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plus positifs pour la détermination de l'âge. 11 a observé que l'exfoliatiou se manifeste par des sillons , puis par des écailles ou des lames irrégulières , enfin par une sorte de poussière. Elle commence par l'abdomen , et gagne la poitrine , les aines et les aisselles , enfin les membres. Cette exfoliation s'opère vers le douzième jour, et elle n'est complète que du 30e au Ude jour.
Depuis combien de temps l'enfant est-il mort?
La connaissance des phénomènes de la putréfaction , à l'air libre , dans l'eau , le fumier, sert à répondre à cette question ; on en trouvera donc la solution dans ce que nous avons déjà dit (p. 124). On puiserait des détails plus circonstanciés dans le traité des exhumations de M. Orfila (1).
La mort de V enfant est-elle naturelle ?
Nous avons déjà dit que l'enfant peut périr avant , pendant ou après l'accouchement , et nous avons cité quelques unes des causes qui ont pu entraîner la mort. Ce serait dépasser les limites qui nous sont imposées que de revenir avec détails sur ce que nous avons déjà exposé. Aussi nous bornerons-nous à rappeler que les vices de conformation (p. 229), la faiblesse de constitution , les diverses maladies du foetus (p. 227), doivent être constatées avec soin, et qu'en l'absence de traces de sévices , elles peuvent suffire pour expliquer la mort naturelle.
La mort est-elle le résultat de violences ?
La constatation des diverses traces de blessures ou de violences et les caractères qui servent à reconnaître si elles constituent ce que certains auteurs appellent Infanticide par commission , méritent un examen particulier.
Contusions. — Si elles résultent du travail de l'accouchement, elles ont l'aspect et les caractères que nous avons décrits (p. 233) , et elles occupent la tête ou la partie du corps par laquelle la présentation a eu lieu ; mais la forme
(1) Traité des Exhumations, tom. i, p. 202.
des contusions, leur multiplicité, leur siège et leur profondeur ; la quantité du sang épanché , sa fluidité ou sa consistance en caillots, sont autant de signes essentiels, lorsque surtout ils correspondent à des fractures ou à des luxations. Il ne faut pas oublier cependant que certaines de ces lésions peuvent être accidentellement la conséquence de l'accouchement pendant la sortie brusque de l'enfant, comme Henke et Chaussier l'ont établi.
M. le docteur Danyau a publié (1) sept observations dans lesquelles des fractures des os du crâne du fœtus ont été le résultat d'accouchements spontanés. — ■ Dans tous ces cas , il y avait rétrécissement du bassin. De pareils faits ont une grande importance , car ils rendent beaucoup plus difficile encore l'appréciation des fractures qui sont consécutives aux violences faites volontairement.
Pour déterminer les effets que pourrait produire sur le crâne l'expulsion brusque de l'enfant tombant sur le sol, la femme étant debout, les jambes écartées, Chaussier a laissé tomber de différentes hauteurs des enfants morts , et il a observé que douze sur quinze présentaient des fractures en tombant de 50 centimètres de hauteur. Mais Klein a recueilli 183 cas d'accouchements dans lesquels 150 fois les femmes étaient debout , et pas un seul enfant n'est mort; aucun n'a éprouvé de fissure ou de fracture des os du crâne.
Les conséquences d'une chute pendant la vie sont donc bien différentes de celle qui a lieu après la mort.
En résumé , nous dirons avec Marc : 1° qu'il n'est pas impossible que l'expulsion brusque et imprévue de l'enfant, suivie de sa chute sur un corps dur, puisse produire des fractures et autres lésions graves de la tête; 2° que cet effet est en général fort rare, et qu'il est à peu près impossible lorsque l'enfant ne tombe sur le sol que d'une hauteur
(1) Journal de Chirurgie, p. 40. Janvier 1843.
DE LA MORT DE L ENFANT. îl\l
égale à la distance ordinaire des parties génitales de la femme; 3° qu'il est peu probable, à moins que l'enfant ne tombe d'une hauteur considérable, que sa chute entraîne instantanément la mort ; /i° qu'il est impossible , l'enfant étant d'ailleurs régulièrement constitué , que cette mort survienne dès les premières heures de la naissance par le seul effet de sa chute sur le sol , de la hauteur des parties génitales de la mère , celle-ci étant même debout ; 5° qu'il faut un degré de violence beaucoup moindre pour fracturer le crâne d'un enfant mort que pour fracturer celui d'un enfant vivant.
