FOLIE GASTRO-INTESTINALE
due au déplacement du côlon transverse. Wichmann, Hesselbach et Greding avaient déjà signalé le même fait. Bayle a également établi, dans sa thèse, que l'e/ztérite Qi Idi. gastro-entérite pouvaient amener, sympathiquement, des désordres cérébraux. Il cite comme phénomène caractéristique du trouble intellectuel provenant de cette cause, les idées fixes d'empoisonnement, qui conduisent les malades au refus de nourriture. Il semble, dit-il, que malgré le désordre survenu dans la faculté de perception, ils sentent la maladie dont sont atteints les organes de la digestion. Bergmann, à son tour, s'est attaché à prouver que la mélancolie et la manie dépendaient souvent d'un rétrécissement du côlon.
Enfin, dans un récent mémoire, le docteur Holthof établit que le catarrhe duodénal, surtout lorsqu'il est passé à l'état chronique, produit une dépression marquée chez les sujets qui en sont atteints; mais chez les individus déjà prédisposés aux névroses, il peut devenir la source d'affections mentales plus sérieuses. Dans presque tous les cas, les symptômes sont ceux de Vhypochondrie ; d'autres fois, il se développe une véritable mélancolie avec idées de persécution, d'indignité, exagération maladive de la conscience, etc., etc., ou bienles malades deviennent inquiets, chagrins, querelleurs, d'une irritabilité excessive.
Les altérations du péritoine et de ses replis, le mésentère et les épiploons, peuvent également entraîner des désordres psychiques.
La plupart des affections gastro-intestinales, si bénignes qu'elles soient en apparence, sont donc sus-
ceptibles d'engendrer l'aliénation mentale. Mais de toutes celles qu'on voit ainsi réagir sur l'intelligence, en dehors du cancer, qui est une maladie généralisée, la dyspepsie occupe certainement la première place.
Tous ou presque tous les dyspeptiques présentent, à un degré quelconque, des troubles intellectuels, des bizarreries de caractère, des accès de dépression ou une tendance marquée à V irritabilité et à l'emportement, une propension souvent irrésistible au suicide^ mais surtout à la dipsomanie. Il n'est pas rare, non plus, de voir lafdyspepsie conduire à l'aliénation mentale, et c'est particulièrement dans ces cas qu'on voit les troubles chroniques de Testomac s'améliorer avec l'apparition de la folie, pour se manifester à nouveau quand celle-ci disparaît à son tour.
Dans une récente étude sur la maladie cérébro-gastrique, le docteur Leven a indiqué les rapports qui existent entre les affections de l'estomac et l'intelligence, et tracé le tableau des symptômes psychiques qui accompagnent la maladie. L'affaiblissement intellectuel, des troubles sensoriels divers, un sentiment d'anéantissement et de faiblesse extrême, enfin un véritable délire hypochondriaqae , tels sont, d'après cet auteur, les phénomènes intellectuels qu'il est le plus fréquent d'observer.
Il faut ajouter, pour être complet, que les troubles dyspeptiques, qu'ils soient la véritable cause de la folie ou qu'ils soient survenus chez des individus déjà aliénés, déterminent habituellement deux symptômes d'ordre psychique presque caractéristiques. Ces symptômes sont : en premier lieu le refus d'aliments, si