PRÉPARATIONS DE CUIVRE. Z
l'odeur pénétrante de l'acide acétique. Si l'on ferme le tube quand la distillation est terminée et si on l'ouvre après le refroidissement, on y trouve du cuivre en poudre impalpable, qui prend feu par l'approche d'un charbon incandescent , et brûle sans flamme en donnant de l'oxide noir de cuivre.
L'acide sulfurique , versé sur l'acétate de cuivre , en dégage de l'acide acétique reconnaissable à son odeur. La dissolution concentrée d'acétate neutre de cuivre a une couleur bleue-verdâtre très foncée , et jouit des propriétés des sels de cuivre qui ont été indiquées plus haut. Mais quand la dissolution est étendue, il est impossible d'y reconnaître la présence de l'acide acétique; dans ce cas, le ferro-cyanure de potassium est le réactif le plus sensible du cuivre.
M. Boutigny (1) a indiqué une réaction encore plus puissante, mais qui, en raison même de son extrême sensibilité ^ ne permet pas de conclure qu'il y a eu empoisonnement , lorsque ce moyen a été employé seul. Il consiste à suspendre , à l'aide d'un cheveu, la moitié d'une aiguille fine au milieu du liquide préalablement acidulé par l'acide sulfurique (six gouttes d'acide pur pour 250 grammes de liquide) ; l'appareil ainsi disposé est placé sous une cloche et abandonné à lui-même pendant deux ou trois jours, au bout desquels l'aiguille est recouverte de cuivre rouge si la liqueur renfermait ce pernicieux métal.
Acétate bibasiqzie d'oxide de cuivre (verdet ou vert-degris du commerce). — Substance solide, bleue-verdâtre, en masses cristallines ou en poudre dont l'odeur rappelle quelquefois celle du vinaigre; sa saveur astringente et métallique est des plus désagréables. Chauffé sur une lame de platine à la lampe à alcool, cet acétate brûle avec flamme en scintillant, et laisse un résidu noir d'oxide de cuivre.
(1) Journ. de Chim. méd., 1833.
Traité par l'acide sulfurique, il donne une odeur d'acide acétique, et se comporte en général comme l'acétate neutre de cuivre, si ce n'est qu'il n'est pas complètement soluble dans l'eau, qui, par des lavages prolongés, finit par laisser un résidu noir d'acétate polybasique.
MM. Drouard, Orfila et Smith ont fait des expériences propres à faire connaître l'action que les acétates de cuivre exercent sur l'économie animale. Il en résulte que ces poisons donnent la mort dans les premières vingt-quatre heures de leur ingestion, lorsqu'ils sont administrés à la dose de 12 à 15 grains; qu'au-delà de cette dose, la mort survient dans les deux premières heures.
Les symptômes sont ceux déterminés par les poisons les plus irritants. Le malade éprouve à la gorge une saveur acre et cuivreuse , et quelquefois un resserrement spasmodique ; la langue est sèche et la soif vive. Des douleurs déchirantes se font sentir à la région précordiale et dans tout l'abdomen , qui est souvent ballonné. Il y a des vomissements de matières bleuâtres , des selles abondantes mucoso - sanguinolentes , des crachotements continuels , une violente céphalalgie , de la dypsnée ; le pouls est petit , fréquent , irrégulier ; la mort est précédée d'une insensibilité presque complète ou de mouvements convulsifs , et même de secousses tétaniques. Lorsque l'empoisonnement est causé par des aliments préparés dans des vases de cuivre, ces accidents ne se déclarent guère que douze ou quinze heures après le repas, et lorsqu'on a arrêté les effets du poison (au moyen de l'albumine ou blancs d'œufs) , les symptômes qui persistent le plus longtemps sont la cardialgie et les coliques.
Dans une expertise médico-légale, il est important de se mettre à l'abri de toute supposition relative au cuivre qui, d'après les recherches de M. Devergie, se trouve na turellement contenu dans le corps de l'homme (1).
(1) Devergie, Méd. légale, 1840, t. m, p. 529.