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POISONS NARGOÏ1CO-ACRES

Il peul donner la mort en produisant tous les symptômes des poisons narcotico-âcres, et entre autres phénomènes particuliers, des vomissements opiniâtres et un tremblement général; il est absorbe, et il agit plus rapidement quand on l'introduit dans l'estomac. A l'autopsie , on trouve la muqueuse gastro-intestinale enflammée.

Le tabac doit ses propriétés délétères à la nicotine , alcali liquide, transparent, incolore, d'une odeur piquante, rappelant celle du tabac ; d'une saveur acre et brûlante. Il peut être distillé à 140 degrés sans bouillir; il entre en ébullition à 246 degrés, et se décompose en même temps. Il est soluble dans l'eau et dans l'alcool. 11 forme avec les acides étendus des sels cristallisables , qui ont tous la saveur du tabac (1).

Une goutte de nicotine peut tuer un chien ; elle provoque des éternuments extrêmement forts.

Digitale pourprée , digitalis purpurea (scrophulorinées). — Les herboristes ont quelquefois confondu les feuilles de cette plante avec celles de la grande consolide ou du bouillon blanc.

La digitale et ses préparations ont la propriété de ralentir la circulation. Mais à trop haute dose, elle détermine des nausées , des douleurs abdominales , de la diarrhée , des vertiges , une insomnie opiniâtre ou un état de somnolence et de délire. La peau est couverte d'une sueur froide , comme gluante; la respiration est peu gênée; le malade tombe dans un état de stupéfaction , prélude de la mort.

La digitale agit d'abord comme émétique , et les vomissements arrêtent souvent dès le début les phénomènes de l'empoisonnement.

Elle a une action bien marquée sur le système nerveux. Plusieurs circonstances, jusqu'ici mal appréciées, modifient sa propriété de ralentir la circulation : aussi observe-

(I; Journ. de Pharm., juin 1830.

t-on quelquefois un effet tout opposé. Souvent , après la mort , on trouve les membranes de l'estomac saines , celles du cerveau injectées ; quelquefois le cœur contient du sang coagulé.

Le principe actif de la digitale ne paraît pas encore bien connu , malgré les travaux sur ce sujet de MM. Dulong d'Astaford, A. Leroyer et Poggiale.

Ciguës. — On confond communément sous le nom de ciguë trois plantes de la famille des ombellifères , qui toutes trois sont vénéneuses.

Grande ciguë; ciguë officinale , ciguë des anciens, ciguë tachetée, cicuta major des pharmacies; conium maculatum. — (Voir, pour les caractères botaniques, Richard, Bot. méd., p. 469; De Candolle, Flore franc., 3494.)

Cette plante est assez reconnaissante aux taches ponctuées noires- rougeâtres dont sa tige est semée. Elle répand une odeur fétide, qu'on a comparée à l'urine du chat.

Plusieurs exemples d'empoisonnement par la grande ciguë, et des expériences faites par M. Orfîla sur les animaux , prouvent que cette substance agit à la manière des narcotico-âcres (1).

Elle paraît devoir ses propriétés à une matière particulière , que Brandes a fait connaître , et qu'il a nommée conéine ou cicutine.

Ciguë viveuse ou aquatique (cicutaria aquatica , cicutariavirosa. Rich., Bot. med., p. 472; DeCand. , Flore franc., p. 3494). — Cette plante a une racine blanche, charnue , allongée , qui a été prise quelquefois pour celle du panais; elle peut cependant en être facilement distinguée par le suc jaune et acre qu'elle contient.

La ciguë vireuse est plus délétère que la grande ciguë : elle enflamme l'estomac , amène des convulsions horribles et le tétanos , ainsi que les poisons narcotico-âcres.

(t) Toxicol. gèn.y t. h, p. 422, 4e édition, 1843.

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