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FOLIE CARDIAQUE

dant, les lésions des autres orifices peuvent aussi jouer un certain rôle, et M. Duplaix a rapporté tout récemment, dans Y Encéphale^ un cas de folie avec agitation, hallucinations de la vue et de l'ouïe, idées de persécution, manifestement liée à une insuffisance tricuspide.

La folie cardiaque affecte le plus souvent la forme mélancolique^ au moins dans les cas d'affections mitrales, car d'après certains auteurs et notamment M. d'Astros, qui a récemment défendu cette thèse, les aortiques seraient des excités et les mitraux des déprimés ; en sorte que les premiers aboutiraient plutôt à la manie ^ sous toutes ses formes, et les seconds à la lypémanie.

La dépression, chez ces malades, va quelquefois jusqu'à la stupeur \ la tendance au suicide, déjà signalée par Gorvisart, est fréquente chez eux; enfin, ils ont également une propension marquée aux impulsions et aux actes morbides^ surtout à {'emportement et aux actes de violence.

Les conceptions délirantes^ très variables, ne se présentent pas, chez eux, avec un type unique; il semble cependant que les idées de persécution soient particulièrement fréquentes dans la folie cardiaque et elles forment souvent la base même du délire. Quant aux hallucinations, elles viennent très souvent se joindre à cet état mental, et dans ce cas, elles peuvent avoir quelque rapport de nature ou de caractère avec la maladie organique, comme chez cette cardiaque dont j'ai cité l'histoire autre part, et qui entendait une voix lui parler dans le cœur.

La folie cardiaque est une folie à oscillations brusques^ kressautSy intermittente ou plutôt rémiï^ew^e dans ses allures et dans ses manifestations. Les troubles délirants subissent d'habitude l'influence de la maladie cardiaque. C'est au moment des recrudescences de cette maladie qu'ils sont le plus prononcés. Ainsi, Rownley a donné des soins à une dame, qui, au moment de l'exacerbation de ses souffrances, éprouvait un penchant irrésistible au meurtre. Tantôt elle aurait voulu immoler tous ses amis les plus chers ; tantôt elledirigeait contre elle-même ses résolutions funestes. Quelquefois, au contraire, on observe une sorte de balancement contradictoire entre les troubles somatiques cardiaques et les troubles intellectuels.

La. folie cardiaque est grave, par ce que la cause, la maladie du cœur, est permanente et incurable. Les accès de folie, qui le plus souvent affectent, comme nous l'avons dit, le type intermittent ou rémittent, guérissent d'ordinaire, mais le plus souvent ils se reproduisent et sont particulièrement sujets aux récidives.

Nous n'avons pas à parler ici des troubles intellectuels qui accompagnent parfois Vasystolie. Il ne s'agit plus dans ce cas, en effet, d'une véritable folie, mais d'une espèce de délire toxique, analogue à celui des deruières périodes de la phthisie.

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