PRÉPARATIONS I>E CUIVRE
Cuivre. — Métal rouge, brillant, malléable, dont la densité est de 8,5 environ, ne se fondant qu'au-dessus de la chaleur rouge-cerise. Il n'est pas attaqué à froid par les acides sulfurique et chlorhydrique , même concentrés. L'acide sulfurique bouillant et l'acide azotique à la température ordinaire l'attaquent très vivement; mais lorsque ce dernier acide est trop concentré, son action est nulle, et il faut y ajouter un peu d'eau.
Les dissolutions salines de cuivre ont une couleur bleue assez belle, tirant légèrement sur le vert. Un barreau de fer bien décapé , plongé dans ces dissolutions acidulées, se recouvre bientôt à sa surface d'une couche de cuivre métallique. L'acide sulfhydrique et les sulfhydrates précipitent en noir les sels de cuivre. La potasse et la soude caustique donnent d'abord un précipité bleu-verdâtre pâle de sous -sel de cuivre , puis un précipité un peu plus foncé
(I) Journal général de Médecine , de Chirurgie et de Pharmacie, juillet 1823.
U2k MANUEL DE MÉDECINE LÉGALE.
d'hydrate d'oxide de cuivre, qu'elles ne peuvent redissoudre; ce précipité, lavé et chauffé, se déshydrate, devient noir.' Chauffé sur un charbon, à la flamme intense du chalumeau, il reproduit du cuivre métallique. L'ammoniaque, ajoutée lentement, fait naître un semblable précipité; versé en excès, il redissout le précipité et communique à la liqueur une couleur d'un beau bleu. Le cyanure jaune de potassium et de fer donne, avec les dissolutions de cuivre, un précipité marron très foncé, si la liqueur est concentrée ; mais si elle est trop étendue, il ne lui communique qu'une teinte brune-jaunâtre.
Le cuivre pur n'est pas vénéneux, mais il est susceptible de le devenir quand il est placé dans certaines circonstances. Les principales sont : son exposition à l'air humide, son contact avec les liquides aérés ou avec des aliments , surtout quand ils renferment un acide libre ; aussi l'usage des ustensiles de cuivre est-il très dangereux.
La limaille de cuivre introduite dans l'estomac n'amène pas d'accidents. Il n'en serait pas de même si elle était oxidée, car les acides de l'estomac formeraient avec l'oxide un sel vénéneux (Drouard) (1). Portai a rapporté un cas dans lequel le cuivre incorporé à de la mie de pain et administré à une hydropique, a amené des accidents (2).
Acétate de cuivre neutre (cristaux de Vénus, verdet cristallisé). — Solide, d'un vert foncé, cristallisant en prismes rhomboïdaux obliques ou en poudre d'un bleu verdâtre. Il a une saveur astringente et métallique. Si on le chauffe à la flamme d'une lampe à alcool dans un tube fermé à l'une de ses extrémités et effilé , il fournit des go uttelettes d'un liquide très acide qui donne au papier de tournesol une couleur d'un rouge vineux, et répand
(1) Expèr. et observ. sur ï 'empoisonnement par, l'oxide de cuivre. Dissertation, 1802, p. 8.
(2) Portal, Observ. sur- les effets des vapeurs méphitiques, 6e édit., p. 437.