‹ Manuel pratique de l'exploration de la poitrine chez les animaux domestiques; percussionChapitre 5 sur 45 · F. SAINT-CYR · texte numérisé non relu

F. SAINT-CYR

Novembre 1878.

DE

Parmi les progrès si nombreux que la méde* cine a réalisés dans le courant de ce siècle, il faut placer à un rang très-élevé, — sinon au premier rang, — la découverte de la Percussion et, surtout, de TAuscultation, grâce auxquelles rétude des affections pectorales, si nombreuses, si fréquentes et si graves, est parvenue en peu de temps à un degré de perfection qui ne laisse presque rien à désirer.

En médecine vétérinaire, Tadoption de ces méthodes physiques cfexploratwn, comme on les appelle, n'a pas eu des résultats moins heureux. — Grâce aux recherches anatomo-patho-

logiques, si fortement recommandées par notre premier maître (V. Règlement pour les écoles vétérinaires, Paris, 1777), et auxquelles ses successeurs sont constamment restés fidèles, on était parvenu, dès la fin du siècle dernier, à distinguer, sur le cadavre, les maladies si variées qui peuvent, chez les animaux aussi bien que chez Thomme, afiecter les bronches, les poumons et les plèvres ; mais Vauscultation et Isi* percussion seules ont permis de reconnaître, sur le vivant, ces mêmes maladies, et de leur opposer un traitement plus rationnel et plus souvent efficace. Il serait superflu d'insister sur cette vérité, trop manifestement évidente pour avoir besoin de démonstration. — Nous ne nous arrêterons pas non plus à prouver par de longs raisonnements de quelle importance est, pour le vétérinaire praticien, la connaissance approfondie de ces procédés d'examen : Dieu merci, leur utilité n'est plus contestée par personne aujourd'hui. — Sans doute, pour en tirer tout le profit qu'on est en droit d'en attendre, il faut les bien connaître ; pour les connaître, il faut les étudier, et cette étude demande quelques soins, quelque attention et un peu de persévérance. Mais le but à atteindre ne vaut-il pas qu'on fasse quelques efforts pour l'obtenir ?

Convaincu de cette vérité, et pour faciliter

aux débutants cette étude indispensable, nous nous efforcerons, dans ce manuel^ d'exposer avec autant de précision qu'il nous sera possible les règks de la Percussion et de VAtisculiation appliquées à Texamen de la poitrine chez nos animaux domestiques, la nature et la valeur des signes qu'elles fournissent.

Il est d'ailleurs évident que l'exacte interprétation de ces signes suppose la connaissance préalable des organes que l'on veut explo* rer ; aussi, nous a-t-il paru rationnel de faire précéder l'étude que nous voulons en faire de quelques brèves considérations sur la cavité pectorale et les organes qu'elle contient.

GATITA THORAGZaUE

La poitrine^ ou thorax^ est une grande cavité limitée, en haut par les vertèbres dorsales^ en nombre variable selon les espèces, 18 chez le cheval, 13 chez le bœuf, le mouton, la chèvre et le chien, 14 chez le porc ; en bas parle sternum, de chaque côté par les côtes, en nombre égal à celui des vertèbres, et distinguées en ster^ nales et astemales, suivant qu'elles s'appuient directement ou indirectement sur le sternum, — et enfin en arrière par le diaphragme, vaste cloison musculo-aponévrotique qui sépare le thorax de Tabdomen.

Les muscles intercostaux, internes et externes, qui remplissent les intervalles laissés entre elles par les côtes, complètent les parois latérales de la poitrine, lesquelles sont en outre recouvertes de plans charnus, plus ou moins épais suivant les régions. C'est ainsi qu'on trouve, dans la région antérieure, les grosses masses musculaires qui s'attachent au scapulum, les* quelles recouvrent en totalité les quatre premières côtes et, dans leur partie supérieure, les 5", 6« et 7* ; — dans la région supérieure, le grand muscle ilio-spinal, qui remplit de chaque côté ce qu'on appelle la gouttière vertébrale, rintercostal commun et les petits dentelés de la respiration, — le tout recouvert par l'aponévrose du grand dorsal ; — dans la région inférieure, les muscles pectoraux [pectoraux superficiel et profond (Ghauveau), — stemo-huméral, sterno-aponévrotique, — sterno-trochinien, sterno-pré-scapulaire (Girard)], qui revêtent, non-seulement le sternum, mais les cartilages costaux et les côtes elles-mêmes à leur extrémité inférieure, jusqu'au niveau de la veine sous-cutanée thoracique (veine de l'éperon) ; — enfin, dans la région moyenne, une partie du grand dorsal et le grand dentelé de la respiration, qui entrecroise, en bas et en arrière, ses dentelures avec celles du grand oblique de l'abdomen. — On voit par là que

cette région moyenne, formant un peu plus des deux tiers de la surface totale du thorax, est celle où les parois pectorales ont le moins d'épaisseur, circonstance importante à noter au point de vue qui doit spécialement nous occuper ici.

La forme générale de cette cavité est celle d'un cône déprimé d'un côté à l'autre, à sommet mousse situé en avant, à base postérieure très-oblique de haut en bas et d'arrière en avant, constituée par le diaphragme.

Sa capacité , très-variable , non-seulement selon les espèces, mais encore dans la même espèce, selon l'âge, la race, la taille, la conformation, etc., peut être évaluée approximativement entre 40 et 60 litres chez le cheval adulte.

Dans cette cavité, tapissée par une séreuse que nous étudierons un peu plus loin, sont contenus les organes centraux de la circulation, le cœur et les gros vaisseaux qui en émanent ou qui y aboutissent, — et ceux de la respiration, les poumons. — Ces derniers seuls seront ici l'objet d'une description sommaire.

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