DU VAGISSEMENT UTÉRIN
térus dilaté , la tête de l'enfant se trouve placée au détroit supérieur, ou plus ou moins engagée dans l'excavation du bassin , soit qu'elle présente la face , l'occiput ou même la région temporale ;
2° Il peut y avoir vagissement utéro-vaginal , ou extravaginal , lorsque la tête est parvenue dans le vagin , qu'elle s'est engagée dans l'anneau vulvaire , ou qu'elle est sortie entièrement dehors ;
3° Lorsque dans les positions des pieds , des genoux , des fesses , la tête restant seule engagée dans les parties génitales de la mère , le reste du corps est déjà en dehors ;
k° Quant à la possibilité du vagissement avant la rupture des membranes , on ne peut que la rejeter.
M. Gaffe tire de tout ceci la conséquence , que l'enfant peut respirer dans le sein de sa mère ; qu'ainsi donc la respiration peut précéder la naissance du fœtus, et ce dernier peut mourir avant d'avoir été expulsé complètement.
Nous avons cru devoir citer ces opinions , quoique nous ne les adoptions pas. La question du vagissement utérin est une de celles qui n'a pas encore été assez approfondie pour que , sous le rapport médico-légal surtout , on puisse en donner une solution aussi tranchée que celle de M. le docteur Gaffe.
Troisième objection. — Les poumons d'un enfant qui a respiré peuvent ne pas surnager.
Les poumons pourront en effet se précipiter en partie dans l'eau , s'il y a chez l'enfant une maladie des organes respiratoires , qu'elle se soit développée avant ou pendant la naissance : ainsi la congestion pulmonaire sans inflammation , Fhépatisation rouge , l'hépatisation grise , un état d'engorgement dont M. Devergie a fait un genre particulier, qu'il désigne sous le nom d'endurcissement lardaciforme, ne permettront à l'air qu'une introduction partielle dans les vésicules, où peut-être il n'aura pas séjourné.
Dans ces cas , les poumons seront plus lourds que l'eau; mais on reconnaîtra les altérations pathologiques, et la pression sous l'eau des fragments indurés prouvera qu'il n'y a pas eu respiration complète.
Nous ne parlerons des méthodes docimasiques proposées par Daniel et par Bernt , que pour dire en quoi elles consistent, et constater qu'elles ne sont pas employées.
Daniel (1) a proposé, en 1780, d'apprécier l'augmentation de volume et de poids des poumons ayant respiré , en partant de ces principes , que tout corps plongé dans l'eau déplace un volume d'eau égal au sien , et qu'il perd de son poids un poids égal à celui du volume d'eau déplacé. — Le volume et le poids des poumons d'un fœtus mort sans avoir respiré , servaient de point de départ pour les comparaisons. Mais les difficultés de l'opération , et de se procurer en tout lieu les instruments nécessaires, ont fait négliger cette méthode.
Bernt , reconnaissant l'insuffisance de l'épreuve hydrostatique pour déterminer si la respiration a été incomplète, a voulu trouver un procédé qui indiquât si le volume ou le poids absolu des poumons ont éprouvé une augmentation ou une diminution. La construction du vase qui est nécessaire à cette opération offre de grandes difficultés de bonne construction; et l'hépatisation ou la congestion des poumons suffisent pour faire varier le volume et le poids , et rendre les expériences inutiles (2).
Cette méthode n'est pas employée, et avec raison, car son exécution n'est pas à la portée de tous les médecins.
M. Devergie s'est attaché à établir, en médecine légale , une distinction entre ces deux questions: L'enfant a-t-il vécu ? L'enfant a-t-il respiré ? Et , selon lui , le crime à' infanticide peut être commis sur un enfant qui a VÉCU , mais qui n'a pas respiré.
(!) De infanlum hupèr nalorurri umbiiico el pulnwnibus. ïlul!e,i 780. (2) Pour plus de détails, voir Orfila, Méd. légale,