Blessures. — Les plaies pénétrantes, les sections, la détroncation ne laissent aucun doute sur le crime , quand il est établi que l'enfant était vivant. Leurs caractères particuliers ont été déjà décrits (p. 59) ; nous y renvoyons le lecteur.
Asphyxie par défaut (V air. — Tout obstacle à la respiration pourra la déterminer.
Ainsi l'application , autour du corps de l'enfant, de linges très serrés; l'introduction, dans la bouche, de tampons ou de corps étrangers peuvent avoir occasionné l'asphyxie sans qu'ils aient laissé de traces appréciables, s'ils ont été enlevés aussitôt après la mort. Des pressions exercées sur la bouche , le nez ou sur le cou sont en général plus facilement constatées , car elles déterminent le parcheminement de la peau , et quelquefois des ecchymoses sous -cutanées , la présence, autour du cou, d'un lien ou son empreinte ecchyinosée établissent de grandes probabilités d'un meutre.
V asphyxie par submersion ne se reconnaît qu'avec beaucoup de difficultés (1) ; la plupart des signes de la submersion pendant la vie chez l'adulte deviennent peu évidents , car la putréfaction gazeuse envahit les tissus du
(2) Devergie, Médecine légale, 2e édiî, 1840, t. i, pag. 677.
fœtus dès qu'il a été exposé à l'air après sa sortie de l'eau. Mais on peut noter si la respiration a été complète, circonstance qui pour les magistrats peut établir la présomption d'infanticide.
LA MORT DE L ENFANT EST-ELLE SEULEMENT LA CON- SÉQUENCE DE DÉFAUT DE SOINS?
Plusieurs auteurs comprennent cette question sous la dénomination d'infanticide par omission. Si le défaut de soins résulte de l'ignorance, il n'y a pas lieu à poursuites judiciaires; si l'omission a été volontaire , il n'y a pas pour cela infanticide , mais un homicide par négligence ou inattention qui n'est puni que (Gode pénal, art. 319) d'un emprisonnement de trois mois à deux ans, et d'une amende de 50 à 600 francs.
L'hémorrhagie par le cordon ombilical peut survenir par l'oubli de la ligature du cordon, soit qu'il ait été coupé, soit qu'il ait été arraché par traction , avant que la respiration se soit établie. L'hémorrhagie se manifeste d'autant plus fréquemment que la section du cordon est plus rapprochée de l'ombilic.
Après l'établissement de la respiration , l'hémorrhagie peut se produire. Aux observations de Mauriceau , de Desglands (1), de Merriman , qui ont vu la mort survenir par suite du relâchement de la ligature du cordon , je joindrai mes propres observations. Dans deux cas , la mort est survenue par cette cause ; dans deux autres circonstances , l'hémorrhagie s'est effectuée , mais n'a pas été suivie de mort. Dans ces quatre faits, voici ce que j'ai pu remarquer : la ligature avait été faite avec des fils plats graissés
(1) Maladies des femmes grosses , p. 393. — Desglands , Journal fjèn.y p. 345. — Merriman, Synopsis on difficull pàrlurit., p. 22. — Albert, Annales d'Hygiène , t. vi, p. 155.
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et non pas cirés; les cordons étaient volumineux et gras, de telle sorte que pendant leur flétrissure , la ligature s'est desserrée et est devenue trop lâche; un suintement sanguin s'est opéré par les vaisseaux ombilicaux, et a déterminé en quelques heures les accidents que je viens d'indiquer.
La décoloration de la peau et des muscles, la vacuité du cœur et des vaisseaux artériels et veineux , servent à faire reconnaître la cause de la mort.
D'après les faits que nous avons cités, la présence d'une ligature sur le cordon d'un enfant qui présenterait cet aspect, ne prouve pas que l'hémorrhagie n'ait pas déterminé la mort , et d'ailleurs ce lien aurait pu être appliqué avec intention après la mort.
L'exposition au froid, le défaut de nourriture, le séjour de l'enfant dans les liquides de V accouchement , V asphyxie qui résulte de V entortillement du cordon autour du cou , sont autant de défauts de soins qu'il nous suffira d'énumérer.
On ne pourra apprécier la culpabilité de la mère ou des personnes qui l'entouraient lors de son accouchement, qu'en connaissant avec exactitude les circonstances particulières du fait, la difficulté du travail, l'état d'éclampsie de la mère, son isolement, etc.