EXAMEN MICROSCOPIQUE DES TACHES L>E SANG
tinguer, par l'odeur, le sang d'homme du sang de femme, et à le différencier de ce liquide chez les animaux.
Des recherches nombreuses ont été faites sur ce sujet, et les observations de MM. Couerbe , Leuret , lludkind , Ehrards , Merk , Soubeiran , Denis , Chevallier, ont démontré que , dans l'état actuel de la science , il n'est pas possible , dans une expertise médico-légale , de se prononcer sur la nature distinctive du sang humain ou des animaux , d'après l'odeur que Von parvient à dégager de ce liquide.
Examen microscopique du sang. — L'étude physiologique du sang, l'examen de ses parties constituantes, ont été rendus très complets au moyen du microscope ; mais , tout récemment encore, on regardait comme impossible de distinguer le sang humain et des mammifères du sang des ovipares. En médecine légale , cette distinction acquiert une très grande importance , alors même que la nature des taches aura été reconnue par l'analyse chimique. En effet, ce sang , trouvé sur des vêtements ou sur un instrument , peut être du sang de poisson , d'oiseau , de reptiles ou de chameau.
M. le docteur Mandl (1) a publié le résultat de ses recherches , qui méritent l'attention de tous ceux qui s'occupent de médecine légale.
« On verse , dit-il , sur une lame de verre une goutte » d'eau distillée ; on détache ensuite avec la pointe d'une » aiguille quelques écailles de la tache de sang que l'on » veut examiner, et on les place sur la goutte d'eau ; après » quelques instants de contact, l'eau se colore , et les par- » ticules solides blanchissent ; on les recouvre alors avec » une seconde lame de verre qui chasse l'excès d'eau , puis » on examine au microscope , en observant surtout les » bords transparents des particules.
» On sait que les globules du sang placés dans l'eau se
(1) Mandl , Recherches médico-légales sur le sang. Thèse. 18^2.
» décolorent et ne laissent qu'une couche blanche, formée » par de la fibrine. Les globules sanguins étant entièrement » décolorés , il n'en restera aucune trace s'ils viennent de » sang de mammifères , tandis que dans le liquide prove- » nant d'ovipares on apercevra au milieu de la cou- » che blanche de fibrine un grand nombre de noyaux » oblongs. »
Mais on ne peut pas distinguer plus le sang des mammifères entre eux , à l'exception de celui du chameau , que le sang de l'homme avec celui des autres mammifères.
Taches pouvant être confondues avec du sang. — Les taches de rouille (sous-carbonate de tritoxide de fer) ont une couleur rouge-jaunâtre si elles sont sur une lame de fer; la chaleur ne les fait pas écailler comme celles qui sont produites par du sang ou par du jus de citron. Une goutte d'acide chlorhydrique pur, versée sur la rouille , se colore à l'instant en jaune. Le fer reprend sa netteté, et en étendant d'eau distillée la dissolution acide, on obtient par l'hydrocyanate ferrure de potasse et la noix de galle toutes les réactions des sels de fer.
Les taches formées par du jus de citron ont une teinte brun-rougeâtre , noirâtre si elles sont épaisses. — La chaleur modérée les fait écailler ; portée plus haut , elle donne lieu à un dégagement volatil acide qui rougit un morceau de papier de tournesol humide placé au-dessus.
La dissolution par l'acide chlorhydrique est jaune; étendue d'eau, elle donne par les réactifs ci-dessus indiqués les précipités des sels de fer.
Si aux taches de rouille et de citrate de fer se trouvait mêlé du sang , en plongeant dans l'eau distillée la portion de l'instrument sur laquelle il se trouve, on verrait des stries rougeâtres traverser le liquide et s'accumuler au fond du vase. Cette liqueur rouge présenterait alors , par la chaleur, tous les caractères particuliers au sang et que nons avons décrits précédemment. Si l'on verse sur une