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DE I- IDENTITÉ

rendre les cheveux noirs, quelle que soit leur couleur primitive ; que les cheveux naturellement noirs peuvent devenir châtains plus ou moins foncés, ou prendre une nuance plus ou moins blonde ; et que les cheveux teints peuvent être ensuite rendus à leur couleur primitive.

Plusieurs procédés peuvent être employés pour rendre les cheveux noirs :

Pour teindre les cheveux en noir.

1° On se sert souvent du mélaïnocome , mélange de pommade et d'un charbon léger; mais les cheveux teints par ce procédé noircissent les doigts ou les linges , même plusieurs jours après son application.

2° On donne aux cheveux une belle couleur noire en les lavant d'abord avec de l'eau ammoniacale, les mouillant avec une dissolution de chlorure de bismuth, les lavant et les mettant en contact avec de l'acide sulfhydrique liquide.

3° On obtient les mêmes résultats en employant, au lieu de chlorure de bismuth, l'acétate ou le sous acétate de plomb; mais, en se séchant, les cheveux deviennent d'un brun rougeâtre.

h° On se sert avec succès

Pour reconnaître cette coloration factice.

Une mèche de cheveux étant mise dans de l'eau bouillante, la pommade se fond et surnage , le charbon se précipite.

Une mèche de ces cheveux traitée par l'acide chlorhydrique ou le chlore faible , reprend sa couleur primitive au bout d'une heure ou deux; et le liquide provenant de cette opération, évaporé à sicci té, donne un produit qui a tous les caractères des sels de bismuth.

On opère de même sur une mèche de cheveux, et le produit se comporte avec les réactifs comme les sels de plomb.

L'acide azotique, versé sur ' û.

une mèche de cheveux, produit une effervescence , et il se forme de l'azotate de plomb et de l'azotate de chaux. En traitant la liqueur par l'acide suifhydrique , on obtient du sulfure de plomb noir, et la liqueur filtrée contient un sel de chaux.

Les acides chlorhydrique ou azotique très faibles leur rendent leur couleur primitive, et donnent des liquides tenant en dissolution du protoxyde de plomb.

La couleur violette, et l'action du chlore liquide étendu d'eau, qui donnent un précipité de chlorure d'argent blanc et caillebotté , décèlent de suite cette coloration factice.

C'est au moyen du chlore étendu d'eau que l'on décolore les cheveux naturellement noirs ; et l'on peut les faire passer par toutes les nuances de châtain foncé ou châtain clair, de blond foncé , de blond clair, et môme les rendre blancs si on les laisse assez longtemps en contact avec cet acide étendu, ou si le chlore a encore suffisamment de force. L'odeur de chlore , qui persiste malgré toutes les lotions que l'on puisse faire, se reconnaît facilement, et les cheveux deviennent d'autant plus durs et plus cassants que le chlore employé était moins étendu ; mais , comme le remarque avec raison M. Orfiîa, lorsqu'un individu a de fortes raisons de se dérober aux poursuites de la justice, l'odeur

d'un mélange de litharge, de craie et de chaux vive hydratée, récemment éteinte:

on en imprègne les cheveux, et on les frotte au bout de quelques heures , d'abord avec du vinaigre étendu d'eau , puis avec du jaune d'œuf.

5° Après avoir dégraissé les cheveux avec un jaune d'œuf , on les mouille pendant environ une heure avec un solutum chaud de plombite de chaux : leur couleur est d'un beau noir.

6° Une dissolution d'azotate d'argent ne donne le plus souvent qu'une couleur plus ou moins violette ; cette liqueur est d'ailleurs trop caustique pour qu'on emploie ce procédé.

DE L'IDENTITÉ. Uo

désagréable et la dureté des cheveux sont de légers inconvénients, en comparaison de l'avantage qu'il trouve à changer successivement et à volonté la couleur de sa chevelure.

M. Devergie admet avec peine qu'un individu cherche ainsi à se décolorer les cheveux, parce que, dit-il, il infecterait toutes les personnes qu'il approcherait, à moins qu'il n'employât les moyens de neutraliser le chlore. Nous ne voyons pas qu'il y ait là rien d'impossible; et celui qui a intérêt à se cacher ne néglige rien de ce qui peut le faire réussir. Un inconvénient plus grand, mais que l'on parvient à dissimuler, c'est le défaut d'uniformité dans la décoloration après plusieurs teintures successives.

Nous verrons, en parlant des exhumations, que longtemps après la mort, le seœe, la taille de l'individu et Y âge approximatif, peuvent être déterminés quand bien même il ne reste qu'un squelette ou quelques uns des os qui Font composé.

Exemple d'un rapport d'identité. — Hernie; cicatrices de bubons; engorgement testiculaire. — Cicatrice d'une plaie.

Nous, soussigné, Henri-Louis Bavard, docteur en médecine, avons été commis par ordonnance de 31. P. Voizol, juge d'instruction , à l'effet de visiter le sieur Couvry (Simon-Victor), et de constater s'il est atteint d'une hernie , et s'il porte une grosseur sur l'une des mains.

Nous nous sommes transporté à la maison de détention de Sainte-Pélagie, où nous avons examiné le sieur Couvry (Simon-Victor) , âgé de trente-deux ans , charpentier. Il nous a déclaré qu'il n avait pas de descente ou de hernie.

Nous l'avons visité, et nous avons reconnu qu'il était atteint d'une hernie inguinale droite assez volumineuse pour devoir nécessiter un bandage compressif.

En outre , nous avons remarqué que cet homme avait dans l'aine droite deux cicatrices déjà anciennes de bubons syphilitiques; le testicule gauche est plus volumineux que

kk MANUEL DE MÉDECINE LÉGALE.

le droit, pyriforme à sa partie antérieure, dur et bosselé à sa surface. Ces divers signes suffisent pour nous permettre d'établir que le sieur Couvry a été atteint, il y a quelques années, de maladie vénérienne grave.

Sur la main gauche , au niveau de l'articulation du métacarpien et de la première phalange du pouce, il existe la cicatrice saillante en forme de couture, d'une plaie longue de 3 centimètres et demi, oblique de dedans en dehors. La cicatrisation de cette plaie a dû se faire lentement; la peau est adhérente à une tumeur du volume d'une petite amande ; dans les mouvements de flexion du pouce , la grosseur paraît assez considérable. Le sieur Couvry attribue cette plaie à une coupure qu'il s'est faite.

Paris, 22 avril 1842.

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