‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 19 sur 179 · QUATRIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME ÉPOQUE

{Époque moderne)

Ph. Pinel, né en 1755 à Saint-Paul près Lavaur

(Tarn), et reçu docteur à Toulouse, devint médecin du service des aliénés-, à Bicètre, en 179^.

On a vu dans quel état il trouva les aliénés. Grâce aux éloquentes protestations qu'il fît entendre, il parvint à faire tomber leurs chaînes, et provoqua ainsi un mouvement général en faveur de ces malheureux. Aux mauvais traitements, aux violences brutales, aux coups et aux chaînes, il substitua les moyens de répression sagement combinés, vantâtes effets de la fermeté unie à la douceur et à la patience, enfin, posâtes premières bases du traitement moral. Il démontra la nécessité de créer pour les aliénés des établissements spéciaux, indiqua les principes qui devaient présider à leur construction, à leur organisation, à leur aménagement, à la séparation des malades en quartiers distincts d'après la nature même de leur affection mentale ; en un mot, il traça les premières règles de l'hospitalisation des aliénés et fit comprendre le rôle du médecin dans l'observation et la direction médicale et matérielle de ces malades. Il fut aidé dans les détails pratiques de sa réforme par le surveillant de la Salpêtrière, Pussin, collaborateur modeste, mais dont le rôle n'en fut pas moins actif, et que Pinel lui-même a associé, dans une certaine mesure, à l'honneur de sa glorieuse innovation.

Ce fut Pinel qui le premier eut l'idée, mise depuis en usage par Esquirol, de se servir de la sonde œsophagienne pour l'alimentation artificielle des aliénés sitiophobes, qu'on laissait auparavant mourir de faim, aprè^ avoir employé inutilement les prières et les violences pour les forcer à manger.

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