MARIAGES DANS LES FAMILLES D'ALIENES
lorsque toutefois les individus atteints de folie n'offraient aucun fait de ce genre dans leur ascendance, et que leur maladie avait éclaté sous Finfluence d'une cause morale à eux personnelle.
On peut ajouter que le mariage ne peut guère être approuvé, dans ces cas, que lorsqu'il s'agit d'un accès aigu de lypémanie et surtout de manie, seules formes d'aliénation mentale dont la guérison peut être assez certaine pour ne pas compromettre l'avenir de l'ancien malade. Encore, pour si accidentel qu'ait été l'accès de folie, et pour si peu héréditaire qu'il paraisse, le médecin doit-il, en conscience, formuler quelques réserves, tout en émettant une opinion favorable.
Mais c'est surtout en ce qui concerne les parents d'aliénés que la question de mariage se pose, dans la pratique médico-mentale. Le plus souvent, il s'agit d'un descendant d'aliéné qui demande^ ou dont un parent demande s'il peut impunément contracter mariage et, plus fréquemment encore, d'une personne étrangère qui désire savoir si elle peut, pour l'un des siens, rechercher l'alliance d'un descendant d'aliéné. C'est encore là un point délicat à résoudre et dans lequel le médecin ne saurait apporter trop de circonspection et trop de réserve. Gomme dans la question précédente, il doit surtout baser sa réponse sur des considérations relatives à la personne qui Vinterroge^ à V individu intéressé et à la maladie qui est en cause.
Lorsque c'est l'intéressé lui-même qui intervient, le cas est souvent embarrassant, car le médecin ne
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saurait avoir, avec lui, sa liberté d'action. Aussi, doit- il chercher alors à entrer , sous un prétexte quelconque, en relation avec une autre personne de la famille, vis-à-vis de laquelle il se trouve dans une situation plus indépendante. Au cas, d'ailleurs, où la chose serait impossible, et où le médecin se trouverait dans l'obhgation de déconseiller un mariage à un descendant d'aliéné, il pourrait appuyer sa défense sur cet argument que, quoique complètement étranger à la maladie de son père ou de sa mère, l'individu s'expose à en transmettre la prédisposition à sa propre descendance par un fait d'atavisme, et que, par conséquent, il vaut mieux, pour lui, s'abstenir. Il peut aussi l'engager à différer son mariage, lorsque c'est possible, et à attendre le moment où l'âge mûr le mettra dans une certaine mesure à l'abri des accès aigus d'aliénation , bien plus fréquents dans la jeunesse. Enfin, lorsque le cas s'y prête, il peut mettre sa défense sur le compte d'une autre particularité morbide, par exemple sur une trop grande faiblesse de constitution physique, ou sur la nature d'un tempérament moral peu fait pour la vie de ménage.
Lorsque c'est un père, une mère, ou un parent plus éloigné qui consultent pour l'intéressé, on peut être plus franc,' quoique tenu encore à certaines réserves. Il sera permis, toutefois, d'exprimer alors plus franchement son opinion.
Enfin, il peut arriver que ce sont des étrangers qui viennent demander au médecin s'ils peuvent sans danger accepter pour l'un des leurs l'alliance d'un