PRINCIPES SPECIAUX
La plupart des considérations de thérapeutique relatives aux aliénés ayant été exposées au chapitre du traitement en général, nous devons nous borner à formuler ici quelques indications pratiques applicables à certains cas particuliers, tels que les moyens de contention chez les agités, les soins à donner aux gâteux, enfin, V alimentation forcée des sitiophobes.
\° Moyens de contention chez les agités. — Bien qu'une excitation trop violente soit évidemment incompatible avec le traitement à domicile, il peut arriver qu'on ait affaire, dans la pratique courante, à des malades qui, brusquement ou progressivement, en arrivent à un état d'agitation plus ou moins incoercible. Dans ces cas, le traitement par les calmants et les sédatifs nerveux n'est pas la seule indication à remplir, et il devient nécessaire de contenir l'aliéné, pour empêcher les conséquences de son délire ou de sa fureur. Cette nécessité s'impose surtout lorsqu'il y a tendance manifeste et continue aux actes de violence, activité incoercible ou propension marquée à la mutilation volontaire et au suicide. Il importe que le médecin sache, en pareille occur-
rence, à quels moyens il doit avoir recours, et de quelle façon il doit les utiliser.
Le seul moyen de contention dont on doive faire usage chez les aliénés est la camisole de for ce ^ qu'on peut remplacer quelquefois même par un simple manchon.
La camisole de force est une camisole de forte toile, lacée par derrière et dont les manches, très longues, débordant de beaucoup les bras du malade qu'elle emprisonne, peuvent se replier ensuite et se fixer autour du corps, immobilisant ainsi les membres supérieurs d'une façon plus ou moins complète, suivant qu'elles sont plus ou moins serrées. Il est extrêmement important d'avoir une bonne camisole, solide et bien faite. Dans les hôpitaux ordinaires et mên\e dans certains asiles d'aliénés et maisons de santé, on fait usage de camisoles défectueuses qui sont insuffisantes ou nuisibles et ne remplissent qu'incomplètement leur but. Aussi, lorsqu'on prévoit qu'il pourra être nécessaire d'employer cet appareil dans le traitement des aliénés à domicile, vaut-il mieux se pourvoir à l'avance, soit en le faisant fabriquer sur un bon modèle, soit en se le procurant dans un établissement d'aliénés. On sera ainsi prêt à toute éventualité, et non pas exposé, comme on l'est quelquefois, à attacher subitement le malade avec des cordes qui le meurtrissent, l'irritent, le révoltent, et souvent même entraînent des accidents fâcheux. Jamais, en effet, et sous aucun prétexte, on ne doit garrotter Faliéné.
La façon de passer la camisole à l'aliéné et de la