DES QUESTIONS DE SURVIE
homme) , trois individus seulement ont pu être rappelés à la vie , et que ces trois personnes étaient trois femmes ; et parce que , sur un certain nombre de suicides isolés , pour chaque sexe , un quart des femmes a survécu , et pas un cinquième des hommes? M. Ollivier (d'Angers.) ne le pense pas; car il faudrait , pour que cette proposition fût incontestable , que l'asphyxie eût eu lieu pour tous ces individus dans des circonstances semblables ; qu'il y eût eu identité dans la disposition , la clôture et l'étendue du local , dans la quantité du charbon brûlé, dans la durée du temps écoulé depuis le commencement de l'asphyxie jusqu'au moment où les secours ont été donnés, etc. , etc. Or, chacun comprend que ce n'est qu'en tenant compte de ces différentes circonstances, qu'un chiffre proportionnel peut avoir ici quelque valeur, et l'expérience a démontré qu'on ne peut établir à cet égard aucune comparaison précise et concluante.
Dans ce genre d'asphyxie simultanée , la rapidité de la mort présente une différence relative très grande suivant Ydge. Il résulterait de quelques faits bien constatés (1) que les enfants au-dessous de quinze ans succombent , en général, beaucoup plus promptement que les adultes, toutes circonstances égales d'ailleurs. Ce que nous venons de dire n'est applicable qu'à l'asphyxie par le charbon , et quand on considère combien îe degré de résistance vitale des individus dépend de conditions diverses , on est forcé de conclure que, pour les autres genres de mort, on ne peut rien établir de certain sur la question de survie , d'après les seules données fournies par le sexe et Y âge.
Il est donc impossible d'établir des principes généraux et précis pour la solution de toutes les questions de survie ; c'est dans l'examen et la discussion de chaque cas particu-
(1) Gazette des Tribunaux, 30 juillet et 10 août 1827.— Observ. de M. Sardaillon, annales d'hygiène, t. v, p. 168 et t. xx, p. !12.
lier qu'il faut chercher les éléments de cette solution. Le médecin expert devra s'attacher surtout à bien examiner et apprécier les caractères que présentent les lésions diverses qui existent sur les cadavres. Nous avons exposé précédemment les règles à suivre pour cet examen; nous y renvoyons le lecteur.