EXPERTISE (VOIES ET MOYENS
nisme; non seulement sur l'état actuel et sur les phénomènes présents, mais aussi sur la conduite passée du sujet, sur ses antécédents, sur ses actes antérieurs.
Voies et moyens de l'expertise. — L'expertise médico-légale, pour être bien conduite, doit être basée sur les trois moyens de diagnostic suivants : V enquête, V interrogatoire^ Vobservation directe et suivie.
Enquête. — L'enquête consiste à prendre tous les renseignements susceptibles d'éclairer l'expert sur l'état de l'aliéné et sur la nature de son délire; à s'enquérir de ses prédispositions héréditaires et de ses antécédents morbides/ de ses goûts, de ses penchants, de ses habitudes, de son genre de vie, avant et après l'explosion de la folie; des causes certaines ou présumées de celle-ci, de la date de son début, de son mode d'invasion et de développement, de ses phénomènes les plus saillants et de ses symptômes les plus caractéristiques, enfin, des circonstances et des détails particuliers de l'acte imputé.
Ces renseignements peuvent être puisés à des sources diverses : auprès des parents, des amis et des voisins de l'aliéné; dans la visite des lieux qu'il a habités et dans l'examen de ses écrits ; dans les dires, les attestations et les certificats des médecins; dans le dossier judiciaire.
Les pièces judiciaires et les témoignages médicaux présentent un caractère spécial d'authenticité qui leur donne, auxlyeuxdel'expert, une valeur exceptionnelle.
Il n'en est pas toujours ainsi, en revanche, des renseignements fournis parles proches ou par les amis, et l'expert ne saurait trop se mettre en garde contre les récits hyperboliques et les interprétations erronées des uns, ou les réticences calculées et les assertions systématiques des autres.
Nous ne reviendrons pas sur l'inspection du domicile du sujet et sur l'analyse de ses écrits, dont nous avons déjà parlé plus haut au chapitre du diagnostic praticjue de l'aliénation mentale.
Interrogatoire. — De même, en ce qui concerne l'interrogatoire de l'individu, ne pouvons-nous que renvoyer au même chapitre du diagnostic pratique, où cette question a été traitée avec les plus grands détails. Nous nous bornerons à mentionner ici les quelques particularités relatives à l'interrogatoire médico-légal.
Il y a presque toujours avantage réel à ne recourir à rinterrogatoire qu'après l'enquête, c'est-à-dire lorsque déjà des renseignements nombreux et précis ont fait connaître les idées habituelles et dominantes de l'aliéné, permis de soupçonner son genre de maladie et montré la meilleure voie à suivre pour le questionner. On évite ainsi bien des tâtonnements; on s'épargne d'inutiles longueurs, et on possède les données nécessaires pour imprimer à l'interrogatoire une direction plus méthodique et plus efficace.
Il faut, en présence de l'aliéné, bannir tout appareil, toute solennité et toute apparence de rigueur. L'attitude de l'expert doit être celle d'un médecin et non