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GAZ ACIDE CARBONIQUE

//. Davy, Proust, PfafJ\ N y sien, ont fait sur ce gaz des expériences nombreuses desquelles il résulte : 1° qu'il se dissout avec la plus grande promptitude dans le sang veineux des animaux ; 2° qu'injecté à petites doses, ses effets sont peu notables, mais qu'administré en grande quantité il peut déterminer la mort ; 3° qu'il n'occasionne aucun changement apparent dans le sang artériel.

Les GAZ HYDROGÈNE PHOSPHORE ET HYDROGÈNE AR- SÉNIÉ sont très délétères. Le premier ne s'obtient que dans les laboratoires ; le second agit comme les préparations arsenicales , et nous nous sommes assez longuement étendu sur leur action (page 395) pour ne pas y revenir.

Gaz hydrogène bicarboné. — Il est incolore , insipide , d'une odeur faible, à la fois éthérée et empyreumatique; il éteint les corps enflammés; mais il brûle avec une belle, flamme blanche an contact de l'air par l'approche d'un corps en ignition, et donne de l'eau et du gaz acide carbonique. Ce gaz est délétère par lui-même.

Gaz acide carbonique. — Il est incolore, d'une odeur piquante , d'une saveur aigrelette. Il éteint les corps en combustion , se dissout dans l'eau , et rougit faiblement la teinture de tournesol; il précipite l'eau de chaux en blanc, et le carbonate déposé se dissout instantanément dans un excès de gaz.

Le gaz acide carbonique se produit : 1° toutes les fois que l'on fait brûler du charbon , du bois , de la houille ou toute autre matière organique ; 2° dans la fabrication du vin , du cidre , de la bière , lorsque le raisin , les pommes et beaucoup d'autres matières sucrées subissent la fermentation alcoolique; 3° pendant la putréfaction des matières végétales et animales. Ce gaz existe dans certaines grottes, et il s'exhale de sources d'eaux minérales.

Ce gaz est délétère par lui-même, et détermine les accidents que l'on observe pendant la carbonisation des matières végétales.

Gaz oxide de carbone. — Il est incolore , transparent , inodore , insipide , sans action sur la teinture de tournesol. Il brûle à l'air avec une flamme bleue lorsqu'on approche de lui un corps en combustion. Ce gaz est peu soluble dans l'eau. Les expériences de MM. Tourdes (1) Leblanc (2) ont prouvé combien le gaz oxide de carbone mêlé à l'air atmosphérique exerce sur les animaux une action rapidement mortelle.

De la vapeur du charbon de bois. — Il résulte des expériences récentes de M. Orfila (3) que la vapeur du charbon contient toujours une quantité notable d'acide carbonique , beaucoup moins de gaz oxide de carbone , et une quantité très faible de gaz hydrogène carboné. Les proportions de ces divers gaz peuvent varier selon la nature des charbons , le degré plus ou moins avancé de la combustion, etc.

La vapeur du charbon est incolore , inodore (l'odeur que l'on sent au moment où le charbon s'allume n'a pas encore pu être analysée) ; elle éteint les corps en combustion, rougit faiblement la teinture de tournesol , ne se dissout qu'en très petite partie dans l'eau , précipite en blanc par l'eau de chaux, et ne s'enflamme pas par l'approche d'un corps en combustion.

Vapeur du charbon de terre , du coke. — Après la combustion avec flamme du charbon de terre, le coke continue à brûler à une température rouge , et la vapeur qui s'exhale contient les mêmes gaz que ceux du charbon de bois , et quoiqu'en proportions différentes , leur action est tout aussi délétère.

M. Ollivier d'Angers a rapporté un cas de double as-

(1) Tourdes, Relation médicale des asphyxies par le gaz de l'éclairage , 184Ï.

(2) Leblanc , Annales de Physique et de Chimie, 3e série, t. v, p. 19.

