‹ Manuel pratique de médecine légaleChapitre 56 sur 127 · DE LA MOUT DE L'ENFANT PENDANT L'ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

DE LA MOUT DE L'ENFANT PENDANT L'ACCOUCHEMENT

Pendant l'accouchement, un assez grand nombre de causes peuvent faire périr l'enfant; les principales sont :

1° La longueur du travail résultant de l'étroitesse des détroits du bassin , du volume de l'enfant, de la résistance de l'orifice utérin ou vaginal. Chez les enfants de femmes primipares , on observe presque constamment , vers le sommet de la tête, une tumeur séro-sanguinolente , dont l'étendue peut faire présumer quelle a été la difficulté de l'accouchement. Le périoste est quelquefois détaché de l'os par du sang. Quelle que soit la partie du tronc qui s'engage la première , si le travail est pénible , elle peut être plus ou moins ecchymosée. Chaussier a observé cette ecchymose sur les fesses; nous l'avons vue sur le scrotum dans cette présentation, et sur le bras et la main dans une présentation de l'épaule.

2° La compression du cordon ombilical , son entortillement autour du cou , déterminent soit une syncope, soit une congestion cérébrale.

3° Une hémorrhagie par rupture du cordon , ou par le décollement interne ou externe du placenta. Le fœtus présente les caractères anatomiques de l'anémie générale.

Immédiatement après l'accouchement, parmi les causes qui peuvent déterminer la mort de l'enfant, quelques auteurs ont cité : l°la faiblesse de naissance y qui n'est autre chose que l'immaturité du fœtus , ou la conséquence des vices de conformation assez prononcés pour le faire périr en naissant.

2° V 'apoplexie , qui doit être considérée comme une congestion sanguine du cerveau et de tous les organes persistant après un travail long et pénible , ou une compression du cordon.

3° La compression de la tête avec fracture et enfoncement des os peut être produite aussi dans les conditions précédentes.

4° Le séjour de l'enfant dans les eaux de l'amnios et

dans le sang qui s'écoulent pendant l'accouchement est une cause de mort qui mérite l'attention ; car elle est vraisemblable , si la mère , accouchée seule , n'a pas pu retirer l'enfant de la position dans laquelle il est resté après son expulsion. S'il y a eu des efforts inspiratoires on pourra trouver du sang et des mucosités dans la trachée et les bronches. Dans le cas contraire , la mort sera caractérisée par la congestion sanguine des organes.

Nous avons supposé jusqu'à présent qu'il n'existait sur le corps de l'enfant aucune trace de violence ou de blessures. Nous examinerons plus loin les moyens de les reconnaître et de les distinguer des signes précédents.

L'enfant a-t-il respiré ?

Le changement du milieu dans lequel le fœtus se trouve placé amène la production de phénomènes nouveaux. Son mode d'existence n'est plus le même , et la respiration s'établit lors même que le cordon ombilical n'a pas été coupé comme cela arrive chez les mammifères. Cette section hâte toujours la respiration , puisqu'elle interrompt toute communication avec la mère.

La respiration résulte de l'introduction de l'air dans les cellules pulmonaires et de son expulsation alternative. La présence de ce gaz dans les poumons y amène des changements matériels dont la constatation est d'une grande importance. Ainsi , la pénétration de l'air clans les cellules des poumons leur donne une légèreté spécifique plus considérable que celle qu'ils avaient auparavant , et change leur coloration brunâtre en une teinte rosée ; en outre , la dilatation qu'ils ont acquise augmente leur volume , de telle sorte qu'ils soulèvent les côtes , les écartent et donnent au thorax une forme voûtée que l'on désigne sous le nom de voussure ; le diaphragme est au contraire refoulé vers l'abdomen.

Les organes qui servaient à la circulation du sang de la

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