MOYENS DE CONTENTION
fixer a aussi son importance, et c'est là encore une des raisons pour lesquelles il vaut toujours mieux confier le malade à des serviteurs expérimentés, sur lesquels on peut se reposer soit pour la surveillance à exercer, soit pour les mesures habituelles ou imprévues à prendre. On peut affirmer très catégoriquement quime camisole dé force bien mise et fixée d'une façon intelligente j n a jamais fait de mal à un aliéné.
En général^ il faut être au moins' deux 'pour appliquer la camisole. Plus le nombre d'aides est grand,' d'ailleurs, et plus la chose est préférable, car on évite ainsi les luttes pénibles et les résistances. Quoi qu'il en soit, le temps difficile de l'opération, pour éviter de faire le moindre mal au malade, consiste à faire pénétrer ses bras dans les manches de l'appareil. Le meilleur procédé consiste à passer soimême les deux bras au rebours dans les manches de la camisole, et d'aller ainsi, par l'ouverture des épaules, au devant des mains du malade, qu'on entraîne dans les siennes en sortant par la même voie, pendant qu'un aide, placé derrière le malade, tire à soi le corps de la camisole qu'il lui lace sur le dos, en ayant soin de ne pas serrer le cou ni de comprimer le thorax au point de gêner la respiration. On peut immobiliser plus ou moins complètement les bras, suivant les cas.
Valiéné ainsi camisole, doit être livré à lui-même et laissé libre de ses mouvements, sauf dans les cas exceptionnels de tendance incoercible à la violence ou au suicide, o\x on peut le faire surveiller de près ou le tenir renfermé. La nuit, lorsqu'il est néces-
saire de maintenir en place la camisole, il convient^ pour donner tout son jeu à la poitrine, de dérouler les manches, de les allonger le long du corps et d'en fixer les extrémités aux barreaux du lit, ordinairement disposé à cet effet.
Le médecin^ et le médecin seul, doit être juge de r oi[)j)ortunité de F emploi de la camisole de force et de la durée du temps pendant lequel il convient de remployer. Dans aucun cas, le libre usage ne doit en être laissé aux serviteurs, qui ont nécessairement une tendance marquée à en faire abus.
Lorsqu'il n'est pas utile d'immobiliser les bras de l'aliéné, mais ses mains seulement, comme par exemple dans les cas de tendance incoercible à l'onanisme ou à la destruction des vêtements, on peut remplacer la camisole de force par un de ces manchons en cuir ou en toile dont on se sert dans les asiles d'aliénés, et qui maintiennent les mains appliquées au niveau de la ceinture.
Ce n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels, et lorsque la nécessité absolue en est reconnue qu'on peut, d'une façon tout à fait temporaire, d'ailleurs, maintenir les jambes d'un aliéné fixées au lit, au moyen d'entraves spéciales, rembourrées et modérément serrées sur le cou de pied.
Tels sont les seuls moyens de contention à employer chez les aliénés. Tous les autres, quels qu'ils soient, doivent être proscrits d'une façon absolue. Encore la camisole de force elle-même ne doit-elle être appliquée qu'avec modération, et lorsque le médecin la juge réellement nécessaire.