(3) Orfila, toxicologie, t. n, p. 594, 4e édit., 1843.

vapeup, du charbon. 503

phyxie par la vapeur du coke , produit par un vice de construction de tuyaux de cheminée (1).

Vapeur du bois carbonisé. — Les poutres fortement chauffées par des tuyaux de cheminée , de poêle ou de calorifère , peuvent se décomposer et se carboniser, alors *même qu'elles sont à l'abri du contact de l'air. — Cette carbonisation ne s'opère que lentement; mais les gaz qui se dégagent sont les mêmes que les précédents , et ils produisent des accidents qui ont là même gravité.

Symptômes de ï 'empoisonnement par la vapeur du charbon. — Ils sont très variables, car ils résultent de causes dépendantes, soit des localités, soit du degré de combustion du charbon , de sa quantité , soit enfin des individus eux-mêmes , de l'âge , du sexe , de la force , etc. Ces symptômes ne sont pas caractéristiques de l'empoisonnement, et ils sont communs à un assez grand nombre de maladies.

Les malades éprouvent en général une grande pesanteur de tête, des bourdonnements et des tintements d'oreilles, le trouble de la vue et des autres sens, une grande propension au sommeil, la diminution des forces musculaires , le coma , la chute du corps. La respiration est difficile , lente , stertoreuse ; les battements du cœur, d'à bord précipités . se ralentissent , puis deviennent plus forts.

M. le docteur Marye (2) a remarqué que le sang est rouge et tellement coagulable , qu'il suffit de quelques minutes pour qu'il se prenne en un caillot consistant; ce phénomène persiste après la mort , car M. Ollivier (d'Angers) a vu le sang vermeil dans quatre cas différents (3).

Signes cadavériques. — En général , la face des as-

(1) Annales d'hygiène, t. xxv, p. 290.

(2) Marye, De l'Asphyxie par la vapeur du charbon. Paris, 1837.

(3) Ollivier (d'Angers), Annales d' Hygiène, t. xx, p. 114, 1838.

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phyxiés est pâle et décolorée ; niais elle peut avoir une coloration violacée très prononcée ; la teinte rosée de la surface du corps persiste quelquefois assez longtemps après la mort. La roideur tétanique des cadavres est très développée, et elle fait conserver aux individus les attitudes qu'ils avaient avant de mourir. M. Devergie avait signalé comme caractéristique la coloration verdàtre du foie ; mais ce signe n'a pas de valeur, tandis qu'il a constaté avec raison que la putréfaction est retardée dans sa marche , et ne se développe pas avec la même rapidité que dans les autres genres de mort.

Il résulte des observations de MM. Marye, Ollivier (d'Angers) , et des expériences de M. Orfila (1), que la digestion est ralentie chez les individus et chez les animaux exposés à l'influence de Ja vapeur de charbon.

Traitement de l'empoisonnement par la vapeur de charbon. — Les nombreux moyens indiqués peuvent être résumés ainsi (2) : exposer le malade tout nu au grand air: il sera couché sur le dos, la tête et la poitrine un peu plus élevées que le reste du corps , pour faciliter la respiration. — Affusion d'eau tiède sur le visage et la poitrine. — Frictionner le corps et surtout la poitrine avec des linges trempés dans l'eau vinaigrée , ou dans un liquide alcoolique. — Essuyer les parties mouillées avec des serviettes chaudes , puis recommencer les frictions avec de la flanelle sèche ou une brosse de crin. — Stimuler la membrane pituitaire avec la barbe d'une plume , des vapeurs soufrées, de l'acide acétique. — Administrer un lavement d'eau froide mêlée d'un tiers de vinaigre; quelques minutes après , en donner un autre préparé avec de l'eau froide , 60 ou 80 grammes de chlorure de sodium et 30 grammes de sulfate de magnésie. — Si l'assoupissement continue ,

(1) Orfila, Toxicologie, t. h, p. 580, 4e edit., 1843.

(2) Ibid., p. 580.

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