‹ Manuel pratique de médecine légaleChapitre 118 sur 127 · ÉMANATIONS J)I-S ÉGOUTS · texte numérisé non relu

ÉMANATIONS J)I-S ÉGOUTS

que le malade ait de la chaleur, on le saignera à la veine jugulaire ou au pied. — Enfin , lorsque les symptômes d'asphyxie sont dissipés, on couche le malade dans un lit chaud , et on lui fait prendre quelques cuillerées de vin chaud sucré.

Tous ces secours doivent être administrés avec la plus grande promptitude; on les continue lors même que l'individu paraît être mort , car on a vu des asphyxiés ne reprendre connaissance qu'au bout de douze heures.

Deux affaires médico-légales très graves (Amouroux , Ferrand) (1) ont donné l'occasion aux magistrats de poser aux experts un assez grand nombre de questions ; la réponse à plusieurs d'entre elles peut être généralisée aux cas qui se présenteraient dans la pratique , et nous croyons utile de les mentionner.

L'état complet du putréfaction qua offert le corps de la femme Amouroux , après quatre jours et demi de décès, est-il compatible avec la supposition d'asphyxie , ou, au contraire , ne tend-il pas plutôt à éloigner cette supposition ?

Les faits observés prouvent que l'empoisonnement par la vapeur du charbon retarde la putréfaction au lieu de la hâter ; il n'est donc pas douteux que la femme Amouroux n'avait pas succombé à ce genre de mort , puisque la putréfaction du corps était complète quatre jours et demi après son décès.

Les individus du sexe féminin résistent-ils plus longtemps à la cause asphyxiante du charbon que les individus du sexe masculin ?

La solution de cette question ne peut être complète tant que l'on n'aura pas apprécié un grand nombre de circonstances particulières aux individus et aux localités ; mais en examinant le nombre des décès occasionnés par la vapeur du charbon pendant l'année 1835, on voit que la

(1) Deyergie, Médecine légale, t. m, p. 128, 1840.

mortalité a été de quatre cinquièmes pour les hommes , et seulement d'un tiers pour les femmes.

L 'asphyxie est-elle plus facile lorsque les personnes se placent à la surface du plancher, ou, au contraire, n'éprouve-t-elle pas plus d'obstacle lorsque ces personnes sont situées à une certaine distance ?

L'empoisonnement aurait également lieu dans toutes les parties de la chambre , parce que les gaz qui se produisent pendant la combustion du charbon se mêlent promptement , et que la proportion de l'acide carbonique est la même en bas qu'en haut , alors même que la chambre a été complètement refroidie.

Quelle peut être la quantité de charbon qu'il faudrait brûler pour asphyxier des individus adultes , en ayant égard à l'étendue de la pièce qu'ils occupaient ?

Il est impossible de résoudre ce problème d'une manière satisfaisante , et il y a lieu de dire aux magistrats que l'on s'exposerait par trop à les induire en erreur en donnant une solution même approximative (1).

Quelle est la proportion de cendres que peut fournir une quantité donnée de charbon?

On ne peut répondre à cette question que s'il reste dans la chambre où a eu lieu l'empoisonnement une partie du charbon employé , comme l'a fait M. Ollivier (d'Angers) (2) dans l'affaire Ferrand. Cet expert établit quelle était la quantité de cendres fournies par 1 kilogramme de charbon restant; et il calcula combien les 266 grammes de cendres trouvées dans les fourneaux et les terrines dont on s'était servi représentaient de charbon ; il conclut qu'il en avait été brûlé plus de 3 kilogrammes 375 grammes, quantité plus que suffisante pour introduire dans l'air de la chambre le quart en volume au moins de gaz acide carbonique.

.. (l) Orfila, Toxicol. (jén., t. n , p. 611, 4e édit., 1843.

(2) Ollivier (d'Angers), Annales d'Hygiène ei de Mèd. lègalct t. xx, p. 114.

DE l'air non renouvelé. 507

Page 1