et

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Tauscultation sont muettes ou ne fournissent que des renseignements incomplets ; les symptômes rationnels sont les seuls qui puissent servir de base au diagnostic, et Ton sait combien, en général, ils peuvent être trompeurs. — Parmi ces derniers, Tirrégularité particulière des mouvements respiratoires n'avait point échappé aux anciens observateurs. — Dès le début de la maladie, disions-nous en 1860 {Recherches sur la pleurésie du cheval , p. 137), « la respiration se montre profondément modifiée, fréquente, irrégulière , presque entièrement abdominale ; les côtes se meuvent à peine, les flancs sont agités, irréguliers, tremblotants; l'inspiration surtout est difficile et s'effectue par une succession de petits mouvements saccadés, »

Certes, cette irrégularité du mode respiratoire, signalée plus ou moins explicitement par tous les auteurs qui se sont occupés de la pleurésie, a une grande valeur diagnostique, et, aujourd'hui comme il y a vingt ans, nous n'hésitons pas à dire qu'elle « est très-caractéristique », et que «les praticiens doivent s'attacher à la bien saisir ». Mais nous sommes bien forcé de convenir que ce tremblotement du flanc, cette succession de petits mouvements saccadés, qui caractérisent la respiration dans la pleurésie au début, sont loin d'être toujours nettement perceptibles par l'inspection du flanc suivant

le mode ordinaire. Trop souvent, Texamen le plus attentif nous avait laissé dans Tincertitude ; plus souvent encore, quand nous étions parvenu à reconnaître cette irrégularité, il était difficile de la démontrer aux élèves qui suivaient notre clinique, de la rendre visible et évidente à tous. Et cette difficulté n'est pas un des moindres motifs qui nous fit, dès le début, applaudir aux efforts de H. Rodet pour fixer d'une manière durable et rendre facilement lisibles, pour tous les yeux, les diverses irrégularités du rhythme respiratoire, dont nos sens, exercés à la manière ordinaire, ne peuvent recevoir et garder qu'une impression fugitive.

En ce qui concernela respiration tremblotante y les espérances que nous avions fondées sur la pnéographie n'ont point été trompées. Il suffit, en elTet, de jeter les yeux sur la figure 44, pour voir avec quelle netteté s'accusent sur le tracé costal ces ondulations multipliées, image fidèle des mouvements des parois costales qui les ont engendrées.

Quant à la valeur diagnostique de ce mode respiratoire, nous ne la croyons pas absolue. La respiration, nous l'avons déjà dit, peut être tremblotante dans d'autres maladies que la pleurite, et il n'est pas impossible que, dans la pleurite elle-même, cette irrégularité fasse quelquefois défaut, quoique très-rarement

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sans doute. — Ce que nous pouvons dire, en tout cas, c'est que le diagramme de la fig. 44 et plusieurs autres absolument semblables ont été recueillis par nous sur des animaux atteints de pleurésies datant de deux à six jours ; c'est que MM. Laugeron et Laulanié donnent, dans leur travail (Recueil^ 1875, p. 867), un diagramme absolument semblable aux nôtres, et se rapportant également à un cas depkurite aiguë. Nous nous croyons donc en droit de conclure que st\ chez un animal qui présente les signes rationnels d'une affection aiguë de la poitt*me datant de trois à six jours au plus, les signes physiques fournis par Vexploration directe ne permettent pas de porter un diagnostic cer^ tain; si, en même temps, F examen pnéoscopique donne un diagramme tremblé, semblable à celui de la fig. 44, on sera autorisé à conclure que l'animal en question est atteint d'une pleurésie aiguë à sa période d'augment,

RESPIRATION ÉNITANTB (1).

L'étude de nombreux diagrammes,, pris dans des circonstances diverses que nous spécifierons ci-après, nous a conduit à créer cette dénomination pour caractériser un mode de

(1) Enitif enitor; s'efforcer, faire effort.

respiration dans lequel Tinspiration s'achève, tantôt d'une manière lente et soutenue, tantôt d'une façon brusque et rapide, mais dans tous les cas par un véritable effort — enixus — des muscles inspirateurs.

La définition qu'on vient de lire doit faire pressentir que les diagrammes qui se rapportent à ce mode de respiration ne se ressemblent pas tous exactement. Il y a effectivement entre eux d'assez notables différences ; mais, quand on les étudie de près et avec attention, il est cependant facile de comprendre, ainsi que nous espérons le démontrer, qu'ils ont la même signification.

Description. — C'est d'après la forme du tracé costal que nous établissons ce type que nous appelons respiration énitante, dont nous reconnaissons deux variétés principales.

Première variété (fig. 45). — L'inspira-

tion commence et s'accomplit presque tout entière d'une façon régulière ; les côtes s'élèvent plus ou moins rapidement par un mouvement uniforme, et le tracé qui lui correspond n'accuse ni saccade, ni tremblement, ni soubresaut. Mais, arrivées à la fin de leur course, les côtes, au lieu de s'abaisser immédiatement, comme cela a lieu dans la respiration normale, restent pendant un instant immobiles,

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et pendant ce temps, la plume qui enregistre leur mouTement trace sur le papier un trait horizontal, a d o"; après quoi , l'expiration commence, et s'effectue d'une façon normale

Fig. W. — Respiration éniiante, l" type.

et régulière. 11 y a donc, entre l'inspiration et l'expiration, un véritable temps d'arrêt, déterminé par une contraction soutenue des muscles inspirateurs, laquelle maintient pendant quelques instants la poitrine dans le plus grand état de dilatation possible ; et cet eff'ort des muscles inspirateurs se traduit sur le tracé par une sorte de plateau horizontal, a, au sommet de la courbe respiratoire.

