‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 101 sur 179 · PARALYSIE GENERALE (ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PARALYSIE GENERALE (ANATOMIE PATHOLOGIQUE

culaire (paralysie générale alternante), la durée peut devenir beaucoup plus longue, et s'étendre à un espace de sept, huit, et même dix ans et plus.

Enfin, lorsque la folie paralytique se manifeste seule (paralysie générale latente), la maladie peut guérir, soit temporairement, soit définitivement, les lésions incurables de la démence paralytique ne s'étant pas encore produites.

Anatomie PATHOLOGIQUE. — Les lésious qu'on rencontre le plus habituellement dans la paralysie générale sont de deux ordres : les lési ns macroscopiques, les lésions microscopiques.

Lésions macroscopiques. — La dure-mère est très souvent épaissie, adhérente aux parois du crâne.

L'arachnoïde est également épaissie, elle présente des opacités, est distendue par des vaisseaux gorgés de sang et renferme des îlots de granulations conjonctives surtout au niveau de la grande scissure interhémisphérique.

La pie-mère est habituellement injectée et couverte d'arborisations. Elle présente parfois des traînées blanchâtres au pourtour des vaisseaux.

Les méninges sont à peu près constamment adhérentes à la couche corticale du cerveau. Ces adhérences^ signalées par les premiers auteurs, sont considérées avec raison comme une des lésions macroscopiques les plus caractéristiques et les plus constantes. Dans certains cas rares, elles peuvent manquer. Quelquefois elles sont à peine apparentes, surtout si le malade est mort au début de son affection ; la méninge happe

seulement alors à Fécorce cérébrale. Le plus souvent la méninge en se détachant, entraîne avec elle des îlots de couche corticale, en sorte qu'après son ablation, le cerveau présente çà et là des érosions, des ex ulcérations plus ou moins profondes. Le siège le plus habituel des adhérences est la superficie des plis corticaux au niveau des régions antéro-latérales de Fécorce, surtout au niveau des circonvolutions qui avoisinent le sillon de Rolando. Parfois, au contraire, elles prédominent dans la région occipitale ; enfin, tout le cerveau peut en être parsemé.

La couche corticale est diminuée, il y a résorption, atrophie. Elle est surtout ramollie, et s'enlève en bouillie. Elle se sépare avec d'autant plus de facilité de la substance blanche que celle-ci au contraire, est indurée. En grattant avec le dos du scalpel, la couche corticale se détache et on produit le phénomène des crêtes (Baillarger), c'est-à-dire qu'on fait saillir des crêtes blanches, fermes, résistantes, entièrement dépouillées de substance grise.

Les ventricules latéraux, et particulièrement le quatrième ventricule, sont tapissés de sérosité et présentent presque toujours des granulations dites épendymaires (Joire,Magnan et Mierzéjewski). Ces granulations sont comme des grains de parchemin, de la chair de poule ; lorsqu'on ne les voit pas de champ, on peut les rendre visibles en regardant obliquement la surface de l'épendyme. Quelquefois, les parois des ventricules en sont criblées. La cavité des ventricules- latéraux paraît agrandie.

Lésions microscopiques. — Au début, on constate une

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