Parfois (flg. 46), an lien d'un plateau, on observe, presque au sommet de la courbe d'inspiration en a, un petit crochet, suivi d'une ascension brusque, presque verticale, après laquelle l'expiration commence aussitôt, et

402 EXPLORATION DE LJk POITRINE,

s'effectue comme précédemment , sans particularité notable. Ici, l'effort est donc encore mieux marqué, puisque après un temps

Fig. (G. — Respiration énilonle, 1" type.

d'arrêt très-court, à peine appréciable, on Yoit l'inspiration s'achever par une contraction énergique et rapide des muscles dilatateurs.

Beaxièm* vsrUM. — Dans la deuxième variété de ce que nous appelons la respiration énitanle, la ligne d'inspiration se réunit à celle d'expiration, sur le tracé costal {flg. 47, A), non plus par iin plateau, mais par une sorte de biseau ou chanfrein, b, b. Généralement, ce biseau ou chanfrein se trouve à droite, sur la

ligne descendante comme surlafig. 47; d'autres fois, et presque aussi souvent, il se trouve à gauche, sur la ligue ascendante. Souventaussi,

Fig. 47. — Rcipii-alion étalante, V type,

au lieu d'un simple biseau, c'est un véritable crochet comme on le voit en c c, fig. 48.

Bien que très-différents des tracéi à plateau, ces tracés à biseau ont incontestablement, pour nous, la même signification ; et ce qui le prouve, c'est que, non-seulement les uns et les autres se rencontrent dans les mêmes conditions pathologiques, mais que, sur un mËme diagramme, il est possible de voir assez souvent toutes les formes que nous venons d'étu-

40i EXPLORATION DE LA POITRINE,

dier isolément : ici un plateau horizontal bien marqué ; là un biseau, soit à droite, soit à gauche ; un peu plus loin un crochet des plus nettement accusés. — Ce n'est donc point sans

Fig, 48. — Retpiration énitante, %' type.

de sérieux motifs que nous rapportons à im même type toutes ces variétés, sous le nom de respiration énitante.

Nous répéterons que tout ce qui vient d'être dit se rapporte au tracé costal. Quant au tracé

PNÉOGRAPUIE. 405

abdominal pris simultanément, souvent il est parfaitement régulier, et ne diffère en rien de celui d'une respiration normale ; mais souvent aussi il est plus ou moins altéré, irrégulier, tremblotant, soubresautant, tumultueux ; il peut même dénoncer une discordance plus ou moins complète entre les mouvements du flanc et ceux des côtes (v. fig. 46).

Signification. — Quelle que soit la forme du tracé par lequel elle s'accuse, la respiration énitante, telle que nous venons de la décrire, est toujours un signe de dyspnée. A la fin de rinspiration, l'animal suspend l'expiration, maintient pendant un certain temps la poitrine dilatée, ou même fait efTort pour la dilater davantage, afin d'appeler au sein des poumons l'air pur dont il sent l'impérieux besoin. Un obstacle quelconque à la libre pénétration de l'air dans les alvéoles du tissu pulmonaire, telle paraît donc être la condition physique essentielle de ce mode de respiration.

Plusieurs maladies peuvent réaliser cette condition ; mais, parmi les maladies aiguës, il faut surtout citer les formes graves de la bronchite^ simple ou capillaire ^ et la pneumonie^ tant lobaire que lobulaire.

Dans la pneumonie en particulier, il est extrêmement rare que le pnéographe ne dé-

voile pas Tune ou Tautre des formes que nous rapportons au type cnitant. Sans donc être tout à fait pathognomonique, la forme du tracé respiratoire n*est pas sans intérêt pratique. Plusieurs fois il nous est arrivé d'être mis sur la voie du diagnostic par Tinspection du tracé ; de rechercher et de découvrir, par un examen plus minutieux, une lésion pulmonaire encore peu étendue, qui nous avait échappé lors d'une première investigation.

Quant au pronostic y l'irrégularité des tracés, et particulièrement du tracé abdominal, n'est pas sans utilité pour apprécier la gravité du mal ; nous devons faire remarquer, toutefois, qu'il existe à cet égard de très-nombreuses différences individuelles, et nous comprenons jusqu'à un certain point que MM. Laugebon et Laulanié aient pu écrire que « les tracés pris à toutes les périodes de la pneumonie ne présentent aucun caractère qui puisse permettre d'apprécier exactement la gravité de la lésion » ; ce qui veut dire, — comme nous l'avons exprimé plusieurs fois dans le courant de ce travail, — que, pour le pronostic comme pour le diagnostic, il faut se baser, non sur un seul signe, fourni par un procédé unique d'examen, quel qu'il soit, mais sur l'ensemble des caractères, fournis par tom les moyens d'investigation que la science met à notre portée.

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